‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 123 sur 186 · IX. 8b · texte numérisé non relu

IX. 8b

chèvres et finit par la changer en masse solide : les anciens appréciaient fort cette résine, le baume ladanum, que Ton recueille encore pour les pharmacies ^

Les animaux sauvages ont presque entièrement disparu. I^e mouflon de CyprCy ovis cyprins^ se rencontre encore dans les cirques rocailleux des montagnes ; les chats sont fort nombreux dans les forêts, et les sangliers ravagent les champs ; des serpents venimeux, très redoutés par les moissonneurs, s*enrouIent dans les fissures du sol. On dit que, vers l'extrémité occidentale de Tile, la région du cap Ëpiphani est parcourue par des chevaux, des ânes et des bœufs redevenus sauvages, à la suite de guerres et d'épidémies. Un des premiers soins des Anglais, en s'emparant du gouvernement de Cypre, a été de se résen^er le gibier en imposant une taxe élevée sur la chasse. Le long des côtes, on pèche des éponges communes.

Comme les plantes dans Tensemble de la flore, de même dans la popula* tion cypriote les divers éléments ethniques proviennent de toutes les terres riveraines de la Méditerranée orientale : Grecs et Turcs, Syriens, Égyptiens et Arabes se rencontrent, sans qu'il soit possible de discerner leur origine première. Les insulaires se groupent, non d'après la race, mais d'après la langue et bien plus encore d'après la religion. Les Grecs, qui forment les quatre cinquièmes de la population, sont tous les Cypriotes qui parlent le dialecte hellénique de l'ile, assez différent de la langue romaîque moderne, et qui observent les fêtes et les jeûnes commandés par le rite orthodoxe. Tous les mahométans sont classés comme Turcs, même ceux qui n'ont d'autre langage que le grec cypriote. Enfin, il est une classe intermédiaire que l'on ne sait où ranger, bien qu'elle ne diffère nullement par la race, l'aspect ou la langue des autres « Grecs » de l'île : ce sont les Linobambaki ou les c< Fil et Coton », qui se conforment extérieurement aux rites de l'Islam, mais qui font baptiser leurs enfants et se disent chrétiens dans leurs familles. A Cypre comme dans les autres îles et en Asie Mineure, l'initiative appartient aux Grecs; cependant ils sont considérés comme beaucoup plus routiniers que leurs frères de l'Archipel et l'on se complaît à leur appliquer l'épithètc de « bœufs», que leur avaient donnée les anciens Hellènes. Jamais les Cypriotes n'ont été entraînés dans le mouvement patriotique des autres insulaires, des Cretois par exemple; jamais ils n'ont fait de sacrifices pour

* Sluriti, Voyage dans nie de Chypre, la Syrie et la Palestine.

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