‹ Nouvelle geographie universelle v. 9, 1884Chapitre 45 sur 186 · PERSANS · texte numérisé non relu

PERSANS

pagner les caravanes; ils vont et viennent de l'une à l'autre station, changeant sans cesse de compagnons, et les servant tous avec la même fidélité *. Les Persans ont aussi des lévriers tazi d'une élégance rare et supérieurs aux espèces européennes par la rapidité de leur course. Les chasseurs du pays savent encore dresser diverses variétés de faucons.

De même que les flores et les faunes, des populations très diflerentes par l'origine se sont rencontrées sur le territoire d'Iran, les unes ayant gardé leur caractère distinct, les autres croisées en un type nouveau. Les principaux éléments ethniques de la contrée sont les Iraniens proprement dits, les Turco-Tartares, les Kourdcs et les Arabes.

Le gros de la population persane habite la p^tie méridionale du plateau, de Kirman à Kermanchah, et l'une des provinces de cette région porte même spécialement le nom de Fars ou Farsistan, c'est-à-dire « Pays des Farsi » ou Persans : l'appellation générale pour la race entière est celle d'Irani. Pris en masse, les Persans sont, parmi les peuples de la Terre, un de ceux qui se rapprochent le plus du type de la beauté, tel que le comprennent les Européens. De taille bien prise, élégants et souples, larges de poitrine et d'un noble port de tête, ils ont pour la plupart des traits réguliers, dont l'ovale pur est entouré d'une chevelure noire et bouclée ; mais l'habitude de porter de hauts bonnets de laine ou de poil rend chez les hommes la calvitie très commune. Les yeux, presque toujours bruns, si ce n'est dans le Fars, sont grands et bien fendus; les sourcils, parfaitement arrondis, se rejoignent parfois au-dessus du nez, et chez les femmes le pinceau aide à la nature pour unir les deux arcs ; les cils sont longs et recourbés; le nez, légèrement aquilin, surmonte une bouche dont les lèvres ne sont ni saillantes, ni étroites; le menton, rarement trop large, disparait chez l'homme sous une barbe abondante, soyeuse, ondulée. Il n'est pas de contrée où les écoles présentent un spectacle plus ravissant qu'en Perse : on voit avec délice ces enfants aux boucles noires, accroupis sur les nattes, et suivant les gestes de l'instituteur de leurs grands yeux bruns et du jeu de leur physionomie mobile.

Par la forme du crâne, les Iraniens tiennent le milieu entre les Sémites et les Afghans. Mais si l'on prend pour types des vrais Persans les Guèbres de Yezd, dont Khanikov a rapporté cinq crânes, étudiés par de Baer, la boite osseuse des Iraniens se distingue par une capacité considérable; très

1 Bnigseh, Reùe der preutntehen Getandltchafl nach Pertitn 1860 und 1861.

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dolichocéphales elle est moins haute que chez les Sémites, mais plus haute que chez les Touraniens ; la partie supérieure du crâne est aplatie. Le basrelief de Darabgherd, qui représente le triomphe de Sapor sur Valérien, en Tan de 260 de l'ère vulgaire, figure des Persans et des Romains : par ceux dont les têtes sont nues, on peut constater que les crânes des Persans étaient alors, comme de nos jours, relativement longs, peu élevés et plats par le haut*. En général, les Iraniens ont la pomme d'Adam à peine saillante, les os plus minces que la majorité des Européens, et les attaches d'une grande finesse. I^s mains et les pieds sont petits et flexibles; il est difficile de rencontrer des hommes marchant mieux que les Persans : les instructeurs étrangers donnés à l'armée par le gouvernement sont étonnés des étapes que peuvent fournir leurs troupes sans fatigue apparente'. Ils sont également frappés de voir un si petit nombre d'hommes n'atteignant pas ou dépassant à peine la taille moyenne, qui est d'environ 1™,30 : à cet égard, il y a beaucoup moins de diversité qu'en Europe. Il est très rare de rencontrer des Persans affligés d'obésité : le médecin Polak, pendant de longues années de séjour, a vu seulement trois Iraniens qu'on eût remarqués en Europe pour leur grosseur. Jadis le tatouage était généralement pratiqué chez les femmes : toutes se faisaient pointiller quelques dessins sur le menton, le cou, la poitrine et le ventre; cet usage a disparu des villes et devient de plus en plus rare dans les campagnes de la Perse occidentale ; mais dans la province de Kirman et le Baloutchistan persan le tatouage est encore coutumier\ Une autre habitude, générale dans certains districts de la Perse et qui se fait parfois comme une cérémonie religieuse, est de manger de la terre : ainsi, non loin de Reî, l'ancienne Raghès, se trouve une mosquée oii les femmes seules ont le droit d'entrer, et dont le sol, composé d'un détritus de roches grises et jaunes, est creusé à coups de dents par les fidèles. Mais cette pratique si commune de la « géophagie » provient surtout d'un appétit dépravé : dans presque tous les bazars des grandes villes se vendent des boules de kaolin ou d'argile blanche moins fine destinées à satisfaire ce goût'. Un vieil usage persan, qui se maintient en quelques villages, est de se faire saigner à chaque nouvelle lune : de là le teint mat et cadavéreux des habitants,

* Indice céphalique des Guèbres du Yézd : 0,70. (Duhousset, Khanikov.) s Flandin ; *- Khanikov, Ethnographie de la Perse.

' Polak, ouvrage cité; — Baker, CUmdê in iheEaêl.

* Ker Porter, Travels in Penia; — Gaïteiger, Von Téhéran nach Beludschûtan ; — Wills, The iMnd ofihe Lion and Sun,

> Polak, ouvrage cité; — Â. Gocbel, Bulletin de V Académie des sciences de Pétersbourgf tome V, 1863; — Tietzc, Verhandlungen der Geologischen Reichsanstalt^ 1875, VIII.

ilogi'ajihiei •le HiiilDnie Didiibrn).

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