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UNIFORMES DU SECOND EMPIRE

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ENTREE DES I-RANÇAIS A MiLAN (6 juin 1859) (Bibl. Nat.). ^Lti balailU de Magenta ayant ouvert aux alliés toute la Lombaréie, l'armée Jrançaise entre dans Milan, acclamée et fêlée. L empereur Napolécn III et le roi Victor-Emmanuel s'avancent à cheval- botte à botte, en tête des troupes victorieuses : la foule jette des fleurs, agite des palmes et des drapeaux, Napolécn, par une proclcmation 'aux Italiens", leur annonça qu'il ne restait plus " aucun obstacle à la manifestation de leurs vaux légitimes " et les

exhorta à " voler sous les drapeaux de Victor-Etrunanuel ».

présidence d'un diplomate français, que la paix avait été négociée et signée. L'amour-propre national en fut satisfait et on crut qu'une ère nouvelle de prépondérance française s'ouvrait en Europe.

LA QUESTION ITALIENNE, a a k^ cours du Congrès de Paris, à la suite d'une entente secrète entre Napoléon 111 et le ministre piémontais Cavour, le comte Walewski avait exposé les dangers que faisait courir à la paix de l'Europe la situation de l'Italie. C'étaient les premiers symptômes d'un nouveau conflit qui, mettant aux prises la France et l'Autriche, devait fournir à Napoléon III l'occasion de faire prévaloir en Europe le principe des nationalités.

Le Congrès de Vienne avait donné à l'Autriche une situation prépondérante en Italie : elle y possédait le royaume lombard-vénitien ; en outre des princes autrichiens régnaient à Parme, à Modène et en Toscane. Le reste de l'Italie était partagé entre le roi de Sirdaigne, maître du Piémont et de la Savoie, le Pape et le roi des Deux-Siciles qui possédait toute l'Italie du Sud. Depuis 1815 des troubles continuels avaient agité l'Italie. Les patriotes italiens, qui étaient en même téhips des libéraux, voulaient renverser les gouvernements absolutistes, chasser les Autrichiens d'Italie et faire l'unité italienne. En 1848, alors que la Révolution éclatait dans toute l'Europe, à Paris, à Vienne, à Berlin, ils avaient cru toucher au but. Le roi de Sar-

daigne Charles-Albert, après avoir accordé une constitution à ses sujets, s'était mis à la tête de la croisade nationale contre l'Autriche. Mais les Autrichiens avaient été vainqueurs, et, avec leur concours, la réaction avait triomphé dans toute l'Italie. Seul le Piémont était resté un Etat libéral autour duquel se groupèrent désormais les patriotes Italiens (1849).

L'expérience était faite que les Italiens ne pouvaient par leurs seules forces chasser les Autrichiens, et que, pour réaliser leur rêve, il leur faudrait le concours de l'étranger. C'est ce que comprit Cavour, ministre du nouveau roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II. Diplomate incomparable, il se donna pour tâche de gagner l'alliance de Napoléon III. La cause italienne était d'ailleurs sympathique à l'Empereur, non seulement parce qu'elle était fondée sur le principe des nationalités, mais parce que lui-même, dans sa jeunesse, avait combattu pour elle : affilié à la société secrète de la Charbonnerie, il avait participé au soulèvement de 1831 dans les Etats de l'Eglise. Aussi dès 1852 promettait-il formellement à un envoyé de Victor- Emmanuel « de faire quelque chose pour l'Italie », dès qu'il aurait i consolidé l'autorité et le crédit de la France » en Europe.

