‹ Nouvelle grammaire françaiseChapitre 53 sur 176 · PLURIEL · texte numérisé non relu

PLURIEL

l*** personne : on8| à l'indicatif présent et à l'impératif [aimons, nous aimons); id. au futur [nous aurons).

—'■ ions, à l'imparfait de l'indicatif (nous avUms, nous aimions) ; id. au conditionnel [nous aurions, nous aimerions) ; id. au subjonctif du présent et de l'imparfait (que nous aimions, que nous aimassions) ; , au parf. défini [nous fûmes, nous eûmes, nous aimâmes, nous reçûmes, etc.) et au présent du verbe être : nous sommes.

2* personne : ez, aux temps et modes où la l*^ personne se termine en ons.

— ie«, aux temps et modes où la 1" personne se termine en ton*.

— te8, au parfait défini, quand la l** personne se termine en mes;

et au présent du verbe être : vous êtes.

$• personne : ent, au présent de l'indic. et du subj. [ils aiment, qu'ils rendent), excepté dans quelques verbes : ils sont, ils ont, ils vont. Us font;

— id. k l'imparfait et au conditionnel (ils avaient, ils aimaient,

ils auraient),

— ont, au futur de tons les verbes (iU seront. Us auront, ils ai-

meront, etc.).

— rent, au parfait défini (ils eurent. Us furent, ils aimèrent, etc.).

90 aEAMMAIRB FRANÇAISE.

Remarque I. — Première personne du singulier.

[Histoire. — Dans l'orthographe actuelle, il y a une s à la première personne du singulier des temps simples de rindicatî£ et du conditionnel de toutes les conjugaisons, sauf au futut il n'y a d'exception que pour l'indicatif présent de la premièrb conjugaison (nous ne parlons ici que des verbes réguliers), Dana la vieille langue française, il n'y avait jamais d^s à la première personne ; bn écrivait je reçoi, je rend. Vs s'est introduite sans doute par analogie avec la deuxième personne. Mais Tusage de n'en pas mettre à la première personne s'est longtemps conservé en poésie, non par licence, mais par souvenir de Tancienne langue. Mx. :

Grâce au Ciel yentrevoi

Dieux I quels ruisseaux de sang coulent autour de moi .1

(Racinb, Andromaque.)

Ce discours te surprend, docteur, je Yaperçoû L'homme de la nature est le cjief et le roi.

(BOILBAU, Satire VUE.)

La mort a respecté les jours que je te doit

Pour me donner le temps de m'acquitter vers toi

(VOLTAIEB, Henriade.)

[Origines latine& — Si le vieux français ne mettait pas d's à la première personne du singulier, c'est qu'il n'y en avait pas en latin : De credo venait je croiy de prendo (pour prehendo), je prend. Si, au contraire, il y a une s à la deuxième personne, c'est qu'il y en a une en latin ; credis^ tu crois; prendiSj tu prends.]

Remarque II. — Detcxtème personne du singulier.

On a vu qu'il y a une s à la deuxième personne du singulier, pour tous les temps et pour tous les modes^ excepté à l'impératif de la première conjugaison. Mais cette s reparaît, môme à ce mode, pour cause d'euphonie, quand le verbe est suivi rfes mots en et y. Ex. : Tu as entendu le commencement de cette histoire : écoutes-en la fin. Vas-y toi-même. Voici des fleurs; cueilles-en.

Remarque III. — Troisième personne du singulier.

[Histoire. — A la troisième personne du singulier, il yaunt au présent de l'indicatif dans tontes les conjugaisons, excepté

DÉSINENCES DES VEEBES. — § 115 91

dans la première. Dans la vieille langue française, il y en avait partout, même au présent de l'indicatif de cette conjugaison, et même au futur de toutes les conjugaisons. C'est primitivement pour cette cause, et plus tard par raison d'euphonie, qu'un t a été mis à la troisième personne des verbes conjugués interrogativement, devant les pronoms commençant par une voyelle ; mais aujourd^ui ce t est séparé du verbe et du pronom par un trait d'union (Voy. plus haut, § 104, Rem. m, Oriqinks latines).]

Le * a disparu après les radicaux terminés par un d, parce qu'il devenait inutile et difficile à prononcer (il rend, il mord, au lieu de il rendt, ilmordt),

A la troisième personne du singulier de l'imparfait du subjonctif, il y a un accent circonflexe sur la terminaison, par suite d'une contraction. Ainsi .*

Qu'il fût s'écrivait autrefois qu'il fust ;

— eût — — etist ;

— aimât — — aimast ;

— finît — — finistj etc.

Les formes en st étaient elles-mêmes contractées de formes plus anciennes, qui venaient du plus-que-parfait du subjonctif iatin ; fuisset, hahuisset, amâsset, finisset^ etc.]

Remarque iv. Personnes du plutnel.

Il y a un accent circonflexe sur Tavant-dernière syllabe de la terminaison du parfait défini, aux deux premières personnes du pluriel, dans toutes les conjugaisons. Ex. :

Nous aimâmes, Vous aimâtes ;

nous finîmes, vous finîtes,

nous reçûmes, vous reçûtes,

nous rendîmes, vous rendîtes.

\Obigines latines et histoire. — Cet accent circonflexe prodent d'une contraction produite par la suppression du v latin dans les verbes de la i'« et de la 4* conjugaison, JEoî. amammus. nous aimâmes \finivimus^ nous finîmes. L'usage n'a pas adopte l'accent circonflexe pour la 3® personne du pluriel, bien que la même contraction s'y soit produite ; mais il l'a étendu à la 3® conjugaison, où d'autres contractions ont eu lieu : recepimus,

92 G^RAMMAIBE FRANÇAISE.

nous reçûmes ; recepistis, vous reçûtes ; reddidimus, nous rendîmes ; reddidistis^ mous rendîtes. Dans rancienne langue française, jusqu'au XVIP siècle, on écrivait : nous aimasmes, vous aimastes; nous finismes, vousÂnistes, etc.]

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