CHAPITRE TL
§7, Lea royelles se distinguent, selon la dnrée de la prononciation, en hrèves et en lonifues.
On appelle brèves lea voyelles dont la prononciation est rapide ; îon^uês celles donti le flon a*alloBge davantage. Par exemple :
a est bref dans pa/fe et long dans paie; e — îrompetiû — jfvêire!
i ^ — irniê — gtk;
o — rohe — rôle;
u — cn^he — bûche.
L'nsage apprendra lea voyelles longues et les brèves. Mais U est bon de remarquer que, en français^ lea voyelles auivieB d'nno cousonne redoublée sont ordinairement brèves. Ex* : adresse, marmotte, ombrelle, etc, (On excepte les voyelles qui précèdent deux rj Ex, : vcrret terre.)
§ 8* Les variétés de prononciation des voyelles, anrtonfc de l'f, sont maro^uéea par des signes, placés au- de sa us de COB voyelles dans récriture et nommés accents.
11 y a trois accents : Vmgu {'), le grav& ('), le cùxonfflexe ("),
Eemarqite. -» Les accents ne servent souvent^ dans récriture, qu'à distinguer les mots qui se composent des mêmes lettres. Par exemple :
On n'accentue pas ou, conjoncU; on accentue où, adverbe;
— la, art. fém. — là, adverbe;
— a, 3« per$. sing. — à, préposiL;
du verbe avoir.
— des, adjectif — dès, prépos.
indéfini pïun
f'HiSTOiBB. — L*accent circonflexe indique en général une syllabe devenue longue par suite de la suppression d'une lettre, et le plus souvent d'une 5. Ex, :
Fête s'écrivait autrefois teste (Vs subsiste dans les dérivés
festiriy festoyer, festival) ; vêtement — Testement {Vs subsiste dans le moi
veste) ; \,àie — coste [Vs subsiste dans les compo£é£
accostir, intercostal) ; bête ^ beâte (l*d subsiste dans radjectifèes-
Ual) ; âme — anme (d'où animé);
âge — aaçe (ici l'accent circonflexe indi-
— dique la contraction).]
[* Origines latines. — Les lettres supprimées dansées mots et dans d'autres mots semblables apparaissent dans les mots latins dont ils sont formés. Ex. :
fête de festum;
vêtement, de vestimenium ;
{veste vient de vestem,) côte de costam; béte de bestiam ;
âme de animam;
âge de f œtatictm (dérivé de œtatem) ;
apôtre de f apostolum;
rôle de f rotulum;
abîme de f abyssum.
L'accent circonflexe se met encore sur des voyelles correspondant à des voyelles qui sont longues en grec ou même sur des voyelles longues en français sans qu'elles le soient en grec. Ex. : dôme (8(0[JLa, maison)^ gnome (yvwijlyj, pensée, esprit) ; pôle, (•JToXoç), etc.
N. B. Les noms latins, surtout ceux de la 2* et de la 3« déclinaison, sont indiqués à l'accusatif, parce que c'est de ce cas que sont venus en général les substantifs et les adjectifs français. Les noms précédés d'une croix (f ) appartiennent à la basse latinité.]
§ 9. Oa distingue trois sortes d'e ; Ve muet, Vé fermé, Yè ouvert.
1° Ue muet est ainsi appelé parce qu'il a un son sourd et à peine sensible, par exemple dans je ferai, table, pluie, etc. Il ne porte pas d*accent. Les syllabes dans lesquelles se trouve uu e muet s'appellent syllabes muettes,
2° Ué fermé est ainsi appelé parce qu'il se prononce la
boQche presque fermée^ par exemple dans équité, témé* rite. Vé fermé est marqué de raccent aigu (é), excepté quand sa prononciation est déterminée par une consonne^ comme dans nez, rocher, verger, aimer.
8® L'è ouvert est ainsi appelé, parce qu'il se prononce la bouche presque ouverte, par exemple dans : père, mère. Il est marqué de l'accent grave {è) ou circonflexe {ê), excepté quand sa prononciation est déterminée par une ou deux consonnes, par exemple dans chef, net, ver, amer, peste, reste.
Rebiaeque. — làC, suivi de r finale, a tantôt le son d^é terme, comme dans gosier, bouclier; tantôt celui d'é ouvert, comme dans /èr, enfer. Il a toujours le son d'^ fermé à l'infinitif de la l'« conjugaison. Ex. : aimer.
§ 10. It'y se prononce comme un i ou comme deux 1.
V II se prononce comme un i au commencement et à la fin des mots ou des syllabes. Fx. : yacht, hymne, yeux, martyr, physique, style, jury, dey, presbytère.
