‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 170 sur 186 · DATTIERS, CAFIERS, FAUNE DE L'ARABIE · texte numérisé non relu

DATTIERS, CAFIERS, FAUNE DE L'ARABIE

en masse accompagnent les échanges du commerce, Taccroissement du savoir, le rapprochement des continents et des peuples.

Actuellement T Arabie n'a plus qu'une bien faible part dans ce commerce qui a reçu d'elle sa première impulsion ; à peine la deux-centième partie du café que l'on consomme dans le monde entier provient de ces montagnes du Yemen^; à l'orient, il ne croit pas dans l'Hadramaout, au delà du Djebel*Yaûa. Mais le café du Yemen, que les Arabes prennent en décoction et non en infusion comme les Européens, est encore parmi les meilleurs, et peut-être n'est-il dépassé en arôme que par celui des Yungas, dans la Bolivie. Les plantations de l'Arabie sont fort soigneusement entretenues : entre les altitudes de 400 à 1300 mètres', elles s'étagent sur le Uanc des collines en larges terrasses portant chacune un vivier d'où l'eau d'irrigation se ramifie en d'innombrables canaux pour aller baigner les racines des caHers. Ceux-ci s'élèvent à dix et douze mètres, protégeant contre les rayons du soleil les jeunes plants, destinés à remplacer les vieux arbres, épuisés par vingt-cinq années de récoltes. Toujours en fleurs, toujours en fruits, les vergers resplendissent de couleurs variées ; en frémissant à la brise, les feuilles mêlent le vert délicat de leur face inférieure au vert plus sombre de l'autre côté ; la neige des fleurs, le corail des baies brillent au milieu de la verdure changeante; des papillons, avides de miel, s'agitent en nuées multicolores autour du feuillage; des oiseaux éclatants, qu'attire la fraîcheur de l'ombre, voltigent de branche en branche. C'est un spectacle délicieux, contrastant par sa gaieté avec l'implacable monotonie du ciel bleu.

Pauvre en espèces végétales, l'Arabie est également une des contrées de l'Asie les moins riches en formes animales. Là où manquent les plantes, là manquent aussi les animaux, et, sur les confins du désert, les fauves ne trouvent guère d'abri au milieu de ces vastes espaces libres que les rapides chevaux de l'Arabe peuvent parcourir facilement dans tous les sens. Cependant la Péninsule a toujours des lions, des panthères, des léopards, des hyènes, des renards, et, comme dans la Turquie d'Asie, les chacals rôdent autour des campements. Le bouquetin et l'ibex vivent dans

* Production du café dans les diverses parties du monde, d*aprës Neumann-Spallart :

Quintaux métriques.

Brésil, en 1880 2 GOO 000

Java, en 1870 U-28 800

Ceylan, en 1880 . . 350 000

Venezuela, en 1879 276 000

* Botla; — llalévy; — Haltzan; — Mazuchelli, Esploratore^ septembre 1882.

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