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VERBES À DOUBLE RADICAL

383. — Il importe tout d'abord de remarquer que les verbes de la conjugaison morte peuvent avoir un radical variable^ Ainsi dans mourir, le radical est tantôt meur, tantôt mour. L'une de ces formes s'emploie toutes les fois que le radical est topique, c'est-à-dire quand la flexion est constituée par une consonne ou qu'elle ne contient pas d'autre voyelle que Ve muet : il fneuf% ils meurent. L'autre forme s'emploie quand le radical est atone, quand l'accent tonique porte sur la flexion, c'est-à-dire quand la flexion contient une voyelle autre qu'un e muet. Nous dirons donc que meur est le radical tonique et mour le radical atone du verbe mourir. Le radical était unique en latin, mor : mais nous avons vu qu'une même voyelle latine peut avoir donné deux sons diflérents en français, suivant qu'elle était tonique ou seulement pourvue de l'accent secondaire. Ainsi Yo latin libre, lorsqu'il est tonique*

1. Cette particularité se rencontrait aussi dans la conjugaison en er; mais elle y a disparu presque complètement, sous l'influence de l'analogie. Il en reste trace dans les verbes tels que icver, qui a réellement encore un double radical : lèv et lev. Voyez § 377.

donne eu (radical meur de rHourir)^ tandis qu'il donne ou (radical mowr) à la syllabe initiale. De même dans le substantif dolorem, le premier o est représenté en français par ou, et Vo tonique par eu : « douleur ».

384. — On trouve aussi dans les radicaux variables : 1® [/alternance entre oi tonique et e atone, qui se rattache à un e long ou à un i bref libres du latin : dois et devoir, reçois et recevoir. On a eu aussi bois et bQvant\ mais, dans ce verbe, Ve du radical atone s'est changé en ti.

2* L'alternance entre ié tonique et e atone, qui se rattache à un e bref libre du latin : dens, et iBnir,

385. — Il est impossible de dire, d'après les formes latines, quels sont les verbes qui ont le radical simple et ceux qui Font double. Car la langue a beaucoup réduit le nombre des verbes de la seconde espèce, en optant fréquemment entre les deux radicaux. Voici une liste de verbes qui ont conservé un double radical :

l'» Alternance entre eu et ou :

mourir^ radical tonique meur, radical atone mour

mouvoir — mewo — mowo

pouvoir — peuv — pouv

vouloir — veut — voul

2® Alternance entre oi et e (ou oi et u) :

recevoir, radical tonique reçoiv, radical atone recev

devoir — doiv — dev

boire — boiv — buv

voir^ — voi — ve

choir ^ — choi — che

1, 2. Nous expliquerons plus loin la suppression de la voyelle du radical dans voir et choit (§ 387, note 1). Le radical tonique de choir était jadis c/wé ; il en est resté la forme échet, que l'on emploie concurremment avec échoit.

18â GRAMMAIRE HISTORIQUE DU FRANÇAIS

3^ Alkwnauce mite ié et e:

Tenir, radical tonique vien, fftdieal atone ven

tenir — tim -^ ien

acquérir — açquier — c^gMcr

seoir ^ — sié — se

BÉTERMINAiriON DU RAMCAL

386. — Lç vrai radical est quelquefois assez délicat h déterminer dans les verbes en re, oir et ir. Ainsi, d'après « tu dois », la flexion étant 5, il semble que le radical tonique de devoir soit doi; mais il est doiv (et c'est la vraie forme, la forme complète) dans « ils doivent ». Cette difflculté tient à ce que, dans ces verbes, la flexion est constituée souvent ou commence par une consonne, et que, devant une consonne, la consonne finale du radical peut subir diverses transformations phonétiques ou tomber complètement. Dans les verbes en er et dans les inchoatifs en i>, la difficulté ne se produit pas, parce que la flexion commence toujours par une voyelle.

387. — Pour avoir le radical exact et complet d'un verbe de la conjugaison morte, il faut do»c le chercher dans une forme où la flexion commence par une voyelle, par exemple à l'infinitif des verbes en oir et en ir ^. Mais

1. Dans les composés de ce verbe, la coûjiigaisoii actuelle hiésile eolre le vrai radical tonique sié^ et un radical ^oi ou sey^ par analogie avec le radicaJt alooe tel qu'^ se préseate devaat !«» v^yeUtSA. Qb dit « ils s'asseyent », au lieu de « Us^ »'assiéent » ; mais on diii eocore : « ils siéent ».

