CATARACTES DU MADEIRA
brésiliens exploitent à leur gré les richesses de la Bolivie, De même que dans tous les pays envahis par les spéculateurs, Labrea et les campements de la contrée environnante doivent acheter à des prix exorbitants les sivres et les objets manufacturés : les habitants n'ont d'autres professions industrielles que les plus indispensables, et quelques défrichements à peine indiquent les commencemients de l'agriculture, dont les produits ne servent guère qu'à la préparation de boissons fermentées. Avec l'ouverture de chemins faciles vers les savanes du Piémont bholivien, l'extension des bananeraies et des champs constituerait la véritable richesse de Labrea. Le port du Purüs où s'arrête actuellement la navigation à vapeur se trouve situé à plusieurs centaines de kilomètres en amont de Labrea : ce n'est qu'un groupe de maisonnettes, Hyutanaham
Au point de vue économique, le rio Madeira peut ètre considéré comme faisant partie du mème domaine que le Purüs, mais seulement en aval des calaractes, car plus haut les régions du Guaporé, qui jadis forinaient un bassin lacustre indépendant, appartiennent à un autre État, le Matto Grosso, ayant une nature différente et d'autres centres d'attraction, Le bas Madeira parcourt des terrains analogues à ceux du Purüs, il modifie ses rives de la même manière et fournit aux traitants des productions semblables. On a d'ailleurs projeté d'unir les deux bassins du Madeira et du Purüs par une route ou même une voie ferrée, qui, se détachant du premier fleuve en amont des cataractes, traverserait le Beni, puis irait rejoindre l'Aquiry à la tête de navigation par barques. Mais les travaux de viabiité déjà commencés comportaient une autre solution. Il s'agissait de suppléer au lit du Madeira, dans la région des cataractes, par un chemin de fer latéral contournant tous les obstacles en passant sur le territoire brésilien, le long de la rive droite. Depuis 1867, des spéculateurs s’occupaient de cette entreprise et, d’après le projet des ingénieurs Keller, il eût été possible de construire cette ligne, d'environ 290 kilomètres, moyennant une dépense de 15 millions. Des conflits diplomatiques, des procès, l'incohérence des travaux, abandonnés, puis repris, l’insalubrité des fonds marécageux et des eaux qui tournoient autour des cataractes', mais surtout les énormes dépenses occasionnées par une gérance très éloignée des
| chantiers, ont ruiné la compagnie concessionnaire, et les ‘rails de la voie L partiellement construite ont disparu sous une forêt nouvelle, au grand
regret des commerçants boliviens. Cependant un certain trafic se fait
E toujours entre les deux biefs de navigation du Madeira, malgré les fatigues
1 C. B. Brown and W. Lidstone, Fifteen thousand miles on the Amazon and ils tributaries.
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Ë s rechargements, les et les dépenses causées par les déchargements et les recharge À
alages et les portages. REINE ee pes sur la rive droite du fleuve à 62 mètres d'altitude, garde an ;