‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 29 sur 186 · MONTAGNES ET SALSES DU BALOUTCHISTAN · texte numérisé non relu

MONTAGNES ET SALSES DU BALOUTCHISTAN

guerre. Pendant toute la durée de la mousson du sud-ouest, entre mars et septembre, il serait presque impossible de tenter un débarquement de troupes, à cause de la violence du ressac; même pendant le beau temps, c'est-à-dire en hiver, les brisants sont un obstacle redoutable aux libres communications avec l'étranger'. Le lit marin, formé d'argile comme les plaines du littoral, s'incline suivant une déclivité très douce vers la baute

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mer ; mais à l'endroit où la sonde mesure une épaisseur d'eau de 40 à 50 mètres, la chute se fait bnisquemcnt vers l'abîme de l'océan des Indes : les falaises sous-marines ont de six à sept cent mètres'.

De même que les îles de Ramri et de Tchedouba, dans l'Indo-Ghinc anglaise, les côtes baloutches sont parsemées de foyers souterrains oi!i des eaux thermales font bouillonner l'argile. Au moins dix-huit volcans de boue s'élèvent en diverses parties du Mekran ; en maints endroits du littoral, ils sont parmi les traits principaux du paysage; dans la province de Las,

■ Nm firegor, Wanàermq» in Baiochiilan,

■ A. W. SlilTe, Quarttrly Journal of Ihe Ceological Society, 1874, toI. XXX, i

limitrophe de THindoustan, sept de ces cônes s'alignent près du rivage de la mer : une l^ende les désigne comme des fragments de la déesse Dourga coupée en morceaux ; les pèlerins hindous qui les visitent tirent leur horoscope du bouillonnement des vases*. Près de la rivière du Por ou Pouri, à l'ouest du havre de Sonmiani, un de ces volcans de boue thermale, complètement isolé au milieu de la plaine, a plus de 120 mètres de hauteur et sa coupe terminale a 150 mètres de tour : c'est le Radj Ram Tchander ou Tchander Koups. Les cimes de ces buttes sont percées de cratères d'où s'épanchent lentement des vases, et d'où parfois s'élancent des jets d'eau, qui retombent ensuite sur les pentes et les érodent en ravins divergents. L'eau mêlée à la boue qui s'échappe des cônes est toujours salée; d'après les indigènes, les éruptions ne se font qu'à l'heure des marées ; aussi les volcans sont-ik désignés sous le nom de Darrya-tcham, « Yeux de la Mer »*; ceux dont les cratères sont oblitérés auraient cessé d'être en communication avec l'Océan. Peut-être les collines d'argile déchiquetées par les pluies qui s'élèvent en diverses parties du littoral sont-elles aussi les restes d'anciennes éruptions.

Le Baloutchistan est un des pays les plus secs de l'Asie, quoique la mousson du sud-ouest vienne le frapper et que ses gradins se présentent de manière à favoriser le bon arrosement des terres; ils se succèdent du sud au nord et la région la plus élevée se trouve à l'angle nord-oriental du plateau, de sorte que tous les nuages de la zone aérienne inférieure à 2000 mètres doivent se déchirer aux aspérités du sol et se déverser sur l'une des terrasses du Baloutchistan. Il tombe en effet des averses considérables pendant la saison d'été, et l'un des passages de la route principale du khanat, au sud de Khozdar, porte le nom de « Col Pluvieux » ; quelques-uns des bassins fermés, de même que les vallées comprises entre deux chaînes de hauteurs parallèles, sont pendant les périodes de pluies changés en lacs temporaires, mais ce sont là des événements rares. La mousson qui frappe les côtes du Baloutchistan s'est elle-même partiellement desséchée en passant sur les déserts de l'Arabie méridionale ; elle n'apporte qu'une faible part d'humidité, insuffisante pour alimenter les rivières et leur donner un cours permanent jusqu'à la mer, trop faible même en beaucoup d'endroits pour assurer un débit constant aux fontaines les plus abondantes. Les laboureurs de race hindoue qui habitent les oasis du Baloutchistan ont, à l'exemple des Iraniens, creusé des karez ou aqueducs

* Goldsmid, Journal ofthe Geographical Society , 1865.

' Hilt, Journal ofthe Atiatic Society ofBengal, l\, 1840; — Goldsmid; — Mac Gregor.

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