Ainsi
le proclitique correspond à lui non proclitique.
te$ masc. — — eux
la ^ — elle
les fém. — — elles
343* — Mais, si illum ne s'est conservé comme article que sous la forme de l'accusatif, il a persisté aussi, comme pronom, sous les formes du datif et du nominatif. Nous avons déjà vu que lui était à l'origine un datif, et qu'il a conservé cette valeur en même temps qu'il prenait celle d'un accusatif. Au pluriel, nous avons le datif leur^ qui signifie proprement d*euXy car il dérive du génitif pluriel « illorum ». Telle est encore la signification du mot leur dans son emploi comme adjectif ou pronom possessif; mais, comme pronom personnel, il a pris la valeur d'un datif^ et d'un datif des deux genres : d eux, à elles.
344. — Le nominatif féminin est identique à l'accusatif; car, dès l'origine de la langue, les mots féminins avaient été réduits à un seul cas (dérivé de l'accusatif) pour chaque nombre. Quant au nominatif masculin, il était ille au singulier et illi au pluriel. Ces deux formes
s'étaient probablement identifiées dans le latin populaire, par analogie avec le pronom relatif, qui avait une forme unique pour le nominatif du singulier et du pluriel. Quoi qu'il en soit, Tancien français disait uniformément il au singulier et au pluriel ; puis on ^ ajouté une s au pluriel, par analogie avec les substantifs et les adjectifs où cette s dérive, comme nous l'avons vu, de V accusatif pluriel latin.
346. — «lUi » a produit il, tandis que illos a donné eh (plus tard eux), Vi bref entravé tonique a donc été traité différemment dans ces deux mots : c'est que, dans illiy il est soumis à l'influence d'un i long final.
346. — L'adverbe de Heu en (latin indè], dont le sens propre est «de là», est arrivé par extension à signifier : de cela, de lui, d*elle, d'eux, d'elles. En ce sens il est pronom personnel.
347. — De môme l'adverbe y (latin ibî), dont le sens propre est «à cet endroit», est arrivé à signifier : à cela. Comparez «j'y vais » et «j'y pense».