DES PRONOMS DÉMONSTRATIFS
§ 5Î47. Bien que le pronom tienne la place du nom, il ne peut être, comme le nom, sniyi d'un adjectif. C'est donc une faute grave en français, que de faire suivre d'un adjectif ou d'un participe les pronoms celuij celle, ceux, celles. Il faut répéter le substantif ou prendre une autre tournure, par exemple, employer le pronom conjonctif avec le verbe être.
Ainsi l'on ne dira pas : ces personnes sont venues joindre celles déjà nommées /mais : les personnes déjà nommées; ou bien : celles qui ont été déjà nommées.
Eemarque I. Celui ne s'emploie que lorsqu'il est suivi du conjonctif ^W2*, que. Ex. : Celui qui Sk parlé : celui de ^ous qui a parlé.
Rémarque II. Suiyi de la préposition de, le pronom celui a quelquefois le sens partitif. Ex. : ceux de vous qui Toudront me suivre.
§ 248. Le pronom démonstratif ce, au neutre, est d'un usage très-étendu :
1** Ce s'emploie très fréquemment areo le yerbe être, sui'tout dans les interrogations. Ex. :
Est-ce convenu ? C'est moi, c'est vous, cest
N'est-ce rien ? lui qui...
Etait-ce sérieux ? Ce sont eux qui... ( Voyez le
Que sera-ce? § 262, Rem. II).
Sia^TAXE DU PRONOM. — § 250 217
2*" Ce entre dans un grand nombre de constxuctiong et de gallicismes. Ex. :
Ce qui..., ce que... C'est affaire à lui.
€e semble, ce me semble. C'est à savoir.
Pour ce faire... C'esNà-dire.
Sur ce, partons I Est-ce à dire que... ?
C'est à qui fera telle chose. Qu est-ce à dire ? C'est à qui mieux mieux.
3° Ce doit nécessairement s'employer devant le verbe être quand le vrai sujet est après l'attribut, surtout quand l'attribut est marqué par celui qui, celle qui, ce qui, etc. Ex.:
Ce que je sais le mieux, c'est mon commencement. (Racine, les Plaideurs.)
§ 249. Ce, joint au verbe être au commencement d'une phrase, et suivi de la conjonction que, donne de la vivacité au style. Ex. :
« C'est ma vie, c'est mon âme que votre amitié. » , (M°** DE Sévigné.)
Cette phrase est évidemment plus vive que celle-ci ; c Votre amitié est ma vie, mon âme. »
C'est le serpent que je veux dire.
Et non l'homme (on pourrait aisément s'y tromper).
(La Fontaine.)
On dit aussi sous forme interrogative :
* Est-ce ainsi que vous vous jouez des hommes? »
(FÉNBLON.)
Plus vif que : « Vous jouez- vous ainsi ? »
§ 250. Ce, joint au verbe être, donne encore la formule
explicative c'est que, et, avec négation, ce nest pat que, avec interrogation, est- ce que. Ex, :
« Ponrqaoi les ouvragés de la nature sont-ils si parfaits ? Cest que chaque ouvrage est un tout, et qu'elle travaille sur un plan éternel. » (Buffon.)
« Ce nest pas qu'elle se crût redevable aux hommes, i
(Fléchier.)
I 251. — Ce Bk formé les composés ceci, cela, qui ont un sens plus déterminé. Ex. : « on m'a dit ceci, j'ai vu cela. Il y a ceci de remarquable. » Cela s'emploie dans quelques expressions familières, par exemple : c'est cela/ — Voyez ces enfants : cela ne fait que jouer.
Remarque. Dans les interrogations, ceci et cela reparaissent séparés. Ex.: qu'est-ce ci? quels gens sont- ce là?