2. Si on défalque la flexion oir dans voir et dans choh\ il reste pour tout radical v et ch. Mais Tancienne forme de ces verbes était veoir (prononcé d'abord ^e-oir) et cheoivy analogue à seoir, où l'orthographe a conservé l'ancien e. Le radical atone de ces verbes est donc ve, ohé, L'e ^'est étidé dA»vaat la flexioa oir de riofinitiC. — Gésir ùmmvia^ ai^ fausse ka4icakioa sujr le radicaJl à» ee ^erïM: qui, pajTtoufc ailleurs. osH gis, Qa % veuJlii^ à l'iafinMiifr évite* la téféiiëaiit de Vi dans deux syllabes consécutives;

remarquons que, dans le cas où le verbe en oir ou en ir a un double radical, on n'obtient avec Tinfinitif que le radical atone, puisque, à ce temps, Taccent tonique est sur la llexiwi. La forme qui nous donnera le radical tonique sera partîcalièreroenl la troisième pa"î?onne du phirirf de Findicalif présent, où la flexion ent es^ atone et commence par une voyelle *.

388. — Quant aux verbes en re, le radical atone notia^ en sera donné par le participe présent, puisque, à linfinitif, la flexion commence par une consonne. Le radical tonique se déduira toujours de la troisième personne du pluriel de Vindicatif présent.

38&. — Par conséquent, pour conjuguer s^ûrement un de ce» verbes, h l'aide des^ flexions que nous établinoiï» plus loin, il suffit, s'il a un radical simple, de connaître llnfinitif (s'il est en o»r ou en ir), on le participe présent (si finfinitif est en ré). — Pour les verbes qui ont un double radical, il faut connaître en outre la troisième personne du phiriel de Findieatif présent. Maisno«s avony donné plus haut (§ 385) «ne liste des verbes à double radical.

{. Il B^ a amvam toaelmym à tirer, au peùiÊ de vue dw raâkal,. des formes soni, ont, vent, font^ dont la première s'explique par la forme latine irrégulière sunU et dont les autres ont subi l'analogie de la prentière ot» dérivent (^ latin pop«i^i»e' haUlJb^'m.iy va(^)mU, fa{€f)umé : Ytc de ftexioa, aa lieu d'être représeiitô^ en français par un e muet, s'est ajouté à la voyelle du radical pour la transformer en diphtongue au, puis en o. — Sa/vent, qui s'explique par une analogie ayec savons f savez, donnerait aussi uBe-Sattuse indinaAieii sur ^ radieal tonique de savoir j qui est saiv» Ce radical ne se trouve d'ailleurs(et sans le v final) qu'au singulier de l'indicatif présent. Nous verrons que, dans les autres temps, if a siaM dtes laoclÉliaartions spéciales.

MODIFIdVTIONS DU RADICAL DEVANT LES COIVSOIHNES

390. — Avant d'aborder l'étude des flexions, il ne nous reste plus qu'à expliquer les modifications phonétiques que le radical peut subir devant une flexion constituée ou commençant par une consonne, c'est-à-dire devant s des deux premières personnes du singulier de l'indicatif présent, devant t des troisièmes personnes du même temps et de certains participes passés, devant r des infinitifs en re, des futurs (rai) et des conditionnels {rais),

i^ Quand le radical se termine par une labiale, cette labiale tombe devant les consonnes. Le radical tonique de devoir étant doiv^ le v tombera devant la flexion f, de la troisième personne de l'indicatif présent, « ildoi^t». Le V de écriv tombe dans écri-re, celui de boiv dans boi-re. Toutefois, le v final du radical de vivre^ suivre, persiste devant IV de l'infinitif, et le v du radical de devoir, recevoir, mouvoir, pleuvoir, persiste devant rai du futur; cette persistance de v devant r est d'ailleurs conforme aux lois phonétiques. Le v de avoir et savoir se vocalise en u dans aurai, saurai. Dans pouvoir, le v du radical est euphonique (voyez paragraphe 188), bien qu'il se retrouve dans toute la conjugaison de ce verbe; mais il ne s'est pas introduit au îwinv [pourrai), parce qu'il n'y était pas utile: le redoublement de l'r s'explique par le t qui terminait le radical latin pot.

