‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 156 sur 186 · CONTOURS ET SUPERFICIE DE LÀ PÉNINSULE ARABE · texte numérisé non relu

CONTOURS ET SUPERFICIE DE LÀ PÉNINSULE ARABE

le Tigre et TËuphrate séparait l'Arabie et Tlran sur un espace au moins double en étendue. Le golfe baignait la base orientale des monts syriens, et, du cdté de TAsie Mineure aussi bien que vers TÉgypte, la presqu'île Arabique ne tenait au continent que par un isthme étroit.

Considérée dans son ensemble, TArabie présente un relief à peine moins régulier que ses contours. Une chaîne bordière et des plissements parallèles, qui continuent les montagnes de Moab et de Tldumée, suivent le littoral de la mer Rouge et constituent le faite général de la contrée, tournant leur longue pente vers TEuphrate et le golfe Persique. Lu côte méridionale est également accompagnée d'une chaîne bordière, dont les promontoires font saillie en dehors de la ligne normale des rives. A Test, du Ra»-el-Hadd au Masandam, des montagnes élevées bordent aussi le rivage. Du côté de la mer, toute la péninsule est ainsi comme enfermée dans un rempart régulier, dépassant en plusieurs endroits la hauteur de 2000 mètres. Le centre de cette vaste enceinte est occupé par une région montueuse que plusieurs arêtes rattachent au mur occidental : c'est le Ncdjed ou le « Haut Pays ». Au nord de ce plateau central, les terres s'inclinent vers les plaines de TEuphrate; au sud, d'autres espaces de moindra élévation, déserts dans presque toute leur étendue, séparent le Nedjed des montagnes du sud. En dehors des arêtes bordières, l'étroite zone de terrain formée par les collines et les plages est appelée le Tehama ou c< Pays Chaud » : c'est un Ghermsir, comme celui de la Perse, une Tierra Caliente, comme celle du Mexique. D'une manière spéciale, ce nom de Tehama s'applique au littoral de la mer Rouge entre les montagnes de Hadian et le Yemen.

La superQcie de la Péninsule ne peut être évaluée que d'une manière approximative, d'après le tracé des côtes que les navigateurs ont relevées, tout en laissant encore çà et là des parages inexplorés. Au nord, l'Arabie n'a point de limites naturelles, si ce n'est la zone de cultures qui borde le cours de l'Euphrate; les steppes que parcourent les Bédouins, s'étendent jusqu'à la région des passages que suit la voie historique d'Antioche à Babylone. De ce côté, il ne peut y avoir non plus aucune délimitation politique, les nomades déplaçant leurs tentes dans le Hamad ou Badietel*Arab suivant l'abondance ou la disette de l'eau, la richesse ou la pauvreté des pâturages, les amitiés ou les haines de tribu à tribu. Enfin, on compte d'ordinaire la péninsule du Sinaï et la terre de Madian comme appartenant à l'Arabie; mais ces contrées, attribuées politiquement à l'Egypte, leur sont aussi annexées comme parties intégrantes en de uombi-euses statistiques. On le voit, le sens de l'expression géographique Arabie

varie suivant les auteurs : de là ces différences de plusieurs centaines de milliers de kilomètres carrés que présentent les diverses évaluations. Tandis que Behm et Wagner donnent à TArabie, en retranchant les territoires soumis à la Turquie, une surface d'un peu plus de deux millions et demi de kilomètres, on trouve pour Tensemble de la Péninsule, limitée par le golfe d'Âkabah, par les montagnes de Tldumée, celles du Trans-Jourdain et la vallée de l'Euphrate, une superficie d'environ 5100000 kilomètres carrés*.

La population est très clairsemée sur cet espace immense : les appré^ ciations sommaires des voyageurs, contrôlées les unes par les autres, ne permettent pas de fixer à plus de six millions d'individus la population totale de l'Arabie. Jja densité de peuplement est quarante fois moindre qu'en France.

Les montagnes de Tldumée, que domine la cime du Hor, portant le tombeau d'Aaron, se continHient vers le sud en bordant la côte orientale du golfe d'Akabah, puis la mer Rouge, mais sans former de crête régulière. Des massifs, dont quelques-uns ne sont que des grands rochers, tandis que d'autres sont de véritables montagnes, se succèdent dans le voisinage de la côte, les uns complètement isolés par de larges ouadi ayant des centaines de mètres de rive à rive, les autres se rattachant par des arêtes rocheuses aux montagnes faîtières qui suivent le littoral à une distance variable de 50 à 100 kilomètres : on donne le nom de Djebel-el- Ghafah ou « montagne de la Lèvre »* à ce faite qui constitue la limite orientale des possessions égyptiennes. La limite naturelle de toute la région madianique, au nord du Hedjaz, est indiquée par la dépression dans laquelle passe la route des pèlerins de Syrie entre Damas et La Mecque. Ce chemin, marqué par une ligne de puits, sépare le Harra et ses puissantes coulées volcaniques des grès du Hismah, qui forment le rebord du plateau, et des montagnes de granit et de porphyre qui dominent le littoral de Madian. Une autre route, celle des pèlerins d'Egypte, passe sur le versant occidental des monts, se rapprochant de la mer en certains endroits, mais,

* D'après Engelhardt, dont l'évaluation est reproduite par Behm et Wagner : 3156^58 kilomètres carrés. La presqu'île de Sinaï est comprise dans ce calcul.

(Df'e Berôlkerung dey Erde, 1874.) ' Richard Burton, Journal ofthe Geographical Society^ 1879.

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