‹ Nouvelle grammaire françaiseChapitre 2 sur 176 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

M LA PBEHIÉBB ÉDITION (1877)

J'ai exposé, dans la "Préface du Ooun êUmentcâre^ Fesprit dani fequel est conçue la présente Grammairey et qtd est commun aux trois cours dont elle se compose. Il consiste A s'abstenir, dans renseignement grammatical, des procédés purement mécaniques, et à y substituer des procédés logiques. Cette méthode est souvent aussi simple que Tautre, et elle est assurément bien plus féconde pour Téducation de Fesprit. Sous prétexte de ménager Fenf ant, on se méfie trop en général de son intelligence ; on énerve et Fon fausse son esprit^ en le dispensant de réfléchir, et ea lui montrant dans la grammaire un amas de règles sans lien et sans cause . Il faut une doctrine, et une doctrine rigoureuse.; mais, pour qu'elle soit rigoureuse, il n'est pas nécessaire qu'elle cesse d'être simple. Il suffit que le grammairien ne déduise pas toutes ses raisons, qu'il donne seulement celles qui peuvent être facilement comprises, qu*il jette les bases d'un enseignement plus large et plus élevé, et qu'il ne dise rien qui doive être contredit par une étude plus approfondie de la langue et de la grammaire.

Plus que personne, je sais que Fenseignement vit de traditions, et que les traditions sont respectables, tant que leur maintien ofEre de» avantages, ou même seulement est sans inconvénients. J'ai donc, dans ce cours^ comme dans le précédent, conservé de la grammaire traditionnelle tout ce qui n'est pas contraire à une saine doctrin e grammaticale.

Ainsi j'ai malnteQU les anciennes dénominations de ver5b» actifs^ verbes neutres y et verbes passifs, etc. J'ai gardé la division consacrée en adjectifs qualificatifs et adjectifs déterminatifSf bien qu'on ait fait observer avec raison que tous lea adjectifs sont déterminatifs ; mais je n'attache pas grande importance à^ ce qu'on peut appeler la métaphysique gramma^ ticÂle.

II PBÉFAOB.

Moins hardi que quelques aatenrs d'ouvrages élémentaires récemment publiés, je n'ai eu garde de supprimer Vartich et d'en faire un adjectif démonstratif. C'est là un excès de doctrine qui ne me paraît nullement justifié. Uarticle est une espèce particulière de mot, qui n'existe pas dans toutes les langues, mais qui, dans celles où elle existe, joue un rôle à part et tout à fait distinct de Fadjeotif . H est vrai que je ne recon. nais o^ rôle distinct qu'A l'article défini (le, la, les). Quant à ce qu'on a appelé article indéfini (un, fine, au pluriel (ies), œ n'est, en réalité, pas autre chose qu'un adjectif indéfini.

Mais si j'ai prouvé, par ce respect de la tradition grammaticale, mon peu de goût pour la nouveauté, je ne pouvais aller jusqu'à respecter ce qui est en contradiction avec la logique.

Je ne pouvais, par exemple, pour rester fidèle au bon Lhomondj garder les mots de nominatif et de régimey qui sont des restes de l'ancienne grammaire française, toute calquée sur la grammaire latine, qui n'ont rien à faire avec notre langue, et qu'il faut absolument remplacer par les mots de sujet et de complérnent^

Je ne pouvais davantage maintenir, comme une des par* lies du discours, le participe; car le participe n'est qu'un mode du verbe, et il est rangé parmi les modes même par Lhomond et par les grammairiens qui, à son exemple et yar une contradiction flagrante, en font une espèo^ distincte ^armi les mots.

Il m'était encore moins possible de conserver 1& trop f a^ meuse règle de la formation des temps d'après cinq temps primitifs. C'eût été consacrer la regrettable confusion des temps et des modes, confusion qui est par là introduite dans l'esprit des enfants, et qu'il est si difficile de déraciner plus tard. Mais^ comme il ne faut rien détruire sans le remplacer, je me suis attaché à retrouver les avantages didactiques des anciens temps primitifs {présent de Vinfinitif, présent de Vindicatif parfait défini, participe présent, participe passé) par une division nouvelle, qui a l'avantage de ne pas soulever d'objections au point de vue logique et grammatical. A la division en prétendus temps primitifs, où temps et modes sont bizarrement enchevêtrés, et qui n'est qu'un procédé mnémonique pour apprendre la formation des temps, je •ubstifue cinq temps réels. Je les appelle temps principaux,

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