2* Quand le radical se termine par une s, il s'intercale généralement un t euphonique (un d dans coudre, anciennement cous'dre) entre cette s et Yr des infinitifs en re, et Vs finale du radical est ultérieurement tombée, en allongeant la voyelle précédente. Ainsi le vrai radical du verbe

LE VERBE. - CONJUGAISON MORTE 18o

connaître est connaiss (participe présent co«nam-ant*), le t est une lettre euphonique, qui ne fait partie ni du radical ni de la flexion, et devant laquelle 1*5 finale du radical est tombée.

Un certain nombre de verbes dont le radical se termine par s perdent simplement cette s à l'infinitif : ainsi, d'après le participe présent plaisant, le radical de plaire est plais. Il n'y a pas de consonne euphonique à Finfinilif. C'est que, pour une raison phonétique, la consonne latine d'où provient 1'* de plaisant n'a pas produit d's devant r^.

Vs finale du radical se confondra en outre avec la flexion 5, et tombera devant la flexion t : tu connais, il connaît,

3® Quand le radical se termine parnou /, pure ou mouillée, il s'intercale un d euphonique devant r, n nasalise la voyelle précédente en perdant sa mouillure, et / tombe (après ou) ou se vocalise en u. Ainsi le radical de mou-d-re est moul, le radical de vau-d-rai est val, le radical de fein-d-re est feign (participe présent feign-anty. Il en est de même pour tous les verbes en aindre, eindre, oindre. La mouillure de l'n disparaît aussi devant s et t.

C'est par une aberration orthographique qu'on écrit « tu couds, tu mouds, il coud ».0n devrait écrire :tu cous.

1. Les deux s marquent la prononciation dure de Vs devant les voyelles.

2. Placet^e était devenu placre, et lé c devant une consonne produit simplement un i semi-voyelle : de là plaire. Au contraire, dans le participe présent placenteniy le c se trouve placé devant un c, et, dans ce cas, il produit non seulement un t, mais encore une s douce.

3. Les verbes absoudj^e, résoudre^ dissoudre offrent un cas particulier. Leur radical devrait être : absouv, résouv, dissouv. Il a été reconstitué, par influence savante, sous sa forme latine absolv, etc (absolvant, dissolvant), excepté à Tinfinitif. Or, dans le radical latin solv, le V est tombé entre / et la flexion re de l'infinitif, un d euphonique s'est introduit entre / et re, et l s'est ultérieurement vocalisée: de là absou-d-re, résou-dre, dissou-d-rç.

tu mous, il coût, le d étant une lettre euphonique qui n'a de raison d*être qu'à Tinfinitif et au futur,

VI finale du radical, pure ou mouillée, tombe {après ou et eu) ou se vocalise en w, devant 5 et ^. Le radical de valoir, qui est val y devient vau au singulier de Tindicatif présent, et Y s après Vu est remplacée par un ar : ^ vaux, il vaut. Le radical tonique de vouloir est veul (ik veiUeai), mais 17 tombe au singulier de l'indicatif : tu veux, il veut, « Pal )),de falloir, devient fau dans « il feut ». « Bouillir d fait : tu bous, il bout. Après ou, s n'est pas remplacée par X.

FLGIiONS

Infinitif,

391. -^ Les flexions latines tre par« long* et ire, ont donné régulièrement oir et ir, par la chute normale de la Toyelle atone, le maintien de i long tonique^ et le changement de e long tonique en oi. Dans la flesuon ère par e bref, les deux e sont atones et doivent tomber l'un et l'autre. Mais cette flexion est nécessairement préi^ée d'une consonne, qui, en se joignant à ïr, appelle une voyelle d'appui : de là Ve final de la flexion française re.

302. — Les verbes dont le radical se termine par s au participe présent, et qui ont simplement re^ sans consonne euphonique et sans s, à l'infinitif, sont : i» trois verbes en aire : plaire, taire, faire ; 2° la plupart des verbes en it*e, tiire : confire, circoncire, dire, élire, lire, suffire, conduire, construire, luire, cuire, nuire,

303. — Les verbes dont le radical se termine par une s, ou par une / ou une n mouillée, et qui, après avoir intercalé unt ovLWH d euphonique devant la flexion re, ont laissé tomber Vs ou 17 ou la mouillure de Vn^ sont : f* tous

