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Toute l'Allemagne se joignit aux vainqueurs pour la « guerre de délivrance ». Après Leipzig l'armée bavaroise essaya de barrer la retraite de Napoléon : elle se fit culbuter à Hanau (30 octobre 1813). Les Français purent repasser sur la rive gauche du Rhin.

PERTE DE L'ESPAGNE, a a En même temps que Napoléon perdait l'Allemagne, ses maréchaux

achevaient de perdre l'Espagne. Les efforts faits pendant cinq ans pour soumettre les Espagnols n'avaient pas abouti, parce qu'il n'y avait pas eu d'unité de commandement, et que les chefs des différentes armées se jalousaient et ne se soutenaient pas. Les Anglais, commandés par Wellington, n'avaient pu être délogés des lignes de Torrès-Vedras, en Portugal. Partis de I&. ils avaient pris Madrid (23 mai 1813), refoulé les Français vers le nord, et, par la victoire de Vitoria (21 juin 1813), Wellington les avait rejetés en France. Au moment où Napoléon allait avoir à faire face à l'invasion par la frontière du Rhin, le maréchal Soult avait à défendre déjà la frontière des Pyrénées. Napoléon, trop tard, se décida à rendre sa couronne à Ferdinand et à le renvoyer en Elspagne (8 décembre 1 81 3).

L'INVASION. 0 0 Km mois de janvier 1814, les Alliés franchirent le Rhin. Bernadotte marcha sur la Belgique ; Bliicher et Schwarzenberg, se dirigeant droit sur Paris avec les souverains, opérèrent leur concentration sur l'Aube; leurs forces réunies montaient à 250 000 hommes. Napoléon n'avait pas 80 000 hommes à leur opposer. Mais par son génie, par la rapidité de ses mouvements, il allait, pour ainsi se dire, se multiplier. L'Empereur, selon ses expressions, « chaussa les bottes du général de l'armée d'Italie ".

Les Alliés se flattaient d'être à Paris en huit jours.

LES ADIEUX DE FONTAINEBLEAU (20 avril 1814), pv Horace Vcmet (Mii>m dt VrruUI»). a Dm h pauit it h am Jk Clmitl BImc «nwfnr mh, k escalier en fera chevalet le bâtiment en retour adroite, Napoléon, au moment du départ t>our l'île d^Elbe./ait tet ùditux à la aitiUe tmrje. Le gàtinUmnm Petit WÊàmlVi comme pour Je retenir. Un grenadier çui pleure tient te drapeau que Napoléon t<a embraster. A fauche, àdroile,Jlt grw^a Je tMivmï,Am fmtd, Im wtaflg f»rjlr.r«rair «■ im,

(cl. HACHrm.)

PRINCE DE TALLEYRAND (1754-1838). par Prud'hon (Mujic Carnavalet), a ImptTtinence hautaine qui sent l'homme d'ancien régime, certain de sa supériorité native. Cet admirable diplomate dont on a dit " qu'il était décidé d'avance à tourner sa voile du côté où sou0lait le vent " jura fidélité à tous les régimes et les trahit à peu près tous.

il leur fallut plus de deux mois pour y parvenir. Après avoir repoussé Napoléon à la Rothière (1*'' février), ils se séparèrent pour vivre plus aisément, et marchèrent sur Paris, Bliicher par la Marne et le Petit Morin, Schwarzenberg par l'Aube et la Seine. Napoléon se plaça entre eux, et volant de l'un à l'autre, frappant tour à tour sur la Marne et sur la Seine, il s'efforça de les arrêter successivement.

En février, il se jeta sur l'armée de Bliicher à Champaubert, la dispersa les jours suivants à Montmirail, Château-Thierry, Vauchamps. Ces quatre combats en quatre jours (10-13 février) coiitèrent aux Prussiens refoulés jusqu'à Châlons 40 000 hommes et 100 canons. Courant de là sur Schwarzenberg, il l'arrêta à Montereau, le battit et le rejeta au delà de l'Aube surChaumont. Du 10 au 18 février, faisant transporter une partie de son infanterie en charrettes, il avait livré et gagné sept batailles, et ramené les Alliés à peu près aux positions qu'ils occupaient un mois plus tôt, au début de la campagne.

Mais en mars, les Alliés ayant repris l'offensive, Napoléon fut moins heureux. Bliicher, qu'il espérait

écraser sur l'Aisne, parvint à s'échapper par le pont de la place de Soissons qui venait de capituler. Poursuivi toujours, battu à Craonne (7 mars), mais finalement rejoint par des renforts détachés de l'armée de Bernadotte, il se retrancha sur le plateau de Laon, d'où Napoléon ne put le déloger (9 mars). Revenu en toute hâte sur l'Aube, Napoléon se heurta à Arcissur-Aube, avec 28 000 hommes, aux 100 000 hommes de Schwarzenberg : il dut reculer (20 mars).

