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Et par conséquent aussi au conditionnel (Voy

LE VERBE m

une syllabe), pour la même raison, à la seconde personne. Cette flexion iez s'est étendue ensuite à tous les subjonctifs présents ou imparfaits.

Les troisièmes personnes du pluriel se terminaient en latia par lesconsonnea nt, précédées de diverses voyelles. Comme ces voyelles étaient atones, elles sont toutes représentées en français par un e muet.

Flexions de l'imparfait et du conditionnel.

364. — Les flexions qui sont devenues communes aux imparfaits de toutes les conjugaisons françaises dérivent de l'imparfait latin en ebanij des deuxième et troisième conjugaisons latines.

Les flexions latines étaient pour le singulier : 1. ^bam^ â. ebasy 3. ébat. Ve long libre tonique est devenu comme toujours 01, puis, tardivement, au Va atone de la troisième personne est tombé, par exception, presque dès l'origine; Ve muet français, qui représentait cet a atone aux deux autres personnes, a persisté, au moins dans l'orthographe, jusqu'au xvi* siècle. Le 6, se trouvant entre deux voyelles, aurait dû produire un v français ; mais on constate que, dans les flexions de l'imparfait, il est tombé dès l'origine. L'5, qui caractérisait d'abord la deuxième personne, a été ajoutée à la première personne au moment où on supprimait Ve muet final. Ainsi s'expliquent les flexions françaises : ais, ais, ait.

D'après les remarques qui précèdent, on voit que la flexion de la troisième personne du pluriel, ebant, devait produire aient français.

A la première et à la deuxième personne du pluriel l'accent tonique passe sur la seconde syllabe de la flexion : ebwfnus, ebsitis. Le b est tombé comme aux autres per-

jours dans Torthographe : on l'a conservé au prétérit des autres conjugaisons.

371. — Impératif, — Aux deux personnes du pluriel, les flexions ons, ez, déjà expliquées, s'ajoutent au radical du verbe. Le pluriel de l'impératif est donc identique aux deux premières personnes du pluriel de l'indicatif présent,

La flexion latine de Timpératif singulier est a atone, représenté en français par un e muet.

372. — Futur et condiiionneL — Nous avons vu (§ 357, 4° et 5**) que le futur se composait de l'infinitif du verbe et de l'indicatif présent de l'auxiliaire avoir y et le conditionnel du même infinitif et des terminaisons de l'imparfait empruntées à l'imparfait d'avoir. Il faut remarquer que, dans ces deux temps, Ya tonique de Tinfinitif latin devient atone (l'accent tonique portant sur la flexion), et que, dès lors, il est représenté en français par un e muet, et non par un é fermé comme à l'infinitif.

373. — Subjonctif présent, — Les flexions latines du subjonctif présent étaient: 1. em, 2. es y 3. et, pour le singulier, et i, émus, 2. etis, 3. ent, pour le pluriel.

Ve atone des trois personnes du singulier devait tomber, ainsi que Vm finale de la première, d'après les lois phonétiques. Il ne restait donc qu'une s à la deuxième personne {que tu demeurs) et un ^ à la troisième {qu'il demeurt). Mais, dans les verbes dont le radical se terminait par un groupe de consonnes appelant une voyelle d'appui, le atone des flexions latines était remplacé par un e muet d'appui, et le t de la troisième personne, n'étant plus soutenu par une autre consonne, disparaissait : que Je livre, que tu livres^ quil livre {CL § 368). Telles étaient aussi les flexions du singulier du subjonctif dansles autres conjugaisons. Elles ont fini par s'appliquer également à tous les verbes de la première conjugaison.

A « emus » et à « etis » ont été substituées les flexions ions {d'abord ons) et iez (d abord ez), expliquées ci-dessus, §§ 362 et 363. Enfin ent latin (prononcé èn't) a donné régulièrement la terminaison française atone ent,

374. — Imparfait du subjonctif (plus-que-parfait latin). — Les flexions latines étaient ; 1. assem, 2. asses^ 3. assety pour le singulier; i,assemus, 2. assetis,3, assent^ pour le pluriel.

