CHAPITRE IX
§ 4i3. Au fKÀiit de vue de la syntaxe, on éîstitigiBe parmi les conjonctions :
!• Celtes qui servent k tier de simples mots ou des propositions coordonnées (car, m eff^t, donc, mais, cependant^ néanmoins, ùr, et, m'y ouj soit, comme) ;
2* Celles qm Kent aux proposifcrônB principales les propositîoiis snbordoxmées {si, comme, comment, quand, pourgruoi), et snrtont ht conjonction que et celles qni en ttérirent lorsqm, jmsque, quoique, soit que, etc.
Noos nons bornerons anx principaleB obserrations à faire sur les nnes et sur les antres,
1^ Conjonction sertmnt d lier de simples ^mois tt des pr>epositmis eo9rdmnées.
§ 4i4. Lorsque deux com^éments on «lembies de phrase doivent contenir la préposition ^an^ on Tidée négative qu'elle indique, on peut répéter cette préposition en QiiiBBant les deux compléments ou les deux membres de phrase par la conjonction et; on peut aussi n'exprimer sans que dcTant le premier complément et le premier membre de pbnuis, et metôre m'eai t^4e6«eGeDdB. Ex. :
sans peiue et sans travail ; 1 sans peine ni trayail; aans parlerW sans pens^; {«ans parlern« penser.
§ 415. Aux conjonctions servant à lier des propositions coordonnées on peut ajouter des adverbes qui font quelqnefois office de oonjonctious : amssi, aussi bien, toujours, rm resit, du mains, etc. Ex^ :
aussi ai-je pris la résolution de partir^
^ au reste, aussi bien 3 ^ ^ ast4iscui«ble.
dnnmiis,tmjowr%eÊ^il que ^ «»i,wowmi»m«>.
2** ConJ4mctwnsservwU àUerdes^opmiéèom salordtmnëes.
§ 416. De toutes ces tsonjonctioas, que est celle dont remploi est àet)eaucouple plus étendu. Cette conjoncïtion se construit, tanAât «?ec rinàicatif, taoMt m^e le mhjonctif ( Voyez § 294-295) ; et elle se renoontre, «oit isolée, soit unie à dilQfërenteB parties du discours.
320 GBAMMAIRB FRANÇAISE.
V Que est souyent précédé d'un démonstratif (adjecfeiî on pronom), particulièrement des pronoms neutres ce, cecty cela. Ex. : l'histoire a cet avantage ji^...; Tavantage de rhistoire, c'est que...; ils ont cela de commun que...
Joint au démonstratif ce^ il forme les locutions conjonctives en ce que, de ce que, jusqu'à ce que, parce que, etc.
2"" Que s'unit à diverses prépositions, soit immédiatement {après que, avant que; dès que, depuis que; pow^ que; sans quç; selon que), soit par l'intermédiaire d*un substantif (de sorte que, de peur que, afin que).
B^ Que s'unit au conjonctif neutre quoi pour former la conjonction quoique.
4° Que s'unit encore aux adverbes de quantité tant, autant, si (tant que, autant que, si... que), et aux adverbes de temps lors (pour afors) etjpuis {lorsque, puisque).
5° Que se met après les comparatifs (adjectife ou advCTbes) : meilleur, mieux que; moins que, etc*
I 417. Remarque I. Il ne faut pas confondre les conjonctions parce que, quoique avec les locutions par ce que, quoi que. Ex.:
Je dis cela, parce que\^ le sais. (Pour distinguer cette conjonction delabcutionpar ce que, on a joint en un seul mot ce à la préposition joar.)
Le fait est vrai, quoique peu vraisemblable.
Par ce que je sais, je vois que j'ai beaucoup à apprendre.
Quoi que Ton puisse en croire, le fait est vrai.
§ 418. Remarque II. Lorsque et puisque peuvent quelquefois s'écrire en deux mots, séparés par une conjonction ou par un adverbe. Ex. : lors même que... ;pms donc que...
§ 419. Remarque III. Divers emplois de la conjonction que sont à noter :
1*" Que se met quelquefois au lieu à^pour que^ après un nom indiquant une cause, un motif. Ex. :
c H n'y a pas de raison yw'une dignité tue celui qui en est revêtu. » (La Bruyère.)
2* Que^ dans certaines locutions conjonctives, tient souvent lieu de par qu% par lequel, auquel, duquel, etc. € Je regarde les choses du côté qu'on me les montre. »
(Molière.)