2** Il se prononce comme deux i, quand il a un son double portant sur deux syllabes. Èx. : pays, payer, noyau, royaume. — On prononce pai-is^pai-ier^ noi-iauy roi'iaume, etc.
[Étymologie. — L'y s'appelle y grec parce que la plupart des mots dans lesquels il entre sont tirés du grec, où ils ont un u. Cet V se prononçait autrefois et se prononce encore aujourd'hui comme uni].
• [Histoire. — Quelques mots, autrefois écrits par un y, s'écrivent aujourd'hui par un i marqué d'un tréma (ï). ,
Ainsi l'on écrit : ^ ^
Baïonnette au lieu de Bayonnette (bien que le mot vienne de Bayonne, ville où cette arme a été, dit-on, inventée).
Naïade au lieu de Nayade (d'une manière plus conforme à l'étymologie grecque, Natà86ç).
Faïence au lieu de Fayence, de la ville de Faènza {Itaîié), où a été fabriquée pour la première fois la poterie de terre vernissée.
Païen au lieu de Payen (du latin paganum).
6 GBAM1£AIBE FRANÇAISE.
§ 11. 1. Les six voyelles a, e, i*, (?, u, y, sont figurées par une seule lettre. Mais des sons également simples peuvent être représentés par deux et même par trois lettres, et s'appeler aussi voyelles.
Ces dernières voyc/fes, qu'on peut appeler voyelles cornposées, se distinguent des diphtongues, qu'on verra plus loin (§ 13), en ce qu'elles représentent un son unique, tandis que les diphtongues représentent un son double.
On compte comme voyelles composées :
au, qui équivaut à t?; Exemple : maux (qui se prononce comme m/)ts) ;
eau, qui équivaut ko; Exemple : bateau ;
ai, ei, qui équivalent le plus souvent à è ouvert (Exemple : faible, peine) ; mais il faut remarquer que ai a aussi le son de é fermé (j'ai) et même celui de e muet (faisant^ bienfaisant);
eu 1 qui se prononcent également par une seule émis-
ou 1 sion de voix ; Exemple : feu, fou.
2. Comme les voyelles simples, ces voyelles composées de plusieurs lettres peuvent être brèves ou longues. Paar exemple :
eu est bref àsms Jeune et long dan^ jeûne, ou — doute — voûte,
ai — vous faites — faîte,
8. Quelquefois les mêmes sons simples se trouvent figurés par la rencontre de deux voyelles réunies d'une^ manière un peu étrange. Par exemple :
ao équivaut à un a seul dan^ faon, paon, taon, Laon,, {i^Tononcez fan, pan, tan, Lan).
— kuno seul dans août, saoul, toast (prononcez oût, soûl, tost).
ae — kun a dans Caen (prononcez Kan).
oë — oua dans kakatoès (on prononce, et TAcadémie écrit aussi cacatois), eui, uei — à un son simple dans deuil, accueil, cercueiL
4. D'autres fois des voyelles s'unissent ftuz consonnes n ou m pour^âgarer nn son simple, qui Semble s'émettre da nez, et qui, pour cette raison, s'appelle son nasal (Voyez § 18) 4). On nomme voyelles nasales les voyelles ainsi com^ binées avec n ou m. Par exemple :
an dans les mots Mn, ancJiots ;
^ en. — encan j entreprendre, vraiment;
in, aim, aln, ein — instinct, inyratjaim^ain, serein;
on — onze, bon;
nn, enn, um — chacun, emprunt, kjeun,parfum:
am ] devant [ — ambition, ampoule;
em / un & y — emballeur, emploi;
im I ou j — imbiber, importer;
om I un^. [ — ombre, plomb; prompt, compte.
[Origines latines. — Dans faim^parfum, Vm représente une m latine {famemy fumum).]
Remarque. — Les voyelles suivies d'une n ou d'une m ne
figurent pas un son nasal, V quand ces consonnes font partie
.4'une autre syllabe.Ex.: é-mouvoir, é-meute, pa'nais,menery
finir, mo-na7*que, u-nir {en-ivrer a le son nasal); 2** quand
Yn est redoublée, Ex. : ennemi, tonner (on excepte ennui).
Il n'en est pas de même de Vm redoublée, qui gardesouvent le son nasal. Ex. : emmener, emmancher (excepté .* femme ^ flamme, gemme, etc.).
§ 12. Les voyelles o, e se réunissent quelquefois e^^ une lettre double {œ), qui le plus souvent correspond à un e muet {Ex. : bœuf, œuvre, sœur), ou à un ^ fermé {Ex. : Œdipe, œsophage), mais qui a le son eu dans ©tV et ses dérivés : œillade, œillet, etc.