Va de ces diff'érentes flexions, qu'il soit atone comme aux deux premières personnes du pluriel, ou tonique comme partout ailleurs, doit se maintenir parce qull est entravé. Aux terminaisons emus et etis des flexions assemus et assetis ont été substituées les terminaisons ions (d*abord ons) et iez (d'abord ez)^ pour lesquelles nous renvoyons aux paragraphes 362 et 363. La troisième personne du singulier est devenue régulièrement ast, puis âl, par la chute de Ye atone. Cet e atone est représenté par un e muet français aux deux premières personnes du pluriel, par exception à la grande loi de la chute des atones, deux et même trois s ne justifiant pas en général une voyelle d'appui.

Irrégularités de la conjugaison en er.

375. — Le verbe envoyer a été jadis enveier^ d'où l'ancien futur enveieraif et, par contraction, enverrai^ forme qui s'est conservée. Il y a eu, dans l'ancienne langue, plusieurs autres futurs contractes, mais enverrai seul est resté.

376. — Pour les foripes que le verbe « aller » emprunte aux verbes latins vadere et ire, il appartient à la conjugaison morte. Parmi les formes de ce verbe qui relèvent de la conjugaison en er^ il n'y a à signaler que le subjonctif présent, où apparaît une mouillure {aill au lieu de a//), due

à l'analogie avec les verbes comme valoir , où la moaillure du subjonctif s^explique phonétiquement, comme nous le verrons plus loin.

377. — Certains verbes ont un e muet dans la dernière syllabe du radical tel qu'on le trouve à Tinfinitif et partout où l'accent tonique porte sur la flexion: « appd-er, lev-er, etc. » Cet e dérive généralement d'un e latin (appellare, levare); mais nous avons vu que l'e latin (ou n'importe quelle autre voyelle) ne produit d'e muet français que lorsqu'il est atone. Or, ce même e latin est souvent tonique dans la conjugaison de ces verbes ; il l'est partout où l'accent tonique porte sur le radical, par exemple au singulier de l'impératif : appella, leva. Dans cecas,il ne peut pas produire un e muet : de là les formes françaises appelle, lève, par è ouvert. Dans Tancienne langue on disait liève, Ye bref tonique libre s'étant régulièrement diphtongue en ié. Le radical tonique de lever était donc tiév, et le radical atone lev; mais on a rapproché les deux radicaux l'un de l'autre, en supprimant Yi du radical to. nique.

Conjugaison inchoative

378. — La conjugaison inchoative est caractérisée par l'introduction de la syllabe latine isc, qui a une signification inchoative, entre le radical du verbe et les flexions de la troisième conjugaison latine. Cette syllabe est représentée en français par iss lorsqu'elle est suivie d'une voyelle, et par is lorsqu'elle est suivie d'une consonne* ou d'une voyelle latine qui doit disparaître. « Iss » ou <c is » est la forme que doit prendre régulièrement isc latin devant un e ou un i; car, devant e ou i, c devient c doux,

i. Dôvanl une «onsonne, U s'est ultérieurement réduit à i*

c'esl-à-dire s dure, et cette s se confond avec Y s précédente. C'est par analogie que^isc latin, placé devant d*autre8 voyelles latines que e ou t, a donné aussi iss français ^

370. — Les temps qui ont la syllabe inchoative sont : le participe présent, Tindicatif présent, l'imparfait de rindicatif , Timpératif, et le présent du subjonctif. Les flexions déjà connues du participe présent et de l'imparfait de l'indicatif s'ajoutent purement et simplement à la syllabe m, pour former les sufRxes complexes issant, issatSy etc. Quant à l'impératif et aux présents de l'indicatif et du subjonctif, nous verrons, en traitant de la conjugaison morte, que les flexions de ces trois temps dans les conjugaisons latines autres que la première (et par conséquent dans la troisième) ont abouti aux flexions françaises qui suivent :

Impératif : singulier y pas de flexion ; pluriel^ 1 . ons, ±ez.

Indicatif présent : singulier ^ t. pas de flexion, 2. «, 3. /; pluriel, 1. onSf 2. ez, 3. ent.

Subjonctif présent : singulier, 1. e, 2. m, 3. e; pluriel, 1. ionSf 2. iez, 3. ent.