ABDICATION DE NAPOLÉON, a 0 Dans cette situation désespérée. Napoléon conçut un plan audacieux : il marcha sur la Lorraine, pour y ramasser les garnisons des places fortes, couper les lignes de ravitaillement des Alliés et les forcer à revenir en arrière. Le plan faillit réussir ; les Alliés se disposaient à reculer vers Metz, quand ils apprirent, par un courrier intercepté, que Paris n'était pas en état de se défendre et qu'il y existait un fort parti en faveur des Bourbons. Le tsar fit alors décider la marche en masse sur Paris (24 mars).

Paris n'était pas fortifié. En l'absence de Napoléon, il n'avait pas été fait de sérieux préparatifs de défense. On disposait à peine de 40 000 hommes, débris des corps de Marmont et de Mortier, gardes nationaux, volontaires, élèves de l'Ecole polytechnique, Invalides. Pourtant les Alliés ne se rendirent maîtres de la ville qu'après une bataille sanglante (30 mars). Le soir une capitulation fut signée. Le 31 mars, les Alliés firent leur entrée dans Paris, évacué par les troupes françaises.

Cependant Napoléon était encore là, à Fontamebleaii, à 50 kilomètres de Paris, avec 60 000 hommes. Dès qu'il avait appris la marche des Alliés sur Paris, il était revenu à bride abattue. Il se préparait à combattre. Mais ses maréchaux, las de la guerre, refusèrent de marcher. L'un d'eux, Marmont, abandonna ses positions et emmena ses troupes. Cette défection contraignit Napoléon à abdiquer sans conditions (6 avril) ; par la convention du 1 1 avril, les Alliés lui accordèrent la souveraineté de l'île d'Elbe, entre la Corse et l'Italie. Dans la nuit qui suivit, Napoléon tenta vainement de s'empoisonner. Le 20 avril, après d'émouvants adieux à la vieille garde, il quitta Fontainebleau. Le jeudi 28 avril, l'Empereur s'embarquait à Fréjus, pour sa nouvelle souveraineté, à bord d'une frégate anglaise.

Le jour même de l'abdication de l'Empereur, le Sénat avait proclamé roi Louis XVIII.

RESTAURATION DES BOURBONS. 0 a l.^ restauration des Bourbons n'était pas le résultat d'un mouvement national : le peuple français avait oublié

LES GUERRES DE NAPOLÉON

UNE SÉANCE DU CONGRl-^ DE VIENNE, d'après le tableau d'Isabev. a Au Congrès Je yieime. loaUs 1rs quetlioia imeottimlrs JarenI dthallua tt r^mtlats

en petit comité, par les principaux délégués des Alliés et Talleyrand, représentant de Louis XVÏII. Ce sont ces protagoittslei du Congrès Que V artiste a mis au premier plan : Je ffoocAr

à droite, Wellington, debout, profil dur et volontaire; HajJenberg, représentant de la Prusse, assis. Je profil ; Mettermth,Jebout^ en train Je parler, très pértétrj Je sels imtortante ;

l'Anglais Castlercagh, négligemment assis, avec un air de vanité satisfaite ; Talleurand, dont le visage fin exprime une réutve hautaine ; enfin le Jétégué rtoie Stack^l^er «

les Bourbons. Elle fut le résultat d'intrigues politiques dans lesquelles Talleyrand joua le principal rôle. Parmi les souverains alliés, le tsar Alexandre, le plus influent de tous, était hostile aux Bourbons. Quand il entra dans Paris, il fut acclamé par cinq ou six cents manifestants qui agitaient des mouchoirs au bout de leurs cannes, arboraient des cocardes blanches, signe de ralliement des royalistes, et, se pressant autour de lui, criaient : « Vivent les Bourbons ! A bas le Tyran ! " Ces manifestations, honteuses devant l'étranger, n'avaient pas fait grande impression sur Alexandre. Ce fut Talleyrand qui parvint à modifier ses sentiments et, lui démontrant que les Bourbons seuls pouvaient assurer la sécurité de l'Europe, le détermina à accepter leur retour. Ce fut également Talleyrand qui fît prononcer par le Sénat impénal la déchéance de l'Empereur (3 avril).

Napoléon renversé, on traita aussitôt de la paix. Les conditions en furent réglées par le traité de Paris (30 mai 1814). De toutes les conquêtes de la Révolution, la France ne gardait que la Savoie, Avignon et Monlbéliard. Elle rendait, avec leur matériel représentant une valeur d'un milliard et demi, c:nqu£nte-trois

places fortes d'Allemagne, d'Italie et de Belgique, qu'occupaient encore de fortes garnisons — ■ le maréchal Davout tenait Hambourg avec 30 000 hommes •. D'autre part les Anglais conservaient Malte et les colonies qu'ils avaient enlevées à la France, comme l'île Maurice. La Belgique était annexée à la Hollande pour former un royaume des Pays-Bas : la Vénétie et la Lombardie devaient être données à l'Autriche. La répartition des autres territoires abandonnés par la France serait réglée dans un Congrès, qui devrait s'ouvrir deux mois après k Vienne.

Ce traité souleva l'indignation populaire en France. Les rancunes contre Napoléon furent oubliées. On ne vit plus en lui que le défenseur de la France envahie, et dans Louis XVIIl qu'un roi " ramené dans les fourgons de l'étranger ".

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