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ilicrc bourgade de la Palestine sur la limite du désert, puis va se perdre dans un ouadi tributaire de la Méditerranée. Immédiatement à l'est d'Hébron, située près du faîte de partage, plus haut que Jérusalem, d'autres ravins s'ouvrent dans la direction de la mer Morte. De ce coté, les Irontières de la Palestine étaient gardées jadis contre les pillards par la forteresse de Masada, dont Hérode avait fait un réduit imprenable en apparence, afin de s'y réfugier en cas de danger. Ce rocher, connu aujourd'hui sous le nom de Sebbeh, est une table calcaire, de forme ovalo, presque
inaccessible sur tout sou pourtour, si ce n'est à l'ouest, où un istlimr l'iroit la rattache au plateau de l'intérieur. Après la chute de Jérusalem, pi'ès d'un millier de Juifs, sous la conduite d'Éléazjir, s'étaient jetés dans cette enceinte, d'où ils bravaient les itomaius. Ccus-ci vinrent mettre If siège devant le roc de Masada; ils eu ceiguirent la base d'un mur de circonvallation, qui existe encore, dressèrent en face de l'isthme occidental une large plateforme pour l'assiette de leur camp, et sur le ravin qui les séparait du château jetèrent un pont d'attaque. La première enceinte lui liieiitol forcée; [»uis vint l'assaut suprême, maïs derrière les murs ne se montrait plus un défenseur : préléranl la moi'l vnloiilairc des honitucs
«IG NOUVELLE GÉOGRAPHIE IMVKIt^ËLLE.
libres à la mort vile par la main de rcnnemi, tous les Juifs s'étaient cntr'égorgés; lorsque les Romains pénétrèrent dans la forteresse, il n'y restait plus que deux femmes et cinq enfants. Ce fut le dernier épisode de l'indépendance juive.
Jérusalem est reliée à la mer par une roule carrossable, d'environ
60 kilomètres, que suit une ligne de télégraphe et que doit remplacer une voie ferrée, depuis longtemps tracée sur la carte, mais non encore entreprise; elle sera d'ailleurs assez coûteuse, à cause de l'inégalité des rampes, qui seront en moyenne de 12 à 15 mètres par kilomètre. A la base occidentale des monts, dans la plaine du littoral, non loin de l'ancienne Modin, la patrie des Macbabées, deux bourgs voisins, LoudJ et Ramleli.
MJISA.DA, RAHLEH, JAFFA. 817
sonl entourés de cultures; mais, ainsi que l'indique le nom de Ramieli, là commencent les sables et jusqu'à JatTa l'on ne voit plus de végétation qu'aux abords des villages, où des réservoirs i-eçoivent l'eau des ouadi. La ville même de Jaffa ou Yafa, c'est-à-dire la u Colline », est située sur un monticule, dans une oasis d'environ 8 kilomètres carrés que des rangées de dunes assiègent au nord et au sud ; des canaux dérivés des ouadi
et quelques puits dans lesquels s'amassent tes eaux de suintement fnur^ nissent à ses jardins l'humidité nécessaire. Les arbres de la zone tempérée, amandiers, abricotiers, pêchers et mûriers, y donnent d'excellents fruits ; on y cultive aussi le bananier, la canne à sucre, mais la plupart des enclos, bordés de nopals gigantesques, ne renferment que des citronniers et des orangers, dont les fruits sont expédiés jusque dans les villes de l'Occident'. Depuis le milieu du siècle, l'étendue des jardins de Jaffa a quadruplé.
■ Orangeries de h(ù en 1880 : 765 000 wbres. Récolte : 30 OOO OOO onnget.
