FORMATION DU PLURIEL DANS LES ADJECTIFS
§ 58. Règle générale. On forme le pluriel des adjectifs, eomme celui des substantifs, en ajoutant une s au singulier.
Il n'y a pas d'exception pour le pluriel du féminin.
Pour le pluriel du masculin, il faut excepter seulement :
1° l'adjectif tout, qui devient totia ;
2® les adjectifs terminés par une s ou un a?, lesquels, comme les substantifs, ne subissent aucun changement. Ex. : épais, jaloux.
Remarque I. Les adjectifs terminés en eau prennent um X au pluriel. Ex. : beaux, nouveaux.
Il en est de même de l'adjectif A^Jret^ (les livres hébreux). Mais on écrit tleus d'après la règle générale.
Remarque II. Les adjectifs terminés en aï font leur pluriel en aux. Ex. : égal, égaux; brutal, brutaux.
L'Académie n'admet qu'une exception, c'est le pluriel fatals, qui n'est guère usité.
On peut citer comme n'ayant pas de pluriel masculin les adjectifs colossal j filial, frugal, glacial^ jovial, matinal, nasal, natal, naval, pénal, etc.
y Remarque III. Comme pour les substantifs, on a prc posé de supprimer devant Vs du pluriel masculin le t final des adjectifs terminés par ent et ant. Rien n'autorise cette suppression. On doit écrire : prudents^ constants.
POSITIF, COMPABATIF, SUPERLATIF. — § 59 39 POSITIJ", COMPABATIF ET SUPERLATIF.
§ 59. Les adjectifs qualificatifs peuYent aroir plusieurs degrés ds signification :
I^ le positif, qui indique la qualité sans comparaison ;
2<* le comparatif, qui indique la supériorité, Tinfériorité ou l'égalité; 3** le superlatif, qui indique une qualité portée au plus liaut degré.
Les langues anciennes marquaient le plus souyent le comparai if et le superlatif par une modification de la terminaison du positif. Le français marque ces degi'és de signification en ajoutant des adverbes à Tadjectif. Ex. :
V Positif : Saint {en lat, sanctus).
2® Comparatif: Plus saint (en latin sanctior).
3* Superlatif : Le plus saint, très saint (en latin sanctissimus).
[Origines latines et Histoire. — La langue française ne possède en réalité que trois comparatifs d'adjectifs, qui lui viennent tout formés du latin, et qui sont :
Meilleur (melioi*em), qui sert de comparatif à bon;
Pire {pejor)f — — à mauvais;
Moindre {minor), — — k petit
Le sens du comparatif est presque effacé dans les adjectifs suivants, mais ils ne peuvent être précédés de plus :
Majeur, mineur, qui viennent des comparatifs latins majorem, minorem;
Antérieur, postérieur; du latin anteriorem, posteriorem;
Citéneur, ultérieur; — citeriorem^ ulteriorem;
Intérieur, extérieur; — interiorem, exteriorem;
Inférieur, supérieur; — inferiorem,superiorem;
Plusieurs; — pluriores, dérivé de plures.
Remarque. La langue française a formé quelques superlatifs en issime, à Fimitation des Latins, ou plidiôt des Italiens, qui vnt emprunté cette terminaison au superlatif latin.
Ces sortes d'adjectifs ne sont usités que dans certaines fornuies de cérémonie {amplissime, éminentissime, illustrissime, férénissime), ou, au contraire, dans le langage familier (richissime, rarissime, savantissime, ignorantissime).
Laterminaison tssïme aformé aussile BubBtSiùtiî généralissime.]
40 GBAMMAIRE FRANÇAISE.