Très habilement, pour relever le prestige de l'armée sarde et se ménager la reconnaissance de la France et de l'Angleterre, Cavour, à la demande de Napoléon, entraîna le Piémont dans la guerre de Crimée. Il put

LES GUERRES DU SECOND EMPIRE

LE KK rOUH UFS IROUrES DTI ALIE a.illu.Kiapl^.^ du kiups, Bibl. .\al.), a l.,t jucrtc Jllju utuil é/t' rapide el kriUanU . .'./.,*,.,/- ,; .5„//,.ii«, u.umt'mtfaW l'enthousiasme dans toute la FranceîParis ne ménagea pas ses acclamations aux troupes qui défilèrent sur la place Vendôme devant la triburte ou siégeaient l'antrereitr ti M etmr. Elles débouchent sur la place par la rue Castiglione, laissent la colonne sur leur gauche et gagnent les grandi l>ouleoard% par la rue de la Paix. Parlant des màtt dcf fl

des drapeaux ; des chapeaux au bout des bras, des vivats sur toutes lei lèvres.

ainsi siéger au Congrès de Paris; malgré les protestations de l'Autriche, il réussit à faire poser devant le Congrès la question italienne. Dès ce moment. Napoléon III était déterminé à la guerre contre l'Autriche et il la préparait. L'attentat d'Orsini (janvier 1858) ne fit que le confirmer dans sa résolution. Au mois de juillet 1858, à l'insu même de ses ministres, il appela Cavour à Plombières, petite station balnéaire des Vosges où il était en traitement: là, dans un mystérieux tête-à-tête en pleine forêt, furent réglées toutes les conditions de l'alliance francosarde et de la guerre contre l'Autriche. Victor-Emmanuel recevrait le Lombard-Vénitien et une partie des Etats de l'Eglise ; les Etats italiens seraient réunis en une confédération que présiderait le pape ; la France recevrait en échange la Savoie et peut-être le comté de Nice.

Dès lors Cavour multiplia les provocations pour amener l'Autriche à prendre l'initiative de la guerre. II y parvint. Le 23 avril 1859, l'empereur d'Autriche sommait Victor-Emmanuel de désarmer sous trois jours ; l'ultimatum fut repoussé. Le 29 avril l'armée

autrichienne passait la frontière du Tessin. Le même jour une partie de l'armée française franchissait les Alpes, tandis que le reste débarquait à Gênes. Napoléon en venant prendre le commandement annonça, dans une proclamation, qu'il ferait « l'Italie libre des Alpes à l'Adriatique ».

GUERRE D'ITALIE, a a U guerre d'Italie dura deux mois à peine. Les opérations commencées le 10 mai étaient terminées le 8 juillet. Les Autrichiens avaient réuni sur la rive gauche du Pô 120 000 hommes commandés par Giulay et s'étaient avancés jusque sur la Sesia. 100 000 Français et 60 000 Sardes étaient concentrés sur la rive droite du Pô, en avant d'Alexandrie.

Surpris par une conversion brusque de l'armée française qui avait franchi le Pô à Casale, Giulay recula derrière le Tessin. C'est là que fut livrée, le 4 juin, la première grande bataille de la campagne. Magenta. Après une lutte acharnée et jusqu'au soir indécise, l'arrivée du général de Mac-Mahon sur le flanc droit des Autrichiens les obligea à battre en retraite; ib

avaient perdu 10 000 hommes, les Français 4 500. La victoire de Magenta livra toute la Lombardie aux Franco-Sardes : les Autrichiens reculèrent du coup jusqu'au Mincio.

Trois semaines plus tard, les Autrichiens, sous le commandement direct de l'empereur François-Joseph, reprenaient l'offensive: ils étaient 126 000. Le vendredi matin 24 juin, au sud du lac de Garde, Français et Autrichiens, marchant sans s'éclairer, se heurtaient inopinément sur une série de positions d'un développement de vingt kilomètres. L'action, une véritable action du Moyen âge, un choc de front, sans manœuvres, confus et décousu jusqu'à midi, dura près de douze heures, sous un ciel de plomb. Au nord les Piémontais, qui formaient la gauche de l'armée alliée, furent en dépit d'énergiques efforts, constamment refoulés à San Martino par l'Autrichien Benedeck. Au sud, dans la plaine, la droite française, sous le général Niel, bien qu'inférieure en nombre, brisa trois fois l'offensive ennemie. La victoire fut décidée au centre, au rocher de Solférino, un mamelon abrupt que surmontait une grosse tour. Sur l'ordre de Napoléon qui, à partir de midi, dirigea personnellement la lutte, la position fut enlevée par la division des voltigeurs de la garde, vers deux heures. Mais les Autrichiens ne battirent définitivement en retraite sur toute la ligne qu'à quatre heures et demie, comme éclatait un orage formidable qui, faisant presque la nuit, aveuglant les hommes dans des tourbillons de poussière, de grêle et de pluie, arrêta la poursuite française. La bataille de Solférino, l'une des plus grandes du dixneuvième siècle — ■ il y eut plus de 260 000 hommes engagés, avec près de 800 canons — • coûtait, morts et blessés, 17 500 hommes aux Français et aux Sardes, 22 000 hommes aux Autrichiens.

