VERBES IRRÉGULIERS
60. — Notions préliminaires, — Plusieurs de nos verbes français sont irréguliers parce qu'ils admettenl des radicaux différents : aller, je vaisyfirai, ou parce que leurs personnes ne suivent pas la formation ordinaire : ouvrir^ f ouvre.
Il n'en est pas ainsi en arabe. Un verbe n'admet jamais plusieurs radicaux. La formation des personnes ne présente pas non plus de grandes difficultés. Toutes les anomalies proviennent, soit de la contraction de deux lettres semblables, soit des changements des lettres faibles I, j, ^ qui tantôt sont employées comme simples supports du hamza, et tantôt font partie de la racine. Ces modifications se font d'après des règles précises, et toujours d'après la conjugaison du
verbe régulier J^o>9.
Nous aurons à étudier successivement les verbes sourds, les verbes hamzés, les verbes assimilés, les verbes concaves^ les verbes défectueux.
Verbes sourds.
61. — On appelle verbes sourds ceux dont les deux dernières radicales sont semblables : j — > pour j^--» il a réjoui.
Ces deux lettres se contractent parfois en une seule portant un chadda\ c'est ce qui constitue la particularité de ces verbes dont la conjugaison est régulière quand on ne doit pas faire cette contraction (1).
lo On contracte les deux lettres semblables quand la dernière est vocalisée :
j^ (jj*^) il a ré joui \ .\^ [:>X-fi) il a été étendu \ Jw> (^J.p) prolongation.
Remarque. — On voit par ces exemples qu'on donne à la contraction la voyelle de la dernière lettre.
2*^ Quand on doit contracter les deux lettres semblables (la der-
1. Les chiffres arabes indiquent les numéros des règles de tout le chapitre. C'est à ces règles que renvoient les numéros qui se trouvent dans les tableaux des verbes.
nière étant vocalisée) et qu'elles sont immédiatement précédées d'une lettre jezmée on donne à cette lettre jezmée la voyelle de la première des deux lettres semblables :
r^' O^U /^ réjouirai-, ^-^„j-^ (^.jj-^-^) tu passeras {i.) :
3« On sépare les deux lettres semblables : a) Quand la seconde est jezmée : wj^-^ fai réjoui,
40 à) Quand Tune des deux porte un chadda (2% 5% 9« formes) : j^*o IL a égayé \ ^*"=^ il a espionné.
5*^ c) Quand il doit se trouver entre les deux radicales semblables une lettre de prolongation : jj »-J^ égayé.
6<* Remarques. — a) Le conditionnel a deux formes: Tune réguhère: jj^i ,J Un a pas réjoui\ l'autre contractée; la dernière radicale de la forme contractée prend l'une des trois voyelles quand le verbe a Vimparfait en 0, elle prend un fatKa ou un kesra quand le verbe a y imparfait en A ou e/i I (voir Rem. «), page 20)
j^ ^ il n a pas réjouiy de : 0 .^; ^Lj J il n'a pas fui^ de : I j 9.
7^* ô) L'impératif fera de même : j^— 1 ou » réjouis ; j v-5' ou ^
fuis; au féminin singulier, au duel et au pluriel masculin on n'aura que la forme contractée (1), ^j^ réjouis, \j^y i^^ réjouissez; le féminin pluriel sera toujours régulier, la contraction ne pouvant avoir
y c ^ci
lieu : ^jj^^ réjouissez.
80 c) Certains substantifs et quelques verbes ne font pas la contrac-
J^ y y s^ y y fi^ ^ ^ s^ y y ^ y
tion : v^^^w — , cause, ^j^ nombre; .j^ trônes , ^\. àe j^ j^\ ^.^-^s. être aiméy A JJ î être cariée (dent), etc.
\. L'impératif jj-»^\ ferait régulièrement au féminin ^jj-.,**j\ qui deviendrait ^ y-j^\ (Règ. 2°). Mais la l''"^ radicale n'étant pas jezmée, Xalif d'union ne peut subsister.
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