‹ Nouvelle grammaire françaiseChapitre 140 sur 176 · Rapport avec le complément direct · texte numérisé non relu

Rapport avec le complément direct

Si son astre en naissant ne Va formé poëte.

(BoiLBAU, Art poétique.)

Songez-vous qu'en naissant mes bras vous ont reçue.

(Racine, Phèdre.)

2. Rapport avec le complément indirect ou un adjectif possessif qui le renferme implicitement. Ex, :

De son fils, en mourant lui cachèrent les pleurs.

* (Racine, Britannicus,)

Mes crimes, en vivant, me la pourraient ôter.

(Corneille, Polyeucte.)

Je vois qu'en m* écoutant vos yeux au ciel s'adressent.

(Racine.)

3. Rapport avec un être ou objet indéterminé, non exprimé. Ex. : l'appétit vient en mangeant; la fortune vient en dormant.

La grâce, en s'exprimant, vaut mieux que ce qu'on dit.

(Voltaire.)

§ 341. Remarque II. La préposition en est en général répétée devant chaque participe arec lequel elle forme un gérondif. Ex. :

c Leur subtil conducteur qui en combattant, en dog-

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matisanty en mêlant mille personnages divers, en faisant 'e docteur et le prophète... i» (Bossubt.)

EUe peut cependant être omise entre deux propositions unies par la conjonction et. Ex. :

c II vient se faire admir er de plus près en étalant ses beautése^rf^t;e/o/}/)an< ses grâces. » (Buffon.)

§ 342. Remarque III. Avec le verbe aller, mis pour' exprimer le progrès d'une action, on peut employer le participe présent ou le gérondif. Ex, : le mal va en augmentant et va augmentant de jour en jour.

Plus le vase versait, moins il s'allait vidant.

(La Fontaine.)

3** Du participe passé.

Règle du participe passé seul ou accompagné du verbe être.

1 343. Qand le paiHicipe passé esfc seul ou accompagné du verbe être, il équivaut à un adjectif qualificatif, et^ comme tel, s'accorde en genre et en nombre avec le substantif qu'il qualifie (voyez §§ 175 et 209). Ex. : j'ai vu des remparts détruits^ des villes saccagées ; ces arbres ont été abattus par le vent.

§ 344. Remarque I. Nous avons vu (§ 152 et 213) quelques adjectife et quelques participes qui font exception à cette règle, lorsqu'ils sont placés avant le substantif.

En réalité cette exception n'est qu'appar ente. Elle est conforme à une loi générale qui est la véritable règle du participe passé, et qui est celle-ci : le participe passé ne s'accorde avec le substantif auquel il se rapporte qu'autant que ce substantif le précède, c'est-à-dire est déjà connu. On comprend en effet qu'il ne puisse y avoir accord avec un substantif non encore énoncé.

Telle est la véritable règle du "Participe passé, soit seul

SYNTAXE DU VEEBB. — § 347 275

(comme dans les tournures excepté, ci- joint), sôit accompagné du verbe avoir (voyez § 348).

C'est seulement dans quelques phrases à inversion que le participe accompagné du verbe être s'accorde en genre et en nombre avec le substantif qu'il précède. Ex. : que bénie soit la main qui m'a sauvé I

§ 345. Rehaeque II. Le participe passé, quand il est employé comme un véritable adjectif, construit son complément plutôt avec la préposition de qu'avec la préposition^ar, surtout quand il exprime un sentiment (§ 276, Eem.). Ex, : un arbre battu des vents ; un homme estimé de tout le monde; une vérité reconnue de tous; un enfant docile, aimé de tous et qui sera récomjpensé par ses maîtres,

§ 346. Remarque III. Le participe passé de certains verbes, employés sans complément, perd complètement la signification passive, de même que nous avons vu des participes présents perdre la signification active (§ 337). ^o?. / un homme dissimulé (c'est-à-dire qui dissimule); un homme entendu (c'est-à-dire qui entend les choses) ; un homme osé (c'est-à-dire qui est porté à oser) ; une fille repentie (c'est-à-dire qui s'est repentie).

§ 347. Remarque IV. On peut considérer le participe passé comme un participe passif. Ce participe forme, en français, la conjugaison passive à l'aide d.e l'auxiliaire être. Mais il entre aussi, avec le même auxiliaire, dans la conjugaison des verbes neutres, qui n'ont pas de passif; et il peut être employé sans auxiliaire ; c'est donc à tort que Ton a blâmé des tournure! très françaises comme celle-ci : Eux venm, le lion sur ses ongles compta. (La Fontaine.) Lui mort, nous n*avons plus de vengeur ni de maître.

(Corneille, Cinna,) Et, monté sur le faîte, il aspire à descendre.

(Corneille, Cinna.)

Ce héros expiré

N'a laissé dans mes bras qu'un corps défiguré. (Raoikb, Phèdre.)

276 GSÂMMAIKâ FBANÇAISIfi

Règle du participe passé accompagné de l'auxiliaire avoir.

§ 348. Quand le participe passé est accompngné de l'auxiliaire avoir ^ il s'accorde avec son complément direct, sll en est précédé; il reste inyariabie. s'il en est suivi ou s'il n'en a pas. Ex. :

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