Solférino semblait devoir être le premier acte de la conquête de la Vénétie, Brusquement, Napoléon offrit à la paix à François-Joseph : les conditions en furent arrêtée à l'entrevue de Villafranca. L'Autriche cédait la Lombardie au Piémont, mais gardait la Vénétie. L'Italie devait former une confédération, sous la présidence honoraire du pape (1 1 juillet 1859). Ainsi Napoléon n'avait pas tenu sa promesse : « l'Italie libre des Alpes à l'Adriatique ». Les Italiens se crurent joués et crièrent à la trahison. Pourtant ce revirement de l'Empereur tenait à des causes multiples, quelquesunes très graves : l'armée autrichienne n'était pas détruite, et l'entrée de la Vénétie était couverte par plusieurs citadelles dont la prise eût nécessité des sièges longs et difficiles. Mais surtout la France était menacée d'une seconde guerre sur le Rhin : les victoires de Napoléon en Italie avaient réveillé toutes les haines allemandes ; la Prusse avait commencé à mobiliser.

Napoléon ne voulut pas courir le risque d'une double guerre.

ANNEXION DE LA SAVOIE, a a D'ailleurs les stipulations de Villafranca, ratifiées par la paix de Zurich (novembre 1859), restèrent lettre morte. Sans tenir compte des décisions des empereurs, le peuple italien acheva de lui-même l'œuvre de l'unité.

Ce fut d'abord l'Italie centrale — Modène, Parme, la Toscane et la Romagne pontificale — ■ soulevée dès le début de la guerre, qui vota par plébiscites son annexion au royaume de Sardaigne (mars 1860). Quelques semaines plus tard un aventurier audacieux, Garibaldi, ayant réuni un corps de volontaires qu on appela les Mille ou les Chemises rouges à cause de leur uniforme, se rendait maître de la Sicile, et de là passait dans l'État napolitain soulevé contre son roi François II. L'armée sarde intervint alors, occupa dans les États de l'Église les Marches et l'Ombrie, puis, rejoignant Garibaldi, battit l'armée napolitaine et conquit toute l'Italie méridionale. A la fin de 1860 les États de l'Église et l'ancien royaume des Deux-Siciles votèrent à leur tour l'annexion au Piémont. Le 18 février I86I, Victor-Emmanuel était proclamé roi d'Italie par un parlement national réuni à Turin. L'unité italienne était faite : il ne manquait au nouveau royaume que Rome, où régnait encore le pape, et la Vénétie restée autrichienne.

La formation du royaume d'Italie eut pour conséquence l'achèvement de la France au Sud-Est, par l'annexion de la Savoie et du comté de Nice. Cette double cession prévue à Plombières, ne fut cependant réclamée par Napoléon qu'après l'annexion de l'Italie centrale au royaume sarde (mars 1860). La demande était justifiée par des raisons de sécurité nationale. Dès lors que le Piémont se transformait en un puissant État militaire, la sûreté de la France exigeait qu'il cessât d'être maître des passages des Alpes. Toutefois Napoléon tint à ce que les populations de la Savoie et de Nice fussent appelées à décider elles-mêmes de leur sort. L'annexion fut précédée d'un plébiscite ; il y eut pour l'union à la France, en Savoie 130 000 suffrages contre 2 250; à Nice 25 000 oui contre 160 non. Là, comme en Italie, c'est par la volonté des peuples que se trouva détruite l'œuvre du Congrès de Vienne et des traités de 1815.

