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l'estuaire, le premier rang appartient à Santarem, située à l'embouchure du Tapajoz, sur la déclivité mourante d'une longue colline, couverte d’orangers; en amont s'étend le vaste lac aux eaux presque sans mouvement dans lequel se déverse le Tapajoz avant de rejoindre l’Amazone par la passe de Santarem. Fondée en 1758, la ville ne grandit que lentement, malgré les avantages que lui donnent ses voies de navigation : les bâtiments du plus fort tirant d’eau peuvent mouiller dans son port après s’être fait porter par la marée et pousser par le vent alizé, qui souffle pendant là moitié de l'année presque sans interruption; du golfe amazonien à San-
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Santarem, barrent toujours le passage aux bateaux : le copahu, la vanille, le caoutchouc, les châtaignes du bertholletia ne sont apportés des hauts de ka vallée que par des barques traînées péniblement de bief en bief; le tonka ou tonga, arbre superbe, identique au sarrapia des bords de l’Orénoque (dipteryz odorata), croît en abondance autour de Santarem et fournit un précieux aromate. En face, sur la rive occidentale du lac formé
par le Tapajoz, se montre la villette de Villafranca, près de laquelle l'État brésilien possède une vaste cacaoyère, léguée par les Jésuites. En amont, sur la même rive du fleuve, des Américains venus des bords du Mississippi ont fondé après la guerre de Sécession une colonie agricole, peuplée maintenant en grande partie de Brésiliens.
La côte méridionale du fleuve qui se prolonge à l’est en aval de Santarem, est la plus populeuse des bords amazoniens, en dehors des agglomérations urbaines; les maisonnettes entourées de cultures se suceèdent en un long village de 50 kilomètres, au pied et sur les berges d’un plateau de grès qui accompagne le fleuve à une dizaine de kilomètres dans l'intérieur : c’est ce qu'on appelle la montanha, quoiqu’elle s'élève seulement de 150 à 150 mètres. De nombreuses ruines et « ruinettes », (aperas et taperinhas, de mème que des restes de routes, se voient dans cette région jadis très peuplée d'Indiens'. Plus loin, apparaît au-dessus de la rive gauche la ville de Monte Alegre, qui mérite bien son nom, « Mont Joyeux ». Unique parmi les colonies amazoniennes, elle s'élève, non sur une berge, mais sur une véritable colline revètue de cactus, et de ses terrasses on aperçoit les longs méandres du fleuve, les lacs riverains et leur réseau de bayous, tous séparés par la zone serpentine des forêts et des prairies. Une rivière abondante longe le coteau, et plus loin, au bord du fleuve, se groupent les maisons et les entrepôts du village d'escale avec sa flottille de barques et de navires.
Au delà, quelques moindres agglomérations urbaines se succèdent sur le grand bras de l’Amazone : Almeirim, peuplée d’Indiens Aracajü, groupe ses demeures à l'embouchure du Parü, à l’ouest duquel s'élevait jadis un fort hollandais; Porto de Moz commande, au milieu d’un archipel, le labyrinthe des eaux qui unit le Xingü au fleuve principal, et réunit les bateaux à vapeur qui remontent au sud jusqu’à Souzel, en aval de la dernière cataracte du Xingü ; Gurupä, située au nord-est, sur un autre carrefour de voies fluviales, domine le chenal le plus fréquenté : les Hollandais s'y étaient installés, et après eux on y plaça la douane d'entrée pour tout le bassin de l'Amazone. La ville à pris son nom d'une tribu tupi qui n'existe plus. Les diverses îles qui s'alignent au nord dans l'estuaire et le divisent en plusieurs voies parallèles sont aussi connues par l’appellation d’archipel des Gurupäs.
Macapä, que les Portugais élevèrent en 1744 sur la rive septentrionale de l'estuaire, à 2 minutes seulement, soit 5 à # kilomètres, au nord de l'équateur, devait être le boulevard de l’Amazonie; une puissante forte-
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