LÉ V^BE. - CONiUCtAÏSON MORtE 487

les verbefe en aitre, ûître : tonmii-Ui^ey participe présent tûnnaiis-mnt] ^rGÎ-t-r^^ participe présent croist^unî; 2* to«a les verbes en mndre^ eindm, oindre, 4udre, moins les com* posés en soudre dont nous avons parlé. Ainsi le radical de coudre est cous, d*après le participe présent cous-ant, \Js a le son doux et n'est pas redoublée dans cousant, parce qu'elle était isolée entre deux voyelles dans co{n)suentem, Vn tombant toujours en latin populaire devant une s. C'est d^ailleurs parce que 1'* était douce que la eonsbnne euphonique est d et non t, Vs est redoublée, ce qui indique tju'elîe se prononce dure, dans connaissant, etc., parce qu'en latin elle était accompagnée d'une autre consonne : tùynd^cmtem,

394. — Le radical que l'on trouve dans'« étais, étant » e^ le même que dans être. Les anciennes formes étaitot : estais, estant, estre; après la chute de Vs, Ye atone est devenu régulièrement é, et Ve tonique : ê.

Participe présent,

3S5. =*- La nexi<ytt éï»e (voyefc paragraphe 3Sd) s'ajoute au radical atone. Les quelque* verbes dont le radical se termine par un é [msa^oir, ^oir = v^-otV, choir = cke-oir, voyet paragraphe 387, note 1) n'ont pas résolu l'hiatus au participe présent par une élision comme à l'infinitif. Tantôt ils ont transformé l'e muet en é : chéant, et le composé éckéûnt. Tantôt ils ont ajouté un y {asiseyant), et la diphtongue ey^ qui en résultait, a pu se transformer en oy : vèyant, puis voyant; on dit assoyant, à côté de asseyant,

396. — Quelques verbes, parmi ceux dont la flexion du participe présent contenait en latin un e ou un i devant entem ou ûntem {audimtem, sapimtefn, *hûb€&ntê)n), ont

conservé cet t sous forme d'un y, ou l'ont consonnifîé en ch. La labiale finale du radical a disparu devant cet y ou ce cA. Ainsi av-oir fait au participe présent ayant, sav-oir fait sa-chant, ou-ïr fait oyant.

Participe passé.

307. — La flexion du participe passé est u ou i (latin lUuîneiUum)^ qui s'ajoute au radical atone, ou t (latin tum^ ou itum par i bref) qui s'ajoute au radical tonique.

398. — Les verbes dont le radical se terminait par un e (voir, choir) ont élidé cet c devant la flexion u comme devant la flexion oir de l'infinilif : ru, chu. Le radical atone primitif de croire était cre, qui est devenu crey, puis croyy par euphonie, devant la flexion ant du participe présent; mais devant la flexion u, Ye s'est élidé, et on a :

399. — Un certain nombre de verbes, devant la flexion Uf ont subi une modification spéciale de leur radical, les uns directement, les autres par analogie avec les premiers. Cette modification a consisté à substituer un e muet à toute la partie du radical qui suivait la consonne ou les con* sonnes initiales, puis cet e s'est élidé devant l'u, si bien qu'il ne reste dans ces verbes (après les préfixes) que les consonnes initiales du radical suivies immédiatement de la flexion u *. C'est ce qui s'est produit : 1* dans les verbes en oir (sauf asseoir, qui a un participe passé spécial, et sauf ceux dont le radical se termine par une l); 2° dans lire, plaire, taiî'Cf bob^e, 3** dans les verbes en aiire (sauf naître), et en oitre.

i. Comme il n*y a pas de consonne initiale dans avoir, le participe passé de ce verbe se réduit aujourd'hui à la flexion u, mais on continue à écrire eu, comme du temps où on prononçait eiji.

400. — Les verbes qui ajoutent simplement la flexion u au radical atone sont : 1° vouloir, valoir, falloir, counr, vêtir, venir, tenir ; 2° les verbes en andre, endre, ondre, oudre : défendre, descendre, épandre, fendre, pendre, rendre, vendre, fondre, pondre, répondre, tondre ;^^ vaincre, battre, rompre, perdre, mordre, tordre, coudre, moudre *.

Dans conclure, Vu de flexion se confond avec la voyelle finale du radical. Dans Tancienne langue, conformément à Tétymologie, le participe passé de ce verbe faisait partie de ceux que nous signalons ci-dessous, § 403. « Conclu-s » est devenu « conclu » par analogie. — Vivre a aussi le participe passé en u, mais la flexion s'ajoute à un radical spécial, dérivé du prétérit lalin. Dans résoudre, dont le radical latin est 7'ésolv, \u de flexion a fait disparaître le v final, d'où : résolu.

401. — Ont le participe passé en i : 1<* tous les verbes en ir autres que les quatre signalés ci-dessus comme ayant le participe en u, et quatre autres dont nous parlerons à propos du participe en t; 2* suivre et rire. Dans ri, la flexion se confond avec la voyelle du radical '.

