‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 78 sur 401 · LEE · texte numérisé non relu

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lit son & choix réseau de voies navigables, l'ampleur du port formé par le lac profond dans azonie. lequel se déverse la rivière Teffé avant de s'unir à l'Amazone. En outre, la

ville est un charmant lieu de séjour : chaque maison à son orangerie et sa à banancraie, son réservoir à tortues. En face, sur la rive occidentale du lac,

se montre le village de Nogueira, fameux dans toute l'Amazonie par ses poteries décorées de dessins géométriques. Sauf aux grands jours de fôte, Teffé n'a jamais toute sa population complète : au moins le ‘quart des habitants vivent dans les sitios des alentours, où ils s'oceupent de l'élève du bétail, de la récolte des œufs de tortue, de la fabrication des conserves de lamentin ou peire boy, de la recherche des plantes industrielles et médicinales, Les villages situés en aval, Coary ou Alvellos, sur la rive droite, à la bouche de la rivière Coary, et Codajaz, sur l'une des coulées qui font communiquer le bas Japurä avec le Solimôes, pratiquent les mêmes industries, mais en moindres proportions.

Naguère, la grande rivière Purûs, plus longue que le Danube, n'avait pas une seule cabane de blane sur ses bords, et les changements incessants qui se produisent dans le régime du fleuve, l'insalubrité de la plupart des campagnes riveraines et le fléau des moustiques avaient même fait prédire par l'explorateur William Chandless que des siècles se passeraient avant le peuplement des rives du Purüs par des habitants civilisés'. Cependant les recherches mêmes de ce voyageur, révélant l'extrème richesse des forèts en caoutchouc et autres essences précieuses, ont singulièrement excité les ambitions, et le commerce a fait dans la contrée une invasion presque soudaine. En 1862, le premier bateau à vapeur se hasarda sur le Purüs: en 1869, une flottille de quinze navires commençait un service régulier de l’Amazone jusqu'aux premiers campements des seringueiros. Deux années plus tard, ceux-ci n'étaient encore qu'au nombre de deux mille, et en 1890 l'on comptait au moins cinquante mille individus, presque tous nomades, dans la vallée du Purüs, en dehors des Indiens. Les émigrants de Cearä, chassés de leur pays par des sécheresses prolongées, sont venus en foule, les uns pour exploiter les richesses de la contrée pendant la saison favorable, les autres pour sy installer à demeure. Le traitant Labre, qui est en même temps le plus actif explorateur du haut bassin, a fondé en 1871 un poste qui a pris son nom, Labrea. Devenue capitale de district, la ville nouvelle s'élève en « terre ferme » sur la rive du Purüs, vers le point de convergence des routes suivies par les chercheurs de caoutchouc, non seulement dans la haute région fluviale du Purüs et de l'Aquiry, mais aussi dans les contrées lointaines que parcourent le Beni et le Madeira : en dépit des

frontières idéales tracées en ligne droite à travers les forêts, les marchands

* Journal of the R. Geographical Society, 1866. # Exportation annuelle du caoutchouc dans le bassin du Purûs :

2 950 tonnes. Valeur : 22 500 000 francs.

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