OBIDOS
qu'on ait aussi signalé des roches sculptées dans les environs. — Grâce à sa position en aval des bouches du Madeira, Iacoatiära était jadis un petit Manaos comme entrepôt des caoutchoues et diverses denrées qu'apportaient les bateliers mojos et autres : là s'opérait le transbordement des marchandises entre les barques et les bateaux à vapeur; des « chemins de pirogues » ouverts à travers la forêt font communiquer la ville avec le rio Negro. Plus bas, sur une colline de la rive droite, ou du sud, se montre Parintins, l’ancienne Villa Bella ou Villa Nova da Rainha ou da Imperatriz, suivant le régime politique du Brésil. Là commencent les cacaoyères qui font la richesse de la contrée : elles se suivent, le long des rives, jusqu'à Monte Alegre, et s’entremélent d'autres cultures, tabac, roucou, guarana, bananiers, maïs. Les coulées navigables du Paranä de Ramos ou Paranä Mirim, qui longent au sud le lit de l'Amazone à travers les forêts, font de Parintins une autre porte commerciale du Madeira. En temps de crue et lorsque les tempêtes bouleversent les eaux du chenal majeur, nombre de bateliers préfèrent s'engager dans le labyrinthe de ces rivières latérales que d'exposer leur embarcation au courant redouté de l'Amazone. Au nord du fleuve, dans un autre dédale de canaux, se cache la ville de Faro, près de la pointe où Orellana rencontra les prétendues guerrières. Obidos, l’ancienne Pauxis, s'élève, comme toutes les autres villes de la région, sur un terrain en pente dominant de plusieurs mètres les eaux de crue : les canons d'un fortin, planté sur la plus haute plate-forme, commandent le courant fluvial, resserré dans son lit le plus étroit au pied méridional de la berge. Mais l'importance militaire de la ville n’est qu'apparente. Les déserteurs ou mocambistas qui se sont réfugiés au nord-ouest dans la vallée du Trombetas, où ils défrichent le sol, récoltent le café, le cacao, le maïs, élèvent du bétail, ont plus fait que sa garnison pour la prospérité d'Obidos; mariés à des femmes de la tribu des Pianogolo, ils sont devenus presque Indiens, et par leurs alliés d'outre-monts sont en relations de trafie avec les Hollandais de Suriname‘: quant à la colonie militaire fondée en amont de la ville, près d’une des bouches du Trombetas, ce n’est plus qu'une ruine : les 569 Portugais qu'on y avait rassemblés moururent ou se dispersèrent. Alemquer, située plus à l'est, sur un furo latéral de l'Amazone, grandit en population et en richesse; elle défriche ses forêts et commence à utiliser pour la culture et les pâturages les vastes savanes du Campo Grande qui s'étendent au nord jusqu'aux frontières de la Guyane : le gros bétail, les pores ÿ multiplient
! Barbosa Rodrigues, Relatorio sobre o rio Trombetas.
rapidement, mais les chèvres et les moutons n'ont pu s'acelimater. Nulle partie des régions amazoniennes n'est plus salubre et ne promet de contribuer plus activement au travail de la nation brésilienne. Les villages naissent sur les bords du fleuve, et des maisonnettes ou maromas, dressées sur pilotis, élargies de varandes, plongent dans l’eau les piles de leurs débarcadères, où s'amarrent des batelets à l'ombre des cacaoyers.
Entre Manaos, la ville centrale de l’Amazonie, et Par, la gardienne de