A l'impératif singulier et à la première personne de l'indicatif présent, la syllabe inchoative is prendra la place de la flexion tombée. Ws de la deuxième personne de l'indicatif présent se confondra avec Vs finale de la syllabe û, de telle façon que les deux premières personnes du singulier seront identiques. A la troisième personne du même temps on aura is -{- t^ c'est-à-dire ist, qui se réduira

1 . On peut encore expliquer t'i/, dans ce cas, par une métathèse, isc latin ayant pu se prononcer ici. Dès lors, le c placé devant une autre consonne produit un t semi- voyelle qui se confond avec Vi précédent, et s donne régulièrement s dure, représentée graphiquement par deux s.

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plus tard à it. Toutes les autres flexions, commençant par des voyelles, n'ofi'rent aucune difficulté; il suffît de les ajouter à la syllabe inchoative iss.

380. — Les temps de cette conjugaison qui n'ont pas la syllabe inchoative se rattachent à la quatrième conjugaison latine.

a. Infinitif, — Le latin ire, par «long, a donné régulièrement ir.

b. Participe passé, — La flexion t vient du latin itum ; le t est tombé comma dans atum de la première conjugaison, qui a donné é,

c. Prétérit. — Les flexions latines étaient : 1, ivi, 2. isti, 3. ivit, pour le singulier ; i. ivimtis, 2. istis, 3.* iruw^ pour le pluriel.

Vi initial de ces flexions, étant un i long, doit se con* server partout, qu'il soit libre ou entravé. Quant aux autres voyelles et aux consonnes, elles sont les mêmes qu'au prétérit de la conjugaison en er, et sont traitées de même (Voy. § 370). Nous remarquerons seulement que Vi long final ne peut exercer aucune influence sur Vi tonique de la première personne, et que la flexion de cette personne, après avoir été régulièrement i, a pris une s analogique.

d. Futur et conditionnel, — Au futur et au conditionnel, Vi de l'infinitif, devenant atone, aurait dû tomber. « Finira habeo » aurait dû donner findrai au lieu de finirai. C'est probablement sous l'influence de Vi de la syllabe inchoative, que Vi de l'infinitif s'est maintenu au futur : c'eût été le seul temps des verbes inchoatifs sans i après le radical.

e. Imparfait du subjonctif. — Les flexions de ce temps, dans la quatrième conjugaison latine, ne différaient de celles de la première conjugaison que par la voyelle

initiale, qui était i au lieu de a, comme au prétérit de l'indicatif. Nous n'aurions donc qu^à répéter ce que nous avons dit pourT'imparfait du subjonctif de la conjugaison en er, en remplaçant partout a par t (Voy. § 374).

Irrégularités. — Verbe hair.

381. — Le verbe hair appartient primitivement à la conjugaison morte. Il est devenu inchoatif, mais il a conservé ses anciennes formes au singulier de Tindicatif présent et de l'impératif.

ou VERBES ENOir, TG, et NON iNCHOATiFS en it.

382. — La deuxième conjugaison latine est représentée par nos verbes en oir^ la troisième par nos verbes en re, la quatrième par nos verbes en ir. Ces conjugaisons ne sont plus distinctes que par l'infinitif^. Par suite de l'application des lois phonétiques et des influences analogiques qui ont exercé une action si considérable sur les verbes, les conjugaisons en re,otr et ir se sont fondues pour les autres temps; elles admettent pour plusieurs de ces temps des formes variées, mais aucune n'est propre à l'une des conjugaisons plutôt qu'aux autres. Il en résulte que, lorsqu'on veut choisir un type pour chacune de ces

1. Vo^fez ci-dessus, § 358. ^ Dans les exemples que nous citerons, nous ne mettrons que les verbes simples, ou l'un quelconque des dérivés quand le simple n'existera plus ou sera peu usité. Mais tout ce que nous dirons des simples s'appliquera naturellement aux dérivés;

2. Encore faut-il remarquer que, parmi nos verbes en ir, il s'en trouve qui devraient être en re d'après l'étymologie (cownr par exemple), et inversement. D'autres, qui devraient êtte aussi en re, ont la flexion oir^ comme recevoir»

anciennes conjugaisons, ces types rentrent souvent les uns dans les autres, ou bien ils donnent comme caractéristiques certaines formes, à c6té desquelles il en existe d^autres également légitimes^ que Ton qualifie d'exceptionnelles, et qui grossissent démesurément le nombre des irrégularités.

Nous allons montrer qu'il n'y a réellement qu'une seule conjugaison morte, quelle que soit la terminaison de rinfinitif, et on verra que cette théorie permet de réduire sensiblement la liste des verbes irréguliers.

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