8i8 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Porl de Jérusalem et de toute la Judée méridionale depuis les origines de l'histoire, Jaffa, Tantique Joppé, n'offre pourtant aux navires qu'un abri précaire: l'ancien bassin, comblé par les sables qu'apporta lèvent de la mer et probablement soulevé par les forces souterraines, se trouve maintenant dans la zone des jardins au nord du .monticule de la ville'. La côte, presque rectiligne, se prolonge du nord-est au sud-ouest, incessamment heurtée par la vague de houle, où se jouent les requins : c'est là que, suivant la légende rapportée par Pline et Josèphe, se dressait le rocher où était enchaîné Andromède*. Devant Jaffa, une chaîne d'écueils, d'environ 300 mètres, forme brise-lames et protège un petit havre où les barques et les bâtiments d'un tirant de 2 à 3 mètres trouvent un refuge. Mais les navires ordinaires et les bateaux à vapeur qui font le service du littoral mouillent à un kilomètre de la rive, toujours prêts à la fuite si le vent s'élève, menaçant de les pousser à la côte. Dans ces parages, la mer est presque toujours agitée; quand soufflent les dangereux vents du nord-ouest, les paquebots ne peuvent s'arrêter devant Jaffa et continuent leur roule vers Port-Saïd ou Khaïfa pour y débarquer leurs marchandises. Mais le mouvement des voyageurs, qui est de 80000 personnes, et le trafic de Jaffa avec Jérusalem,, d'environ 150 000 tonnes par an et s'accroissant d'année en année, justifieraient la construction d'un port artificiel en eau profonde : d'après le projet des ingénieurs, ce port, avec deux entrées, l'une au sud, l'autre au nord, protégées par un brise-lames de 560 mètres, s'ouvrirait en dehors de la chaîne des écueils, offrant aux navires une surfoce de plus de 5 hectares par 8 mètres de profondeur; de vastes terrains conquis sur les rochers et sur la mer permettraient de déplacer en partie la ville, enfermée actuellement dans une enceinte trop étroite'. Le commerce de Jaffa est exclusivement entre les mains des chrétiens indigènes et des étrangers ; il consiste principalement à l'exportation en céréales, en oranges, citrons, et autres denrées naturelles \ et pourrait doubler sans peine si les eaux abondantes du Nahr-el-Aoudjeh, qui coulent à 6 kilomètres au nord de la ville, étaient détournées par un aqueduc et servaient à féconder la plaine, infertile aujourd'hui, qui s'étend au nord des jardins. On pourrait ainsi reconquérir à la culture tout le littoral de Saron, célèbre dans l'antiquité biblique par ses « roses », que l'on croit être les narcisses,
* Oscar Fraas, Auê dem Orient,
* V. Guérin, Description de la Palestine,
' Loehnis, BeUràge zur Kenntniê der Levante.
^ NouTenaent des échanges à Jafla en 1878 : 22 500 000 francs.
Exportation : 15000000 francs. Importation : 7 500 000 francs.
JAFFA, ASGALON, GAZA. 821
couvrant les sables gris de leurs étoiles blanches \ La colonie wurlembcrgeoise de Sarona, composée d'environ 250 personnes, s'est établie dans celte campagne et, grâce à l'arrosement, y a fait naître une oasis nouvelle. L'Alliance Israélite possède aussi dans les environs de Jafla un institut agricole, où des centaines d'enfants juifs apprennent le jardinage. Près de la ville, quelques grands oliviers, rangés symétriquement, appartenaient jadis à une ferme-école fondée par Colbert *.
Au sud de Jaffa, la plupart des places fortes des Philistins sont remplacées par de pauvres villages. Askalon, la « Fiancée de la Syrie », qui, malgré les fréquentes vicissitudes des guerres et des assauts, continua d'être une grande ville jusqu'à l'époque des Croisades, est de nos jours complètement abandonnée; il n'en reste que d'informes débris et le demicercle de son rempart, qui se termine au nord et au sud par les brusques escarpements d'une falaise dominant les flots de la Méditerranée ; l'enceinte est occupée en entier par des jardins où les habitants d'un village voisin, Djourah, cultivent encore l'espèce d'ail qui doit à l'ancienne Ascalon son nom d'ascalonium ou échalote. Au sud du pays des Philistins, et déjà dans le voisinage du désert. Gaza (Ghazzeh), la cité méridionale de la Pentapole, que mentionnent les annales égyptiennes il y a près de quatre mille ans, est restée grande ville, grâce à sa situation, qui en fait l'intermédiaire entre l'Egypte et la Palestine, entre l'Afrique et l'Asie. Lors des commencements de l'empire de Byzance, elle était célèbre par ses écoles et des Arabes y venaient de fort loin pour apprendre à connaître le monde hellénique et ses idées'. Gaza est moins une cité qu'un ensemble de villages et de jardins disposés en cercle irrégulicr autour d'une butte à large terrasse aplatie, qui parait être en partie composée de décombres : c'est le quartier des Escaliers, où s'élèvent le sérail du gouverneur et la principale mosquée, ancienne église du douzième siècle. La ville s'est fréquemment déplacée en cheminant vers l'est au-devant des dunes; entre le cultivateur et les sables la lutte est constante; on déblaye les sables autour de chaque arbre fruitier, croissant comme au fond d'un cratère*; mais souvent les dunes mobiles, hautes de 10 à 15 mètres en moyenne, ont recouvert les vergers et les demeures; en maints endroits, à l'ouest de la ville, on a retrouvé sous les sables des fragments d'édifices, des amas de poteries, des statues romaines d'un beau travail. L'ancienne « marine »
* Gondcr, Palestine Exploration Fundy jan. 1878.
* E. Melchior de VogUé, Stirie et mont Alhos.
