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VUE PRISE DANS LES FAUBOUTRGS

MANXAOS.

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velle province d'Amazonie depuis 1850, elle centralise tous les échanges du haut Amazone et de ses affluents, dans l'immense demi-cercle formé par leur ramure, des montagnes de Parima aux Andes boliviennes. La position privilégiée de Manaos, à la croisée des grandes voies navigables, Solimôes et Amazone, rio Negro et rio Madeira, lui assure le rôle d'entrepôt pour les produits d'une moitié du Brésil', En outre, port accessible aux grands navires, elle commerce directement, depuis 1876, avec les nations étrangères. Aussi sa population est-elle fort considérable pour: une contrée dont les habitants sont clairsemés sur de si vastes étendues; de nombreuses familles y vivent dans une cité flottante de bateaux.

Un mouvement incessant d’émigration amenait jadis à Manaos des bateliers mojos et même des Indiens des hautes terres de la Bolivie, des Mamoré et des Itonama, qui fuyaient le péonage ou le service militaire et se con-

fondaient peu à peu avec la masse des Tapuyos. Depuis la substitution de la navigalion à vapeur au batelage ces indigènes ne dépassent CArUA.

plus Santo Antonio sur le Dessin de J. Lavée, d'après une photographie.

Madeira : à peine voit-on

encore à Manaos quelques-uns de leurs vieillards. Mais cette première immigration a été remplacée par une autre, bien autrement importante, celle des Cearenses, dont Manaos est le grand entrepôt et le point de ravitaillement pour leurs voyages dans l’Amazonie. Des nègres, des mulâtres, divers métis, entrent pour leur bonne part dans cette population que la présence de quelques cafouzes rend plus bigarrée encore. Manaos est la résidence de la plupart des traitants étrangers, notamment des Anglais, qui ont presque monopolisé le commerce du Purüs, et des Français, juifs et chrétiens, qui exploitent surtout les seringales du Juruä*. Aux

! Valeur moyenne des échanges à Manaos : 50 000 000 francs. * Henri A, Coudreau, la France Équinoxiale.

progrès énormes de Manaos en population répondent ceux de l'agriculture dans les campagnes de la banlieue, où l'on récolte surtout le café, le cacao, le maïs. D'après Barbosa Rodrigues, Manaos aurait maintenant plus de la moitié des habitants que renferme son immense provigce. L'industrie de la borracha ou caoutchouc a eu pour conséquence économique de mobiliser, pour ainsi dire, toute la population et de dépeupler tous les villages

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