‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 76 sur 401 · INDIENS DE L'AMAZONIE, TABATINGA, TEFFÉ · texte numérisé non relu

INDIENS DE L'AMAZONIE, TABATINGA, TEFFÉ

ruche, s'apprivoisent facilement, et peut-être ne trouverait-on pas dans toutes les régions amazoniennes une seule maison qui n'ait une ou plusieurs bètes de la forêt : singes, pécaris, agoutis, toucans, perroquets, oiseaux de toute espèce. En maints endroits, l'once est un animal familier: on va même jusqu'à garder des giboias ou serpents gigantesques : ce sont les génies de la cabane, qu'ils débarrassent des rats, des souris et des insectes malfaisants. Les tribus des Yuruna seraient des plus heureuses si elles n'avaient à craindre les incursions des Caraya, guerriers cruels qui errent près de la rive droite du Xingü et qui se rattachent à d'autres indigènes de même race, vivant à l’est sur les bords de l'Araguaya et du Tocantins.

L'impression qu'un voyage sur l’Amazone laisse sur le spectateur qui passe en bateau à vapeur est celle d’uñe solitude immense'. Rares sont les villes proprement dites dans l'immense bassin de l'Amazonie et maint village dont le nom est souvent répété parce que les voyageurs doivent s'y arrêter forcément, n’est qu'une pauvre agglomération de cabanes. Tel le poste de la frontière, Tabatinga, ainsi nommé de l'argile de ses berges : il groupe deux ou trois maisonnettes autour d'un fortin à demi ruiné situé sur la rive gauche du fleuve, large en cet endroit de 1500 mètres. Malgré le transit des passagers et des marchandises entre le Brésil et le Pérou, Tabatinga, fondée pourtant dès 1766, n’a pu s'élever au rang de ville : la population manque aux alentours pour venir lhabiter, et les laperas ou emplacements de villages ruinés se succèdent en aval sur les bords, Plus grand que Tabatinga, Säo Paulo de Olivença se montre sur la rive méridionale, au sommet d’une colline de 65 mètres en contre-haut des maigres : des terrains vaseux et l'épaisse forêt entourent le morne. Säo Paulo fait quelque commerce de gomme élastique et autres produits de l'industrie forestière. Un village de la rive gauche, Tunantins, l'ancienne mission de Tunati, situé entre les bouches des deux grands affluents l'Iça et le Jutahy, est une agglomération plus modeste encore. Facilement navigable jusqu'au pied des Andes pour un bateau calant deux mètres, l'a traverse une région qu'exploitent les chercheurs de caoutchouc et de salsepareille. Les Macaguajès fréquentent sa région supérieure, les Ticunas l'inférieure et les Oréjones la médiane. Ces Oréjones se fendent les lèvres, les oreilles, les ailes du nez; ils ont un ruban d'osier pour vêtement,

! Marcel Monnier, Des Andes à Pard.

manient encore la hache de pierre et façonnent de la belle poterie, Mais l'indigène délaisse de plus en plus la grande rivière et se réfugie vers le haut cours et vers les affluents, où la chasse et la pêche restent plus faciles, et où il est mieux protégé contre les tracasseries et les empièlements des blanes'. De Tunantins à l'escale de Fonte Bôa ou « Font-Bonne », se succèdent des îles dont les « plages royales

visitées jadis par des millions de tortues, fournissaient des milliers de

dr 2...

Page 1