‹ Nouvelle grammaire françaiseChapitre 156 sur 176 · SYNTAXE DE LA PBÉPOSITION. — § 40S · texte numérisé non relu

SYNTAXE DE LA PBÉPOSITION. — § 40S

résider à Paris^ à la

campagne; rester à sa place ;

à l'aspect du danger ;

à genonx ; à la fin dn mois, à cinq

henres ;

2'' l'appartenance, la possession. Ex. : ce liyre est à moi ;

3^ la manière d'être, la qualité, la destination, etc. Ex. : vache à lait , clou à crochet, table à tiroir, marché à la volaille, vendre à la livre, pécher à la ligne, à propos, à regret, blessé à mort, etc.;

4* la succession, la juxtaposition, etc. Ex. : deux à deux, bout à bout, face à face, corps à corps.

§ 405. La préposition de marque surtout le point de départ, la séparation, et par suite la cause, l'origine, l'appartenance. Ex. : je viens de Rome ; je m'éloigne de lui; trembler de pear, une pluie (/orage.

C'est en ces divers sens que la préposition de s'emploie devant le complément des substanti& (le livre de Pierre), des adjectife et des adverbes (voisin du but, le premier des orateurs, loin de la forêt, assez de gloire), des verbes (payer de ses deniers, entrer de force, être transporté de colère, il est de Paris), etc.

Remarque I. Même quand on dit voisin de, près de il 7 a dans l'esprit idée d'éloignement plus ou moins grand.

[Gbammaibb comfabatiyb. — Les Latins disaient de même : prope ah domo]

Remarque II. L'emploi de la préposition de, avec le sens partitif, rentre encore dans le sens général de cette préposition : c'est une partie détachée du tout.^â::. ; de la pierre, du bois, rfe l'eau, etc.

Remarque III. A cet emploi s'en rattache un autre qui forme un idiotisme remarquable : la préposition de c. M. is

314 GHAMMATBB HUfiÇÂISï:»

peut précéder un adjectif on an participe passé, et cela particulièrement après les expressions indél^niea eomme rien, ceci, €eU^ fm, quotj personne, qmlqutm, qmlque 7hose. Ex, :

il n'y a rien ]

il y a ceci» cela | de non^aan {c'esf-à-dtn p«rmi

qn'ya^t-îl i k« cbosea nonTellea).

ily aquelqneoboae )

Quoi rf'étonnant? —Je ne sais rien de si amusant (e'eslà-dtre parmi les choses amusantes). ^ Sur dix, il y en a eu deux de tués (cest^dire parmi les tués).

On n'eu voyait point d'ooooupéa A chercher le soutien d'une mourania Yie«

(La Fontaine.)

Si j'en avais trouyê rf*aufisi cruels que tous. (Racine.)

% 406. L'emploi étendu qu*a pris la préposition cfe, particulièrement dans le seiis qui rient d"être indiqué en dernier lieu, l'a rendue dans quelques cas tout à fait explétire.

l*" Telle est la préposition de devant un substantif précédé lui-même d'un qualificatif (adjectif ou substantif).

Un diable (f homme, un drôle de corps.

On fripon d'enfant. (La Fontaine,)

Un saint homme de chat. (Id.)

Certains impertinents de laquais. (Mouàns.)

Sa folle de mère. (M"* de Sévigné.)

Cette tournure n'appartient du reste qu'à la conversation ou au a^le familier.

2^ La préposition de est encore eicp^ive devant un inii-

SYNTAXE DE I. PEÉWSinOlï. — § 406 315

nîtif feîflant ftmctîoïi de isnjet, rtmn mis tiprts les verbes impersonneb ou après le verbe être et tio attribnt. £x. : il est honteux de mentir ; — il arrive à tout le monde de se tromper.

// est important L'essentiel est (ou c'est)

l ée

sehtiber.

!Se taire (sujet) mt{verie) le parti le pios sûr {at^ tribut).

Souvent la préposition de, dans ces sortes de constructions, est précédée de la conjonction ç!«e, également expiétive. Ex, : c'est se moquer que d*4igir aiod.

Quelle folie que d'H^T ainsi! {La phrase complète serait: quelle folie c'ttt que «f'agir €iinsi !

JSst-ce un «i gihsA aiaMwxir que de oesser de vÎTve?

(Bacdxjl)

8'' Z>e est explétif i^rès le pronom qm employé interrogativement et iadiquant une comparaison. £Jx. :

Qui, de TÂne ou du maître^ est fait pour se lasser ?

<LiA Fontaine,)

4* De est encore explétif dans les proposîtions subordonnées qui mi'vent plutôt que et les locutions comparatives il vaut mieuXy autant vaut, faime mieux. Ex, :

€ Ceux «qui nuiseiiCè la réputation des autres plutôt que de perdre im bon mx^t, méritent une peine iafamante. »

(La Bruyère.)