« On a pu vous prendre par Tendroit seul que vous êtes prenable. » (Tp.)
3** Que se met au lieu de si ce nest. Ex. :
c Vous voyez des gens qui entrent sans saluer que légèrement. » (La Bruyère.)
^ Que vois-je autour de moi, que des amis vendus?
(Racine.)
Bien n'est beau que le vrai. (Boilbau.)
4** Que tient parfois lieu de lorsque, depuis que, à moins que, sans qtce. Ex, : il était à peine sorti, que la maison s'écroula; je parlais encore, qu'il était déjà parti; il y a plusieurs années que je ne l'ai vu. Il ne fait pas de voyage. qu'il ne lui arrive quelque accident. Je ne partirai pas que tout ne soit prêt.
5* Queipent remplacer toutes les conjonctions qui en sont formées dans les membres de phrase où ces conjonctions devraient être répétées. Ex. : lorsqu'on regarde et qu'on voit... ; à moins qu'on ne pense et ^w'on ne dise...
Puisqu'on plaide et qu'on meurt, et qu'on devient malade.
(La Fontaine.)
Que remplace de même, par analogie, comm^, quand, si. Ex. : comme j'ai parlé et que vous avez entendu ; quand j'ouvre les yeux et qu£ je considère... ; si vous dites une chose et que vous en pensiez une autre... On le voit, mis à la place de si, que est suivi du subjonctif.
M2 GBAMMÂIÏtB FEAl^AISfi.
6* Que ê'emptoie d^ane mftûîèi^ «^plétire dants les bxclamations et dans ées phtVMBes où r«m t«at toMrqiwr quel* que emphiM. S<x\ :
€ Qael supplice que d'ente&dïe dédamer pompettsenent on ^id dkoMFS 1 » <IiA Bruyers.)
EBckreB fue movm flommee Et des rignevrs da tBort et été dUso^ru des honmies 1
(Eacine, Iphigénie.)
La oiieUe ^'«Ua 6«tae bouche les oreilles.
(Malherbe^
8^ Conjonetmns empioféeê âùm des ftyspomtéom principales ou indépendantes^
§ 420. Les conjonctions st et qm, employées enfésiteid en tête des propositîoiks «nbcndonHées^ «e tro«v«nt quelquefois dam des propositions principales on indépendantes. On ne peut j voir des pïOpoaitiotts «abordoBaées qu'en supposant quelque ellipse^ ce qui n'est pas toujours nécessaire.
1"^ Si «'emploie ainsi dans les formules de fiomhait. Ex. : Oh l st je pouTaifl J (Oh ! que Je serais heureux, si Je pouvaîa..^ 1
Remarque. Si s'emploie aussi que!qtMft>Bl dans ie» propositions coordonnées po«r marquer k «eooiide partie d^e intetTOgaiioii. Sx.:
Juste ciel 1 me trotepé-je -encore à l'eppareBoe,
Ou si je Tois eofin mon unique espérance ?
(Corneille, le Cid)
2^ Que «'emploie dans les propositions principales, pour indiquer un ordre, unaouhait, une concession, une supposition, une exclamation. Ex. : çuil parte. — Que ne yientil? — Que Dieu Teille «or vous 1 •— Eh bien l quÛ Tienne» — Il aiurait to«B les trésors du monde qu'il ne serait pas satisfait.
« Que Diea retire s» main, h iQ^nde retombe dans le néant. > (Bossuet.)
Mais que dorénaTantonmeblâme, on me loue...
J'en veux faire à ma tête. (La Fontaine.)
Moi ) qm je lai proBonce un arrêt si sévère !
(Eacine, Brùannicus.)
Mais que ma emanté succède à ma colère !
Non, seigneur, ywe les Grecs cherchent quelque autre proie.
(Eacine, Iphigénie.)
Quand on lit en tête d'un chapitre : ^ Que la vertu est le plus grand des biens» » on doit sqpposer l'ellipse de la proposition principale, par exemple : il va être démontré.,.
§ 421. Il faut distinguer «t eonditionnel, qui exprime aussi le souhait (| 420, 1**) et si dubilatif. Ex.: Cet enfant sera récompensé, s'il fravailk (st conditionnel); je ne sais s'il méritera une récompense (s« dubitatif).
On voit que^ après le si conditionnel, le présent se met pour le ftitur, mais que le futur se maintient après la si dubitatif.
[Gbammaiiie coHPABATnrB. — Si conditionnel répond au si des Latins ; si dubitatif, à utrum ou an,]