PRONOMS PERSONNELS
ont donné deux formes françaises différentes, suivant qu'ils étaient proclitiques ou quils portaient l'accent tonique. Mais chacune de ces formes n'a pas pris une valeur spéciale, comme cela est arrivé pour les adjectifspronoms possessifs. Les doubles formes d'un même pronom personnel ont conservé exactement la même valeur, mais on emploie Tune ou l'autre suivant que l'accent tonique doit porter ou non sur le pronom. Par exemple, quand le pronom précède le verbe, il s appuie sur lui dans la prononciation et n'a pas d'accent tonique propre, on emploie la forme proclitique me: « il me promet de venir». On dira au contraire: «promets-moi de venir», parce que, dans ce cas, la voix s'arrête sur le pronom, il a un accent tonique ^
Première personne,
333. — Le nominatif de la première personne du singulier était en latin ego. Par la chute ancienne du g, ego est devenu eo, puiSjT^ en hiatus se changeant aisément en î, « to ».Dans« io », i, devenu semi-voyelle, s'est consonnifié enj:jo. Enfin Yo s'est affaibli en e, comme dans l'article /«, qui était jadis /o.
334. — Le cas régime latin me a donné deux formes : me et moi; on sait en effet que Ye long des formes proclitiques produit un e muet français, tandis que le même e, lorsqu'il est tonique, devient oi. Chacune de ces deux formes sert à la fois d'accusatif et de datif. Exemples d'accusatif: « il me soutient, soutiens-moi». Exemples de datif : « il me donna ce livre, donne-moi ce livre. »
, 335. — Le pronom de la première personne du pluriel
1. Ces distinctions ne sont pas d'ailleurs absolues : « moi » s'est employé (et un pronom analogue, lui^ s'emploie encore) devant le verbe.
était en latin noSy au nominatif comme à l'accasatif. Ce pronom n'a produit qu'une seule forme française, nota, qui sert à la fois pour les trois cas (nominatif, datif^ accusatif) et pour les deux situations (proclitique et tonique).
Deuxième personne,
336. *- Le nominatif de la S"" personne du singulier était en latin tu (prononcé tou)^ qui a donné régulièrement tu français.
337. — Le cas régime singulier te, et le pluril t>oi, ont produit, Tun les deux formes françaises te et toi, Tautre vous. Ces pronoms s'expliquent comme les pronoms correspondants de la l*** personne, et ont les mômes emplois.
Formes réfléchies de la 3® personne .
338. — Le pronom latin se a produit la forme proclitique se et la forme tonique soû
Formes non réfléchies de la 3« personne.
330. — L'adjectif-pronom leitin illum a produit, comme adjectif, notre article, et, comme pronom, notre pronom de la 3* personne.
Les formes proclitiques de ce pronom se confondront nécessairement avec les formes de l'article, qui dérivent précisément, comme nous l'avons vu, de «illum» proclitique. C'est ainsi que le, la^ lesy sont à la fois des articles et des pronoms personnels.
340. — Si illam proclitique a donné /a, illam avec l'accent tonique régulièrement placé sur Vi a produit elle, par le changement de Vi bref entravé tonique en é. De même, le pluriel illas a donné elles. Quant à illum non proclitique, il devrait être représenté par un pronom el^ mais cette forme a été remplacée dès l'origine par lui,
PRONOMS PERSONNELS m
dérivé d'un datif populaire illui^ qui a perdu, comme les proclitiques» sa première syllabe. Ce prouom lui sert à la fois de datif, et, après les prépositions, d'accusatif.
341. '-^ Le féminin pluriel illds et le mstsculin pluriel iUo$ ont abouti à la même forme proclitique : les* Mais ces deux pronoms ne se sont pas confondus lorsqu'ils avaient Taccent tonique. Nous venons de voir que illas non proclitique a produit elles. Dans illosj Yo atone doit disparaître, car c'est Va atone seul qui est représenté en français par un e muet; Ulos non proclitique donnera donc els, qui» par la vocalisation de 1'/, deviendra eui» eux*