Conjonclif rapporté à r attribut
On pourrait dire aussi m modifiant le sens : Et je serai le seul qui ne pourra.
Je suis Diomède, le roi d'Étolie qni blessa...
Et je serai le seul qui ne pourrainendire. (Boilbau.)
c Je suis Diomède, roi cTÉtolie, qui blessai Vénus au siège de Troie. 7> (Fénelon.)
Remarque III. Le pronom conjonctif qui, employé sans l'antécédent celui, a le seis de quiconque, est en général maiiculin, et peut être sujet ou complément. Fx. :
V Qui, sujet :
Qui peut tout doit tout craindre. (Corneille.)
A qui venge son père il n'est rien impossible.
^Corneille.)
2^ Qui, complément direct ou indirect :
Choisis qui tu voudras, Chimène, et choisis bien.
(Corneille.) Vous trouverez à qui parler.
Eemarque IV. Qui peut aussi s'employer avec ellipse de l'antécédent neutre quelque chose. Ex, : voilà qui est beau ; voilà qui va bien ; qui plus est.
Sekarque V. Qui, répété, s'emploie dans le sens de les uns... les autres. Ex.: ils se saisirent j'm d'une épée, qui d'une pique.
Remarque VI. Qui, suivi de qm et du verbe être au subjonctif, forme la locution elliptique qui que ce soit (c'est-à-dire quelque personne que ce soit).
Remarque VII. On emploie encore qui avec divergea ellipses apparentes ou réelles. Ex. : il tient cela de je ne sais plus qui. — (Il n'y a pas ellipse, mais inversion : c Je ne sais plus de qui il tient cela. t>)
222 GRAMMAIEE FRANÇAISE.
Oû est entré se^îrètement : devinez qui, (Il y a ellipse : devinez qui est entré), A qui mieux mieux.
Remarque VIII. Que, employé comme complément indirect et au neutre, tient souvent lieu du conjonctif lequel précédé d'une préposition indiquant le temps ou la manière. Ex. :
Du temps que les bêtes parlaient. (La Fontaine.
« Au moment que j'ouvre la bouche... » (Bossuet.)
Remarque IX. Que entre dans diverses autres locutions elliptiques, comme neutre et avec le sens :
1° de quoi. Ex.: je ne sais que faire ni que dire ; je n'en ai que faire ;
2** de quoi que ce soit qui ou que. Ex. : fais ce que dois, advienne que pourra ; coûte que coûte ; vaille qu£ vaille.
Remarque X. Ce qui, ce que forment des locutions conjonctives du genre neutre. Dans ce qui, qui fait fonction de sujet; dans ce que, avec le verbe être et quelques verbes pris impersonnellement, que joue le rôle tantôt d'attribut, tantôt de complément. Ex.:
V attribut :
Vous êtes aujourd'hui ce j'M'autrefois je fus.
(Corneille.) 2^ complément (avec ellipse) :
Croyez-en ce qu'il vous plaira {sous-entendu : de croire).
§ 255. Quoi est un pronom neutre, qui est interrogatif dans le sens de quelle chose, et conjonctif dans le sens de laquelle chose.
V Dans les interrogations directes ou indirectes, quoi est ordinairement complément. Ex.: De quoi est-ce que vous parlez? A quoi est-ce que vous pensez? Dites-moi en quoi je puis vous servir.
Il n'est sujet que dans certaines phrases elliptiques. Ex. :
Quoi de nouveau ? (qu'y a-t-il de nouveau ?)
Il entre, avec le verbe savoir ^ dans une locution fréquwite qui peut s'employer Bubstantivement : je ne sais quoûEx.:
c II devient un je ne sais quoi qui n'a de nom dans aucune langue. » (Bossuet.)
Il s'emploie isolément comme interrogation ou exclamation. Ex. : quoi? (Qu'y at-il). Quoil Eh quoi/ Quoi donc/ 2® Comme conjonctif, quoie&t toujours complément. Ex. :
Voilà ce sur quoi l'on a tant disputé*
(Dict Acad.)
Il s'emploie quelquefois avec ellipse d'un substantif qvtk devrait lui servir d'antécédent. Ex, : donnez-moi de quoi écrire. — Avoir de quoi vivre ; et, avec ellipse du verbe : Avoir de quoi.
