DISTRICTS
PROTIKCES.
BBTRICTS.
Leykosia.
Levkosia.
Orini et Tyliria.
Papho (Bafa).
. Âvdimoa
.' Kythrxa.
Larnaka. | Larnaka.
Papho.
1 Kilani.
i Kouklia.
... ( Limisso. Limisso. \ r< •
1 Episcopi.
[ Famagosta.
Fainagosta. < Mesorea.
r Karpaso.
Kerynia.
Khrysoko. Kerynia.
Blorfou.
Levka.
Yilles principales de Cyprea?ec leur population en 1881 :
Levkosia ou ?ticosic. . . .
11 555 hab.
Larnaka
Limassol
Morfou, d'après Thomson. .
STRIE, PALESTINE, SINAl
L'étroite zone de pays habités qui longe la rive orientale de la Méditerranée, entre le golfe d'Alexandrette et les plages égyptiennes, est une région naturelle bien délimitée. Le cours de l'Euphratc, dans son grand méandre occidental, forme, à l'est du petit bassin d'Alep, une frontière précise, que prolongent au sud les pierres, les laves, les argiles et les sables du désert. A l'orient de la mer Morte, des montagnes arides s'élèvent en rempart, et la contrée presque entièrement déserte du midi se termine en un triangle régulier entre les deux golfes allongés de la mer Rouge. Mais toute cette région, qui, de l'Amanus au Sinaî, s'étend du nord au sud sur un espace d'environ 1000 kilomètres, avec une largeur moyenne de 150, se divise elle-même en contrées distinctes par le relief, le climat et l'évolution historique : au nord le bassin de l'Oronte; au milieu la vallée du Jourdain et les terres limitrophes; au sud, la péninsule sinaïque. Ainsi qu'on en voit beaucoup d'autres exemples, l'extrême longueur du territoire, comparativement à sa faible largeur, a diminué sa force de cohésion ; les populations, dépourvues d'un centre commun, vivant en des bassins que
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séparent de hautes montagnes, se sont divisées en groupes dtstinct^^; les périodes d'indépendance ont toujours coïncidé avec le fractionnement en petits États monarchiques ou en confédérations de tribus. Mais les habitants de Tétroite zone du littoral étaient trop peu nombreux et surtout trop peu unis pour qu*il leur fût possible de résister à Tattaque des grands empires qui se formèrent successivement dans le bassin de TEuphrate cl du Tigre, sur les plateaux de la Perse, dans le delta du Nil, dans le monde grec et romain. La conquête étrangère fit une seule province de la Syrie et de la Palestine; elles ne connurent l'unité que dans une commune servitude. Seule la péninsule du Sinaï, défendue par le manque d'eau et par Taridité de ses roches, n'a point eu de maîtres, quoiqu'elle ait eu aussi sa petite part d'influence dans l'histoire, grâce aux deux golfes qui la baignent à l'ouest et à l'est et qui, à diverses époques, furent* visités par les flottes ; mais elle se trouve en dehors de la voie des nations, et les conquérants n'ont jamais eu aucun intérêt à se détourner de leur route pour s'enfoncer dans le périlleux désert, à la poursuite d'insaisissables pillards. La zone du littoral syrien, avec les terres limitrophes qui s'étendent à l'orient jusqu'au désert, a pour une grande part influé sur l'histoire de l'humanité. La Syrie, la Palestine, sont traversées par le chemin naturel qui relie le Nil égyptien aux Deux-Fleuves de la Chaldée. Il se peut qu'à une époque antérieure à celle que racontent nos annales, alors que le ciel était moins avare de pluies, le sol moins desséché, des communications faciles aient existé directement entre le littoral du golfe Persique et le delta du Nil; mais, depuis les origines connues, l'espace compris entre le cours du bas Euphrate et les montagnes transjordanes est un désert qui s'arrondit vers le nord en un iraste demi-cercle; il n'est traversé que par des eaux temporaires, telles que le Haouran, qui descend des montagnes de même nom : nulle part il n'est habité par des cultivateurs ; les nomades le parcourent dans tous les sens, surveillant les rares chemins des caravanes. L'hémicycle des villes et des régions cultivées se développe autour des steppes et des sables, de Bagdad à Damas, et c'est en suivant la même courbe que se sont propagés les grands mouvements des peuples. Les chemins qui traversent l'Asie Mineure viennent aussi rejoindre en Syrie la route de l'Egypte : des monuments de tous les styles et de tous les âges y indiquent un carrefour des nations. Sur telle paroi de rochers, près de Beïrout, on lit des inscriptions gravées par les conquérants qui se sont succédé dans la contrée depuis Ramsès; où tant d'hommes ont laissé la trace de leur passage, il semble que la terre ait gardé quelque chosiï de leur vie.