‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 2 sur 186 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Que les premières familles ce aryennes » aient posé les pierres de leurs foyers dans les plaines de la Bactriane, dans les vallées de rHindou-kouch, dans celles du Caucase ou dans les steppes de la Scythie, c'est principalement vers l'Asie Antérieure et vers l'Egypte que les historiens de l'Europe sont ramenés par l'étude des documents anciens. En remontant par la pensée le cours des siècles, on voit les ténèbres s'épaissir sur les régions, aujourd'hui si brillantes, de l'Occident, tandis que la lumière apparaît à l'orient de la Méditerranée, à la fois sur les bords du Nil africain et dans les contrées de l'Asie limitrophes, sur les côtes et dans les iles de rionie, sur les plages syriennes, les rives de l'Euphrate et les plateaux de l'Iran. Nos origines restent inconnues, mais les commencements de la civilisation qui s'est développée de siècle en siècle, pour devenir le pais. 1

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trimoine commun des peuples de l'Europe et du Nouveau Monde, se retrouvent dans les contrées sud-occidentales de l'Asie. N'est-ce pas là que les mythes des Hellènes placent les premiers Olympes et font naître les dieux? N'est-ce pas là aussi que, d'après les légendes recueillies par juifs, chrétiens et musulmans, fleurissait Tarbre de la vie, à l'ombre duquel s'éveillèrent le premier homme et la mère universelle? C'est dans la Chaldée, dans les monts du Caucase indien, dans les oasis de l'Iran que l'on cherchait le paradis terrestre : le Masis de l'Arménie, leNizir du KourdistanS le Demavend de la Perse, ou telle autre montagne de l'Asie Antérieure, porterait encore sur sa croupe les débris de l'arche où se réfugia la famille échappée au flot débordé. Plus tard, les chrétiens, cheminant vers l'ouest, et les mahométans, poussant leurs conquêtes vers l'est, accrurent à l'infini le nombre des monts « témoins du déluge ». On les retrouve des Pyrénées, dans le Capsir et en Andorre, jusqu'en Afghanistan, au mont de Nour ou Noé, dans le pays des Siah-Poch, et au <c Trône de Salomon », dominant les plaines de l'Indus.

Lors des origines de l'histoire proprement dite, les premiers faits précis se dessinent dans les contrées sud-occidentales de l'Asie et en Egypte, considérée par les anciens, surtout par Hérodote*, comme appartenant au monde asiatique par la rive droite du Nil. Là les groupes de nations commencent à se classer sous les noms de Sem, de Japhet et de Cham, peutêtre aussi, — d'après de nombreux orientalistes, — sous ceux de Sumer et d'Accad, contraste qui se retrouve dans l'opposition de Perses et de Mèdes, d'Iran et de Touran. Les diverses populations, des plateaux de l'Asie centrale aux îles de la Méditerranée et aux déserts de l'Afrique, sont énumérées suivant leurs races, leurs coutumes, leurs industries; sur des cylindres et des prismes se lisent des inscriptions babyloniennes qui constituent des monuments ethnologiques et géographiques de la plus haute importance. Un des mythes les plus anciens raconte la dispersion des peuples au pied de la tour de Babel; mais, en dépit de la « confusion » des langues, l'histoire chaldéenne commence à suivre chacune de ces nations en marche, à en noter les étapes, les guerres et les croisements.

La forme géographique de l'Asie Antérieure — nom sous lequel on peut comprendre, avec Ritter, toute l'Asie des anciens jusqu'à l'Indus, — rend bien compte des privilèges de cette contrée comme centre de civilisation. Non seulement elle se trouve à peu près vers le milieu géométrique du

' Fr, Lenoionaiil, Le Déluge et V Épopée babylonienne; — Les Premières Civilisations * Histoires, livre IV, 45*

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