Enfin, suivi de que, il équivaut à quelque chose que. Ex. : quoi que vous disiez. Il s'écrit alors en deux mots et ne doit pas être confondu avec la conjonction quoique. Ex.. : quoique vous disiez de bonnes choses.
§ 256. Il faut éviter les équivoques dans l'emploi des pronoms conjonctifs qui, que, dont, etc.
V Pour cela, on doit rapprocher ces pronoms autant que possible de leur antécédent. Ex. : il y a dans l'histoire des faits qu'on ne doit pas oublier (et non : il y a des faits dans l'histoire qu'on ne doit pas oublier).
Mais s*il n'y a pas d'ambiguïté à craindre, l'antécédent peut être éloigné du conjonctif, surtout en poésie. Ex. :
Un loup survint à jeun, qui cherchait aventure.
(La Foktaine.)
2^ On peut encore, pour éviter lès équivoques, remplacer qui, dont, à qui, par lequel, duquel, auquel, laquelle, lesquels, etc. Ex. : Au lieu de : la femme du voisin, à qui j'ai parlé hier, il faut dire, selon le sens : auquel fai parlé, ou à laquelle j'ai parlé.
Remarque I. — Les conjonctifs qui et lequel se mettent toujours en tête des propositions incidentes, à moins qu'ils ne servent de complément à un substantif précédé d'une préposition; dans ce dernier cas, ils se mettent après la préposition et le substantif. Ex. :
Le général sous les ordres de qui (oa duquel) vous serrez.
Remarque IL — Lequel, comme qui, est à la fols interrogaiif et conjonctif. Employé interrogativement, lequel se prend comme sujets comme complément direct et comme complément indirect (après les prépositions dam, pour, vers, sur, etc.). Ex, : Lequel est venu ? lequel avez- vous vu ? Pour lequel s'est-il prononcé ?
Remarque III. Comme conjonctif, lequel fait plus souvent fonction de complément indirect (avec les prépositions qui viennent d'être indiquées) que de sujet et surtout de complément direct. Il s'emploie comme sujet dans le style Eoutenu. Ex. :
c L'éloquence est un don de l'âme, lequel nous rend maître du cœur et de l'esprit des autres. » (La Bruyère.)
§ 257. Qui, employé comme complément indirect et précédé d'une préposition {à qui, pour qui, en qui, etc.), ne £0 dit que des personnes. Ex. : j'ai vu l'homme à ^ut vous avez parlé.
Quand on parle des animaux ou des choses (à moins qu'elles ne soient personnifiées), on emploie les pronoms lequel, laquelle, etc., précédés d'une préposition. Ex. ; les travaux auxquels vous êtes adonné ; mais on peut aussi employer ces pronoms quand on parle des personnes, ^a?. ; les maîtres auxquels est confiée votre éducation.
§ 258. Z>on/ marque le complément qu'exprime la préposition de, précédant les pronoms qui, lequel^ laqueUCf quoif etc. (à tous les genres et à tons les nombres). Mais, à la différence des locutions de qui, duquel^ de quoi, etc., il est exclusivement conjonctif. Ex.:
(( Les maux dont la vie liamaine n'est jamais exempte. »
(BOSSUET
Dont est toujours le premier mot de la proposition incidente formée par ce pronom. Fx, : un homme dont la destinée est enviable, dont on peut envier la destinée. C'est une situation dont il est digne. C'est la personne dont cela dépend.
§ 259. Après les verbes qui indiquent extraction^ descendance, ou bien sortie^ on emploie les conjonctifs dont ou d'où :
V.On met dont pour marquer V extraction, la descendance, Ex.: les ancêtres dont il «st descendu; le sang dont il sort {sang a ici le sens de famille).
2* On emploie d'où pour indiquer Faction de sortir. Ex. : la ville d'où je viens ; la maison d'ow je sors.
Sem ARQUE. On pourrait dire : <c la maison dont je sors d, si le mot maison était pris au sens figuré {race, famille).
§ 260. La locution d'où n'est pas la seule dans laquelle l'adverbe où (comme on Fa vu § 72, Eem. II) fasse office de pronom conjonctif et remplace lequel, laquelle^ lesquels, lesquelles^ précédés d'une préposition. On peut dire aussi : L'honneur où j'aspire, pour auquel. Molière a dit :
Le véritable Amphitryon est l'Amphitryon où l'on dîne.