* Slark, Gaia und die philistâifche Kûtte.
^ Warren, Palestine Exploraticn F und, april 1871.
est aussi presque complèlement oblitérée par la fine arène dcia plage; à peine quelques bateaux bravcnl-ils le violent ressac du flot qui se licurte
sur la côte à peine infléchie. Tout le mouvement des échanges se fait par terre, sur la route de l'Egypte : Gaza est à moitié chemin de la fi-onticre à Jafra et à Jérusalem'.
* Villes de la Palesline et de 1) hnulo vallée du
Jérusalem 50000hab.
G»za, d'a|)rès Conder ..--.. 18 000 P
Uebron (El-blialil), d ap. Coadcr. 17 600 »
Naplouso (Sichem) 15 000 s
Jaffa 12 000 »
Nanrelh (En-Nacira) 8 000 i
Safed, d'après Guérin B 000 »
Kbaila 6 000 *
Jourdain avec leur populalion approiimative
ficlhichcin .
Akka (Sainl-Jean -d'Acre) .
Ilaâbeja
Tibériade
hamlch
bjenin
Hacheya
5 500 bab.
GAZA, NAKHL, TOR, AKABAH. 823
Il n*y a point de villes dans la péninsule sinaîque. Suez, le port du golfe occidental de la mer Rouge, est sur la rive africaine du canal maritime. Nakhl ou la « Palmeraie » dans le désert de Tih est surtout une station militaire et un rendez-vous de caravanes. Dans le désert de Sinai, ' le Pharan des Dattiers est remplacé par un campement de Bédouins. Un autre Pharan, à rembouchure du Ouadi-Feîran, n'existe plus. Le port de la péninsule sur le golfe occidental est le bourg de Tor, qu'on aperçoit au détour d'un cap, à demi-caché par un bouquet de palmiers ; la commission sanitaire internationale en a fait choix comme station de quarantaine pour les navires de pèlerins revenus de Djeddah. Âkabah, à l'extrémité du golfe oriental qui limite le triangle du Sinaï, est un château dominant quelques tentes d'Arabes pécheurs et de groupes de palmiers doum aux troncs bifurques. Près de là s'éleva jadis une ville commerçante, Elath, qui existait encore à l'époque des Croisés et qui fut pendant cinquante ans au pouvoir des rois chrétiens de Jérusalem. Il y a trois mille ans, nlle avait pour port la ville d'Ëzion-gheber, l'escale où les Phéniciens apportaient pour Salomon l'or, les étoffes et les riches denrées de l'Inde. Plus tard, quand la ville somptueuse de Petra se creusait dans les montagnes de l'Idumée et que se dressaient les cités de la Décapole dans les pays de Moab et du Trans- Jourdain, le golfe d'Akabah devait être également parcouru ppr les flottes de commerce, et l'ilot rocheux de Gouriah, situé près de l'extrémité du golfe, eut une grande importance militaire pour la protection de la rade. Ses eaux s'animeront encore si la vallée du Jourdain se repeuple et prolonge ses routes au sud dans la dépression de l'Ârabah.
DIVISIONS ADMimSTRATIVBS DE LA TURQUIE D*ASIB
Les vastes possessions asiatiques du sultan sont divisées comme celles de la Turquie d*Europe en vilayet ou provinces, qui se subdivisent en sandjakf c'est-a-dii*e en « bannières ». Quelques circonscriptions administratives, moins étendues que les vilayet, mais ayant une importance particulière au point de vue stratégique ou par suite de l'intervention diplomatique des puissances européennes, sont constituées à part en maur taseri/lik. Les contours des gouvernements de la Turquie d'Asie et de leurs cercles ont fréquemment changé, suivant les vicissitudes des guerres extérieures et les révolutions de palais : les domaines s'accroissent ou dimi-
NOUVELLE GÉOGRAPUIE UNIVERSELLE.
nuent selon le degré de faveur dont jouissent les pachas auprès du souverain. D'ailleurs les divisions administratives ne coïncident point avec les régions naturelles. Les iles de TÂrchipel voisines du littoral d*Âsie font partie du même vilayel que celles des parages européens; le vilayct de Bagdad comprend, sur la rive occidentale du golfe Persique, une vaste' lisière de la péninsule d'Arabie, et toute la presqu'île de Sinaï, attribuée politiquement à l'Egypte, quoiqu'elle continue le littoral syrien, est limitée par une ligne droite tracée géométriquement à travers ouadi, plaines et rochers.
Le tableau suivant donne la liste des circonscriptions administratives de la Turquie d'Asie (non compris Samos et Chypre), avec leur population approximative et leurs cités principales :
RiGlORS HATUnELLES.
V1LATBT ET MODTASERIFLIK.
SAXDJAC.