SYNTAXE DES INDÉFINIS
pronom. La Fontaine remploie encore comme adjectif {FaUes, II, 20) :
— Car comment comprendre Qu*au8sitôt que chacune sœur Ne possédera plus sa part héréditaire.
Il lui faudra payer sa mère ?
Même vient d'un superlatif populaire {metipsinmm) de metipse, qui avait là même signification en latin populaire. Le sens primitif de ce mot est celui que nous lui donnons encore quand nous disons : « l'homme même » ou « rhomme lui-même ». L'autre sens du mot (dans le même homme) est dérivé de celui-là. Aujourd'hui, 7nême a Tune de ces significations lorsqu'il précède le nom, et l'autre lorsqu'il le suit. Dans l'ancienne langue, le sens du mot n'était pas déterminé par sa place, mais seulement par le sens général de la phrase. Ainsi : « le même homme » pouvait avoir le sens actuel de « l'homme même », et « l'homme mêmç » pouvait signifier « le même homme ». Encore au xvii* siècle, Corneille écrit :
« Sais-tu que ce Tieillard fut la même vertu ? »
Et il faut entendre « la vertu même ».
Quel que, quelque que. — En dehors des exclamations, quel ne peut plus être séparé de que par un substantif. Nous ne disons pas comme dans l'ancienne langue : « Quel parti que vous preniez », mais : « Quelque parti que vous preniez », en redoublant que. Le premier que est considéré comme ne formant qu'un seul mot avec quel; mais « quelque » a ici exactement le sens de quel, et non pas celui de « quelque » dans « Il faut prendre quelque parti. » On voit cependant que les deux sens sont voisins •t se rattachent à la même origine.
m GRAMMAIRE HfSTOBIQL'R Pt' FRANÇAIS
On a dit 4'abord : ^ Quel ami que vous ebokmm », ai en même temps : a Quel que soit Tami que vous choisissiez. » Puis ces deux expressions, identiques de sens, ont été confondues Tune avec Tautra, et « quel que... que » a été transporté de la «econde expression à la première, de telle sorte que « quelque ami que vous choisissiez » peut être considéré comme une forme abrégée de « quel que (soit V) ami que vous choisissiez ». On en trouve des exemples dès le xm* siècle.
Quelque, au sens de « un certain, un certain nombre de »; peut être rattaché aussi h « quel que soit », Aujourd'hui encore il n'y a pas une très grande différence de sens entre : « Avez-vous quelque ami? » et ; « Avejs-vous un ami quel qu*il soit? »
Qui que, lequel que, — Quel est un adjectif inlerrogatif. Le pronom interrogatif est lequel ou qui. A priori^ on conçoit que ce pronom puisse s'employer de la même manière que l'adjectif correspondant, et qu'on doive trouver lequel que ou qui que, aussi bien que quel que. Lequel que n'est plus en usage, mais se trouve encore dans Bossuet : « Lequel de» trois que l'on ôte... » Nous tournons aujourd'hui par : « Quel que soit celui que, »
Tout a le sens du latin totus, d'où il dérive, dans : « Tout l'animal est bon h manger », c'est-^-dire « l'animal tout entier » ; mais il a le sens du latin omnis dans : « Tout animal peut être bon h quelque chose », c'est-à-dire a un animal n'importe lequel ». Au pluriel, ^om^ a exclusivement le «econd iens; et ne signilie jamais « tout entier ». Au singulier, c'est l'article qui précise la valeur de Fadjectif : tout le a le gens de totm, et tout sans article a généralement le Hens de omnii.