‹ Nouvelle grammaire françaiseChapitre 141 sur 176 · AVEC ACCORD · texte numérisé non relu

AVEC ACCORD

La lettre que j'ai lue.

Les livres qm je vous ai envoyés.

Bescarque I. Le complément direct mis devant le participe est, en général, l'un des pronoms que, me, te, se, le, la, les, nous, vous. Il peut être un nom dans certaines phrases interrogatives (§ 357, 2"), ou un des deux adverbes de quantité que, combien^ suivis ou non d'un complément.

Remarque II. Quand le participe passé, accompagné de l'auxiliaire avoir, est précédé de son complément direct et suivi d'un qualificatif le participe et le qualificatif s'accordent égale nent avec le complément. Ex, :

De soins plus i nportants/e tji crue agitée.

(Racine.)

J'ai vu la mort le près, et Je l'ai vue horrible,

(Voltaire.)

Il y a exception pour les gaïiicismes suivants : je l'ai manqué belle, je l'ai échappé ôe//e (sous-entendu l'occasion).

Remarque III. Dans les temps composés où ««^ trouve le participe passé de l'auxiliaire avoir, suivi d'uu ««utre participe, ce dernier seul s'accorde avec le substantif.

La raison en est que ce dentier participe seul a pour

complément le substantif, et fait en quelque sorte corps "Tec son auxiliaire. Ex. :

La tâche que j'ai eu^ j*eus eu ]

— j'avais eu / ^ .

•» • > nnie.

— j aurai eu i

— j'aurais eu, j'eusse eu ]

.Remarque IV, — On se rappelle la règle : le participe passé, accompagné de l'auxiliaire avoir, s'accorde avec son complément, s'il en est précédé. Cette règle est sans exception. Il n'y a qu'à en étudier les applications, qui vont être exposées dans les Observations suivantes.

[Origines latines et histoire. — L'emploi du participe passé avec avoir vient du latin^ et a d'abord suivi en français l'usage adopté dans cett<^ langue : le participe s'accordait avec le substantif, que ce substantif fût avant ou après. Ainsi Ton disait : Paratam habeo pecuniam, j'ai préparée une somme d'argent; habeo scriptam epistolam, j'ai écrite une lettre. Le participe passé était en réalité un adjectif. On disait ; j'ai préparée ma lettre y comme on dit ; je tiens prête ma lettre.

On construisait quelquefois de même en français le participe, jusqu'au XVII« siècle, au moins en poésie. Ex, :

Le seul amour de Rome a sa main animée.

Chaque goutte épargnée a sa gloire flétrie.

(Corneille, Horace,)

Cette construction est tombée en désuétude. Cependant il en est resté une trace dans la locution : avoir toute honte hue,\

ORSERVATIONS SUR LA RÈGLE DU PARTICIPE PASSÉ ACCOMPAGNÉ DE L*AUXILIAIRE aVOir.

I. Participe passé des verbes neutres et impersonnels précédé de que.

§ 349. Les yerbes neatres oa impersonnels ne ponvant avoir de compléments directs» leur participe passé, qnand il est accompagné du verbe avoir, est toujours invariable.

Il ne faut pas se laisser tromper par des phrases comme celles-ci : les longs jours qu'^'/a vécu; les quelques heures \xx'il a dormi; les dix années qu'z/ a régné.

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Dans ces phrases et les phrases semblables, que représente un complément circonstwiciel : c'est une locution abrégée dans laquelle est sous-entendue une préposition. C'est comme s'il y avait ipmdant lesquels ou lesquelles y etc.

§ 350. Remarque I. Trois participes passés, eoûté, pesé, valu, donnent lieu à une observation : les verbes auxquels ils appartiennent sont pris tantôt dans le sens actif, tantôt dans le sens neutre. Dans le sens neutre, qui est leur sens propre, ils sont invariables; dans le sens actif, qui est le plus souvent un sens figuré, ils peuvent prendre l'accord. Èx. :

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