‹ Nouvelle grammaire françaiseChapitre 133 sur 176 · III. Conditionnel · texte numérisé non relu

III. Conditionnel

§ 300. — Le conditionnel accompagne en général oi suppose quelque condition exprimée ou sous-entendue, n se met d'ordinaire avant ou après une incidente formée par un si' conditionnel. Ex. : si je pouvais, j'irais ; j'v ais, si je pouvais \ je voudrais être écouté ; je ne saurais nier,

La pensée complète serait, pour ces deux dernières phrases : je voudrais^ si je le pouvais... je ne saurais^ quand je le voudrais,,, il y a da reste lieu de remarquer quey^ m saurais est synonyme de je ne puis^ et que ces tournures, je voudrais, je ne saurais, sont des énonciations atténuées de ridée exprimée par le verbe.

§ 301. — Le conditionnel s'emploie encore, comme le subjonctif accompagné de que ( § 298), dans certaines phrases exclamatives exprimant Tétonnement, l'indignation. Ex. :

Moi, je m'arrêtcfms à de vaines menaces ! (Racine.)

§ 302. Dans certaines propositions indiquant une supposition, on met, comme dans la conjugaison interrogative, le sujet après le verbe. Ex. : cela serait-il ou fût-il vrai, ce n'est pas bon à dire ; devrais-je ou dusse- je mourir, je partirai.

Remarque. Dans ces propositions, qu'on peut appeler suppositives, on peut se servir de l'imparfait du subjonctif, sans que; mais cette tournure ne convient qu'au style soutenu. Bx.: fussé-je, dusse -je, vînt-il, fallût-il. On dit plus ordinairement, en se servant du conditionnel : quand je serais, quand f aurais, quand je devrais, etc.

§ 303. Le conditionnel s'emploie surtout dans lespro-

254 GEAMMAIRfi FRANÇAISE.

positions principales ; mais il peut aussi se mettre dans les propositions subordonnées : 1"* après un verbe à un temps du passé; Ex, : « je savais qu'il viendrait i ; 2° après les verbes indiquant supposition; Ex. : on dit que les choses se seraient passées ainsi. D'autres prétendent qu'elles se seraient passées tout autrement.

Page 1