‹ Nouvelle grammaire historique du françaisChapitre 31 sur 112 · h^ g dur provient d*un g initial devant o ou w · texte numérisé non relu

h^ g dur provient d*un g initial devant o ou w

1. Quant au c latin initial devant toute autre voyelle que o ou m, ou placé entre deux voyelles, ou entre une voyelle et une liquide, il n'a produit un c dur que dans les mots d'origine savante. Comparez ; cause et chose, qui se rattachent lun et l'autre au latin catLsa\ impliquer et employer, dérivés tous deux de implicare ; gouvernail (de guôemac^ {u)lwn) et miracle (de mirac(u)lum), etc.

OU une consonne (/ ou r), ou d'un ^ placé entre une consonne et un ou un i* ou une liquide (/, r).

gotii latia gfuslum

g^ouverner — g'ubernare

grand — gfrandena

arguer — argfutare

sangflier — singf(u)Iarem

Le g dur provient encore d*un g initial influencé par le w germanique qu'on trouvait dans des mots analoguei.

gaine lalin vagina (prononcé wagina) (/âter — vastare

Dans ce cas, le g a, d*abord été écrit gu, et il a conservé cette orthographe quand la voyelle suivante était un e ou un i {guivrCj de vipera; gué, de vadum). De là vient l'usage d'écrire le g dur par gu toutes les fois que la voyelle suivante est un e ou un i, par exemple dans gueule (de gula).

Exceptionnellement le g dur peut venir d'un c devant o ou Uy ou devant / ou r :

S'enfler latin

conflare

gras —

crassum

gfrille —

craticula

église —

ecclesia

aigu —

aculum

maigre —

macrum

C'est ainsi que le c initial de Claude est devenu un g dans la prononciation de « reine-Claude», et que le c du mot savant « second » est arrivé aussi à se prononcer comme Xkng.

168. — Le ^ devenu final ne se prononce pas, si ce n'est en liaison, où il a le son d'un c. On prononce ; « suer sanA et eau »* C'est qu*en eff'et, d'une façon générale, les

consonnes sonores deviennent sourdes à la fin des mots. On a écrit, et on devrait écrire encore : sanc, lonCy etc. C'est pour mieux rappeler les mots^latins [sanguis, longus) qu'on a substitué un ^ au c final de ces mots.

169. — Le ^ final des mots tels que poing ^ coing, est la trace d'une ancienne mouillure de Vn produite par une palatale : latin pugnum, cotoneum. Nous avons vu, à propos de l'n, que Vn mouillée se notait par gn, A la fin des mots, on l'écrivait ng. Puis la mouillure a disparu dans la nasalisation de la voyelle précédente, mais on a conservé l'ancienne orthographe.

170. — Le c et le ^ redoublés ne se trouvent que dans les mots savants, ou dans les mots populaires dont l'orthographe a été rapprochée de Torthographe latine. Il y a d'ailleurs des contradictions arbitraires dans l'usage: ainsi on écrit aggraver par deux g, et agresseur par un seul. En tout cas, on ne prononce qu'une gutturale, excepté lorsque la voyelle suivante est un e ou un i; alors la première sonne dure et la seconde douce: accès, suggérer. Cette particularité ne peut se rencontrer que dans les mots savants .

171. — Toutes les fois qu'on trouve un c ou un ^ devant une consonne autre que / ou r, on peut affirmer qu'on est en présence d'un mot savant ou d'une orthographe artificielle. Le ^ a été introduit dans l'orthographe du moi doigt pour mieux rappeler le mot latin digitum. Le g' et le c des pluriels tels que joncs, rangs, sont uniquement destinés à rappeler la forme du singulier. Mais dans quelques mots, où la gutturale se prononçait au singulier, l'influence de l'orthographe a été telle qu'on a fini par la prononcer au pluriel, par exemple dans sacs. L'ancienne langue prononçait : « sas » .

Les dentales t et A,

172. — Le t provient d'un t latin initial, ou placé entre une consonne et une voyelle S ou entre une consonne quelconque et une r, ou final et précédé d'une consonne :

tourner

latin

^ornare

Ivonc

iruncum

pardr

* pardre

menait (2)

miWebat

paire (jadis pastrc)

pas((o)r

entrer

inirare

îète (jadis feste)

fes^a

douter

du6(i)iare

charree^e (3)

* carriÉ^a

faie

fac^um

sep^

septem

chan^ani

canfaniem

inulei

* mulii^um

vien^

yen{i)t.

173. — Lorsque le t est devenu final, il ne se prononce plus, si ce n'est quelquefois en liaison, surtout quand Je raot qu'il termine est intimement lié avec le mot qui suit, par exemple dans : « vient-il ? » Le ï final de sept et de huit se prononce encore quand ces noms de nombre sont employés isolément. Quant à la prononciation de vingt-deuXy vingttrois, etc., en faisant sonner le t, elle s'explique par Ve muet qui sépare les deux noms de nombre dans la prononciation, et avec lequel le t se lie. Cet e est le reste de la conjonction et : vingt-et'deux, et par aff'aiblissement vingt-e-

1. Pourvu que celte voyelle ne soit pas un e ou un i en hiatus, car alors, comme nous l'avons vu (§ 161), le < produit un c doux.

2-3. Les deux < du latin se sont régulièrement réduits à un seul dans la prononciation, mais on les a rétablis dans l'orthographe, où ils dispensent de mettre un accent grave sur Ve qui précède.

deux 1. Dans vingt-et-un, c'est sous Tinfluence de Thiatus que et, ne s'est pas affaibli en e.

174. — Le t peut être une consonne euphonique introduite entre la voyelle finale d'un verbe et le pronom î7, par analogie avec les verbes dont la même personne se termine régulièrement par un t. On a dit « aime-t-il » par analogie avec «vient-il». Car il ne faut pas croire que ce t soit un reste du t final du latin amat. Le t de amat et des formes semblables, n'étant pas soutenu par une autre consonne, était tombé dès le xi® siècle, et dans les formules interrogatives on a prononcé longtemps « aime-il » en élidanl IV devant Vi,

Le t peut être encore une consonne euphonique introduite entre une s et une r, quand ces consonnes sont devenues voisines par suite de la chute des lettres qui les séparaient en latin.

ancêtre, jadis ancestre^ latin antecess(o)r ê^re — estre — * ess(e)re

paî^e — paistre — * pas(ce)re

175. — L'usage s'est établi de redoubler le t dans l'orthographe entre deux voyelles, quand la voyelle qui précède n'est pas un e muet. Mais il y a des contradictions non justifiées : comparez ^e^fe et achète, flotter et cahoter^ rate et chatte. La cinquième édition du dictionnaire de l'Académie écrivait patte avec un seul t.

176. — Le d provient de d latin initial, ou placé entre une consonne et une voyelle, ou entre une consonne quelconque et une r.

denier latin denarium droit — d(i)rectum

perdre — perd{e)re

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