€ lU aiment mieux savoir beauocrap qœ de savoir bien. »

<La BftUYiXtS.)

816 GRAMHAniE FBANÇAI8E.

Mais si deux mfimti& sont opposés ron & Tantre, on pent, Breoplutôt, exprimer on omettre la préposition de, Ex. :

Plutôt mourir que de commettre une lâcheté.

Plutôt souffrir que mourir,

Telle est la devise des hommes. (La Fontaine.)

50 De s'emploie encore d'nne manière explétive dans quelques locutions qui forment des gallicismes. Ex. :

Le diable soit de lui (c'est-à-dire s'empare de lui).

On dirait d'un enfant.

Si j'étais de vous, si j'étais que de vous.

Peste de Tavocat î — Ah ! peste de toi-même I

(Eacine, les Plaideurs,)

§ 407. Enfin de s'emploie, comme on Ta vu (§330, III), devant V infinitif de narration, Ex.:

Grenouilles de rentrer dans leurs grottes profondes.

(La Fontaine.)

§ 408. Les prépositions à et de ont donc des sens contraires : la première indique surtout la tendance, la seconde réloignement. Aussi sont-elles souvent mises en opposition pour indiquer la distance d'un lieu ou d'un moment à un autre. Ex, :

De Paris à Eome. 1 Du matin au soir.

De vous à moi. | De cinq à six heures.

Remabque I. Pour exprimer la distance d'un lieu ou d'un moment à un autre, on oppose quelquefois à de la préposition en an lieu de la préposition à, Ex. : il dépérit

de jonr en jour; planter des arbres de loin en loin (on dit aussi : de loin à loin).

Je Tais efe fleur en fleur et cTobjet en objet. {La Fontaine.)

Oette opposition des prépositions de et en forme quelques autres locutions adverbiales : rf'outre en outre ; de point en point ; de temps en temps ; de mieux en mieux.

Bemarque II. Dans les comptes par approximation, on peut exprimer ou omettre la préposition de. Ex, : j*ai compté de 20 à 25 peupliers, e/e 20 k 25 personnes ; ou : j'ai compté 20 à 25 peupliers, etc.

Mais lorsqu'il n'y a pas de nombre intermédiaire, on se sert plutôt de la conjonction ou. Ex. : j'ai compté 25 ou 26 personnes.

Remarque III. Il y a une différence de sens entre les locutions :

àmoi^

à TOUS,

à lui, ecc.

et : c'est à moi. \

— avons, I de..

— à lui, etc. )

La première indique que le tour de quelqu'un est venu pour faire quelque chose ; la seconde, que c'est son droit ou son devoir. Ex. :

C'est à vous à vous reposer. | C'est à vous d'obéir.

§ 409. A travers est immédiatement suivi du complément, et signifie au milieu de; au travers demande la préposition de^ et suppose des obstacles à traverser. Ex. :

Se frayer un chemin à ^ra- 1 Se frayer un chemin au vers la foule. I travers de mille dangers.

§ 410. La préposition entre ne se dit en général que de deux objets considérés au point de vue de la distance qui les sépare, ou bien au point de vue de certains rapporta

81B GBAIDCMRE I^ANÇAI^.

de réciprocité oa de resBemMafioe. Ex, : Sonefi est entre le Havre et Paris. Il est partagé entre la crainte et l'espélanoe. Les hommes doivent «'«Mer entre ^9jl, Il ftii iroaTé entre les morts.

Parmi a un sefns plti« ét^ridn que la ïjfrépûsitkrti entre. n signifie a» mtïmi de, et ne s'emploie tjne devant nn nom au pluriel on devant nn collectif. JEVt.r il ftit trouvé pormi les blessés; ou : parmi la foule des blessés.

g 411. On a déjà vu (| B67) que la préposition quant à ne doit pas être confondue avec la conjonction quand. Ex. :

Çuànt à VïKÀ, je pas». \ i)u4xni je partirai.

§ 412. Voici y comme les adverbes ci y iciy ittèique un objet rapproché, voilà indique un objet éloigné. Par aiiite, voici annonce ce qui va être dit, voilà rappelle ce qui vient de Tétre. Ex. :

Foztfi ma maison.

Void ce que j'' ai à vous répondre.

Voili^ au bout de cette

iTie^ la maison du médecin.

Voilà tout cequej'aiàdire.

EfiM^ustQUfi. Void foTflfte «vec riufinkif vernir la loontioa voici venir, qui s'explique par Tétymetogie 4e ce mot (Foyez§162, HiST. III).

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