‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 85 sur 401 · SANTAREM, MONTE ALEGRE, MACAPA, BREVES · texte numérisé non relu

SANTAREM, MONTE ALEGRE, MACAPA, BREVES

resse, d'ailleurs inutile à la défense d’un trop large estuaire et sous-minée sur l'une de ses faces par les érosions du courant, commande encore le passage, Mais la ville de guerre n'est pas devenue ville de commerce : au sud de Macapä la mer d’eau douce est dangereuse par ses tempêtes et ses mascarets. Les régions environnantes, presque entièrement dépourvues de population, n’alimentent qu'un faible trafic. Même la petite cité paraît souvent déserte : une moitié des habitants recueille aux alentours le caoutchouc et les fèves de cacao. Pourtant cette pauvre ville, choisie par le gouvernement comme un de ses presidios, lieu d'exil et de mort pour les condamnés politiques, a des ambitions de capitale : elle aspire à devenir le chef-lieu d'un État nouveau, l'Oyapokia ou Pinzonia, qui rivaliserait d'importance avec Parä et Amazonas. Un des bourgs du district, situé à une soixantaine de kilomètres à l'ouest, dans l'intérieur des terres, Mazagäo, rappelle la cité marocaine de Mazagan, — actuellement el-Bridja, — que les Portugais possédèrent pendant deux sièeles et demi et qu'ils durent évacuer en 1770. Les familles portugaises de cette ville africaine, au nombre de 114, furent transférées près de l'estuaire amazonien, où elles fondèrent leur nouvelle cité. Les Mazaganistas, se comparant aux ces si diversement mélangées de l'Amazonie, vantaient la pureté de leur vieux sang lusitanien, pourtant mêlé à ceux de Berbères et de Sémites.

En dehors du bassin de l’Amazone proprement dit, dans le dédale des chenaux qui font communiquer le grand fleuve avec l'estuaire du Tocantins, quelques bourgs et villages se montrent aux carrefours des rivières, dont le courant se renverse avec le montant et le perdant. Breves, l’escale la plus fréquentée des barques et des bateaux à vapeur, occupe l'issue d'une rue fluviale très profonde, au bord même de la rive, et noire du reflet des arbres se dressant en sombres murailles. Habitée surtout par des lraitants portugais et métis, Breves vend aux voyageurs des poteries indiennes et des cuyas ou calebasses peintes avec de l'argile, du roucou, de l'indigo et autres produits de la forêt. Les autres villes de Marajé ont moins d'importance encore. Chaves et Soure, située près de l’ancien village de Johannes, d’après lequel on dénommait l’île entière, s'occupent de l'exportation du bétail. Mexiana, Caviana ont aussi pour industrie l'élève des bestiaux; les caïmans abondent dans le lac de Mexiana et on les lue pour en recueillir et en fondre la graisse. Les riches fazendas qui entourent le lac d’Arary appartenaient jadis aux jésuites.

Pari, dont le nom officiel est Santa Maria de Nazareth de Belem do Grûo Parä, d’après un lieu de pèlerinage très fréquenté, occupe une plage peu élevée à l’est du grand estuaire ou golfe de Parâ ou du Tocantins :

cette partie de la vaste nappe d'eau, dite le Guajaru, se ramifie dans l'intérieur de la ville, où elle reçoit la rivière Capim; d'autres canaux naturels rayonnent dans toutes les directions. Dépourvue de collines, de

Page 1