Dans suffire, luire, nuire, la flexion i se substitue à la fin du radical, qui est is {suffis-ant, /î(W-ant, ni/iVant).

402. — Les verbes qui forment leur participe passé en ajoutant t au radical tonique sont : 1* les verbes en eindre, aindre, oindre; 2° les verbes en ire, sauf lire et ceux que nous venons de signaler (§ 400) comme ayant le participe en u; 3o t7*aire et faire.

Dans mourir, le radical tonique étant meur (ils meurent), il semble que le participe passé devrait être meurt.

1. Rappelons- nous que le radical de coudre est cous, et celui de moudre, moul. Voyez g 390, 2<> et3<>.

2. Ou, plus exactement, le participe passé de ce verbe, qui était ris d*après le latin, a perdu son s par analogie.

Maie ¥o bref latin » qui devient eu lorsqu^il est tonique et libre, reste o lorsqu'il est tonique mais* entravé, comme dans moTtuum,

Le cas particulier des verbes offrir, couvrir^ ouvrir et iouffrir, s'explique de la façon suivante : les radicaux sont « offr, couvr, ouvr, souffr », mais en latin Vr finale de ces radicaux était précédée d'un e {"offer-ire^ etc.); cet e était atone et est tombé partout ailleurs qu*au participe passé en tuniy où il devenait tonique et où il s'est maintenu : de là offert, couvert, ouvert, souffert.

403. — Irrégularités. — Plusieurs verbes latins avaient le participe passé en sum au lieu de tum, dans le latin classique ou dans le latin populaire ; il en résulte les participes passés en s de clo^e, absoudre *, occire, circoncire.

Au participe occis, on a pris non seulement Vs de flexion, mais Yi du radical, pour le substituer aux voyelles radicales des verbes seoir, acquérir, prendre, mettre, dont le participe passé est ainsi devenu : sis, acquis, pris, mis.

Le plus irrégulier de tous les participes passés est celui de naître, « né », qui se rattache directement au latin natum.

Indicatif présent.

404. — Les flexions latines des trois conjugaisons qui nous occupent étaient : l.o, eo, io, 2. es, is, 3. et, it, pour le singulier, et 1. émus, imus par i bref, imus par i long, 2. etis, itis par i bref, itis par i long, 3. ent, unt, pour le pluriel.

Les voyelles atones des flexions des trois personnes du

1. Le t que l'on trouve dans le féminin absoute se rattache à la forme classique du participe passé de ce verbe.

LiE VERBE - œNJUGAlSON MORTE 491

singulier doivent tomber. Il reste donc, Comme flejcions françaises communes à tous les verbes-dérivés de ces trois conjugaisons latines : s pour la deuxième personne» t pour la troisième. La première personne ne devrait p<iB avoir de flexion, et n'enapas à Torigine; elle a pris ultérieure*ment une s, que Ton explique par une influence dialectale ou par une assimilation à la deuxième personne. L'^ ou lï des flexions eo et io delà première personne avait modifié, à cette personne, le radical d'un certain nombre de verbes ; il n'en reste guère plus trace que dans le verbe avoir, où, sous cette influence, le radical perd sa labiale finale, et Va se transforme en ai,

405. — Dans quelques verbes, dont le radical se ter* mine par un groupe de consonnes appelant une voyelle d'^appui, cette voyelle forme flexion à la première per* «onne, et se prépose à Vs de la deuxième personne et au t de la troisième, amenant bientôt la chute du t, qui h*est plus soutenu par une autre consonne. Ces verbes ont donc au singulier les flexions : l, e, i. es, 3. e, comme ceux de la conjugaison en et*. Ce soht les quatre verbe en tr qui font eH au participe passé :eouvy*tV, offrit*, ouvHvy souffrir. II faut leur disjoindre trois verbes dont le radical se termine par une l mouillée : assaillir, tressaillir, cueillir. A Torlgine, 17 mouillée S'était maintenue sans voyelle d'appui à la première personne, fet oh avait une l simple, qui s'était ensuite vocallsée en «, aux deux autres personnes (Voyez § 390, 3°) : on conjuguait « j'assail, tu assaus, il assaut ».

406. — Les verbes dans lesquels Vs de flexion doit suivre un n, changent cette s en a?, parce que d'une façon générale on s'est habitué à écrire ainsi toute s après un u. Cependant, après ow, s se conserve : « tu bous. »

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