SYNTAXE. — TEMPS DES DIFFÉRENTS MODES
avoir parlé est un infinitif passé, devoir parler est un infinitif futur. Mais, pour avoir le temps véritable de l'action marquée par un infinitif passé ou futur, il faut encore tenir compte du temps et même du sens du verbe qui le régit. Dans « il croit l'avoir convaincu », Faction de convaincre est passée; elle est plus-que-passée dans « il a cru l'avoir convaincu »; elle est antérieure au futur dans « il espère Tavoir convaincu quand il partira ».
Aussi, quand Faction du verbe qu'on doit mettre à l'infinitif est passée, mais contemporaine de l'action du verbe principal, on emploie le présent, et nonle passé de l'infinitif: <i Je Tai vu partir. » Il y a cependant quelques exemples de l'infinitif passé employé dans ces conditions : « J'ay vu un duc de Oestre estre allé à pied sans chausses » (Commynes, édit. de M"* Dupont, III, 4). « Il avait eu tort de ravoir refusé » (Malherbe, édit. Lalanne, II, 36. Lexique, p. XLI).
Si l'on établit la concordance des temps de l'infinitif avec ceux de l'indicatif, on verra que le présent de l'infinitif correspond à la fois a.\i présent, à Y imparfait, au futur et au futur dans le passé de l'indicatif.
Comparez : Il sait y être, et II sait qu'il y est. Il savait y être; Il savait qu'il y était.
Il compte partir demain ; Il compte qu'il partira
demain.
Il comptait partir le lendemain ; Il comptait qu'il partirait le
lendemain.
Vinfinitif futur proprement dit {devoir partir) n'est utile que si le verbe principal ne porte pas en lui Pidée de futur: « Il savait devoir partir \q lendemain. »
Le passé de l'infinitif correspond aux passés, au plusque-parfait, au futur antérieur et au futur antérieur dans te passé de l'indicatif.
Comparez : Il croit avoir fini, et II croit qu'il a fini.
Il croyait avoir fini; Il croyait qu'il avait fini.
Il -compte avoir fini avant votre II compte qu'il aura ^m.
départ ;
Il comptait avoir fini avant votre II comptait qu'il aurait
départ; fini.
Participe. — Il y a deux participes essentiels: le participe ac^i/ (dit joresen^), et le participe joas^i/* (dit passe). Le premier donne au nom avec lequel il s'accorde la qualité d'agent de l'action, le second lui donne la qualité de patient. L'un ou l'autre de ces participes exprimera une action (faite ou subie) présente, passée ou future, suivant le temps du verbe à mode personnel auquel il sera joint : (i Reconnaissant son ami, il courut au-devant de lui. » L'action de « reconnaître » est passée comme celle de « courir».
Sur la valeur du participe passé dans les temps composés, voyez le chapitre I de la Syntaxe du Verbe.