‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 155 sur 186 · EXPLORATION DE L*ARABIE · texte numérisé non relu

EXPLORATION DE L*ARABIE

les Arabes, malgré Tisolement de leur patrie, ont eu néanmoins une part considérable dans l'œuvre collective de l'humanité : c'est injustement que des écrivains, fiers de leur propre origine « aryenne », nient le service immense que rendirent les « Sémites » en abrégeant pour l'Europe la longue nuit du moyen âge.

A l'époque où les Arabes étaient la nation dominante dans l'Asie Antérieure et le bassin de la Méditerranée, leurs géographes s'intéressaient plus

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aux pays nouveaux conquis par les armées de l'Islam qu'aux régions de la Péninsule, d'où les disciples de Mahomet s'étaient élancés à la conquête du monde. Néanmoins ils décrivirent les chemins de pèlerinage vers la Mecque et Médine, et sur le reste de l'Arabie ils ajoutèrent de précieux renseignements à ceux qu'avaient laissés Ptolémée et autres écrivains de l'antiquité; l'étude de leurs ouvrages révélera sans doute encore bien des faits ignorés. L'exploration géographique de la contrée par les Occidentaux ne commença qu'en 1762, avec le voyage de Carstcn Niebuhr dans le Yemen.

Seetzen, Bnrckhardt, ÂIi--bey, Chédufau, Taroisîer, Ferret et Galinicr visitèrent les villes saintes ou les districts avoisinants, et pénétrèrent dans l'intérieur du pays; Sadlier, en 1819, traversa la Péninsule dans toute sa largeur, du golfe Persique à la mer Rouge; Fulgence Fresnel et Arnaud étudièrent surtout dans leurs voyages les côtes occidentales et le midi de l'Arabie, tandis que de Wrede pénétrait dans THadramaout, où nul voyageur n'a encore suivi ses traces. Wellsted étudia l'intérieur de l'Oman et Wallin, comme Sadlier, traversa TArabie de part en part en passant au centre même de la Péninsule, dans le Djcbel-Chammar. Suivant une ligne diagonale, du nord-ouest au sud-est, Palgrave se rendit, en 1862, de la Méditerranée au golfe Persique en visitant l'intérieur du Nedjed. En 1864, Guarmani alla de Jérusalem au Kasim. Doughty erra aussi dans les déserts du nord. Les époux Blunt ont récemment parcouru l'Arabie septentrionale de Damas à Bagdad par le Djebel-Chammar, suivis, dix-huit mois après, par M. Iluber, qui a fait aussi de fructueuses explorations dans les déserts du nord et de l'ouest et s'est avancé jusque dans le Kasim. I^ réseau des itinéraires croise ses mailles à travers toute la région septentrionale de l'Arabie; mais les parties du sud-est sont encore terre inconnue. Les provinces les mieux étudiées sont celles qui avoisinent les ports de mer, et notamment les territoires de l'Arabie Heureuse limitrophes d'Aden, de Moka, de Hodeïdah : c'est la contrée dans laquelle a pénétré M. llalévy, pour redescendre à l'est sur le versant du désert, copiant par centaines les inscriptions himyariles gravées sur les rocs et les monuments.

Les contours extérieurs de l'Arabie sont de formes massives, d'une régularité presque géométrique. A côté de la lourde Afrique, l'Arabie semble plus lourde encore. La côte occidentale, de la manche d'Akabah au cap Bab-el-Mandeb, est presque recliligne; celle du sud-est, tournée vers le pays des Somali et l'océan Indien, n'est guère plus découpée ; seulement elle olTre de distance en distance quelques courbes allongées, et dans son ensemble elle se développe en une légère convexité vers la haute mer. Au delà d'une brusque saillie, le Ras-el-Hadd, la côte se dirige vers le nordouest comme pour courir parallèlement à Taxe de la mer Rouge et faire de l'Arabie un vaste quadrilatère; mais, au cap Masandam, le littoral maritime est brusquement interrompu : un barrage d'iles et d'îlots limite le golfe d'Oman et semble former le vrai littoral du continent. I^ golfe Persique proprement dit n'est qu'un bassin de faible profondeur, interrompant de ses baies et de ses anses la régularité des contours péninsulaires. Anciennement, lorsque les terres de la Mésopotamie n'avaient pas encore été déposées par les fleuves, la mer presque fermée dans laquelle se déversent

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