‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 122 sur 186 · CLIMAT ET FLORE DE GYPRE · texte numérisé non relu

CLIMAT ET FLORE DE GYPRE

les'hautes vallées de TOlympe, dont le sol conserve toujours un fond d'humidité : là s'élèvent tes monastères dressant leurs tourelles entre les bouquets de pins. Dans la plaine, les végétaux, privés d'humidité, deviennent si durs et si coriaces qu'ils rendent la marche très pénible ; les animaux s'habituent à sauter pour éviter la piqûre des herbes, des chardons, des plantes épineuses ; aussi les chiens à hautes pattes, comme les lévriers, se font-ils plus facilement au milieu que les autres races ^ Parfois les vents transportent des côtes d'Asie, par-dessus le bras de mer, des nuages de sauterelles ($tauronatm cmdatm) qui s'abattent sur les rives septentrionales et dévorent toutes les cultures. Vers le milieu du siècle, les Cypriotes avaient à souffrir de ce fléau une fois en moyenne tous les deux ans ; ils ont appris à défendre leurs champs au moyen de fossés qu'ils bordent de planches glissantes sur lesquelles les insectes n'ont pas de prise'. La sauterelle de Cypre et de la Cilicie difTère de Yacridium qui ravage la Syrie et la Palestine'.

La flore insulaire, fort riche, comprend plus de mille espèces phanérogames : on y retrouve presque toutes les plantes de la Crète et de l'Archipel, ainsi que beaucoup d'autres appartenant au continent voisin ; quatre espèces seulement, parmi lesquelles le chjne « à feuilles d'aune », constituent la flore spéciale. Les forêts manquent presque complètement d'arbres feuillus; l'essence la plus commune est le pin de Caramanie, laricio dont la ramure dépasse en hauteur celle de tous les autres conifères. Le cyprès, qui doit son nom à l'île, — de même que le cuivre ou « métal de Cypre wet le cyprin ou « poisson de Cypre », — est encore à l'état sauvage dans la région orientale, où il forme quelques bosquets, mais il est menacé de disparaître, les constructeurs le préférant à tous autres bois à cause de sa dureté et de son excellente odeur : ce sont les cyprès de Crète qui fournirent le bois pour les flottes d'Alexandre sur l'Euphrate et le Tigre. D'après la plupart des étymologistcs, le nom de l'île serait celui d'une plante, le kopher^ dont les produits étaient autrefois l'objet d'un grand commerce. Mais quelle est cette plante? Une description de Pline a fait admettre généralement que c'est le lawsonia ou troène, dont les feuilles macérées fournissent le henné; mais ce végétal n'est pas originaire de l'Europe et n'a jamais été cultivé que dans les jardins. Kotschy pense que le kopher était le cistus crelicuSy qui croît dans les montagnes, entre 600 et 1500 mètres; les poils de la plante exsudent une résine odoriférante qui s'attache à la barbe des

* Albert Gaudry. Revue de» Deux Mondes, sept. 1877.

* Journal officiel de la République française^ iO sept 1875. ' Kotschy, Die Intel Cypem,

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