LA QUESTION ROMAINE, a a Même après l'annexion de Nice et de la Savoie, Napoléon 111 continua à suivre de près les affaires italiennes. De graves difficultés surgirent, provoquées par la question romaine qui, posée dès 1860, fut résolue seulement par la chute de l'Empire en 1870.

LES GUERRES DU SECOND EMPIRE

Les catholiques français formaient, on l'a vu, un parti puissant avec lequel Napoléon devait compter. Ils reprochaient vivement à l'Empereur d'avoir laissé Victor-Emmanuel annexer les États de l'Église. Ils obtinrent au moins qu'il mît obstacle à l'annexion de Rome en y maintenant une garnison française. Ils étaient guidés à la fois pai des raisons d'attachement au pape et par des raisons politiques. Ils redoutaient en effet, et avec eux beaucoup d'hommes d'État comme Thiers, que, Rome devenant capitale de l'Italie, le pape ne fût plus qu'un évêquc italien, porté à favoriser les intérêts italiens.. Mais l'Italie voulait avoir Rome pour capitale. Pris entre les exigences contraires du parti catholique français et du peuple italien. Napoléon III ne parvint à satisfaire ni l'un ni l'autre.

Personnellement il aurait voulu amener le pape à renoncer de lui-même, moyennant des garanties de pleine indépendance, à son pouvoir temporel. Mais le pape Pie IX répondit à toutes les démarches de conciliation par une fin de non-recevoir. Alors Napoléon III signa avec Victor-Emmanuel la Convention de septembre 1 864 ; le gouvernement italien s'engageait à respecter et à protéger l'mdépendance de Rome ; les Français devaient évacuer Rome dans un délai de deux ans. L'évacuation eut lieu à la fin de 1866.

Dès 1867 Garibaldi, échappant à la surveillance des ministres italiens, tentait un coup de main sur Rome. Aussitôt Napoléon III fît réoccuper le territoire pontifical et une brigade française, commandée par le général de Failly, battit Garibaldi à Mentana (3 novembre 1867). Cette nouvelle intervention souleva dans toute l'Italie les plus vives colères contre la France, surtout quand on connut le télégramme où Failly annonçait son succès au gouvernement français et les déclarations faites par Rouher au Corps législatif. « Les chassepots ont fait merveille », avait télégraphié de Failly. " L'Italie ne s'emparera pas de Rome, avait dit Rouher ; jamais, jamais la France ne supportera cette violence faite à son honneur et à la Catholicité. » Dès lors et pour de longues années le souvenir de l'aide généreusement donnée en 1859 par la France fut effacée au cœur des Italiens.

L'AVENTURE MEXICAINE, a 0 \je^ désir de donner satisfaction aux catholiques fut encore dans une certaine mesure un des mobiles qui poussèrent l'Empereur à s'engager dans la coûteuse aventure mexicaine.

Le Mexique, ancienne colonie espagnole devenue république indépendante depuis 1821, était déchiré par les luttes des partis. De 1857 à 1860 une guerre civile avait mis aux prises le parti conservateur catholique et les libéraux qui avaient fait élire président

de la République leur chef Juarez. Vainqueur et maître de Mexico, Juarez décréta la faillite provisoire de l'État mexicain. Cette mesure, qui atteignait surtout les financiers étrangers, créanciers du Mexique, fut l'occasion de l'intervention européenne : la France, l'Angleterre et l'Eispagne s'entendirent pour envoyer leurs flottes à la Vera-Cruz (1861). La France soutenait les réclamations d'un banquier suisse. Jecker, qui s'était fait naturaliser Français et qui avait intéressé à ses opérations le duc de Morny. principal conseiller de Napoléon III.

Mais dès le mois de février 1862, l'Angleterre et l'Espagne signaient une convention avec le gouvernement mexicain et retiraient leurs troupes. Au contraire Napoléon décida de continuer la guerre et d'envoyer une expédition contre Mexico. Il avait conçu l'étrange projet de fonder au Mexique un Empire de civilisation latine destiné à contrebalancer la puissance des États-Unis anglo-saxons, et dont la couronne serait donnée à l'archiduc Maximilien, frère de l'empereur d'Autriche.

GUERRE DU MEXIQUE, a a U. guerre fut beaucoup plus longue et plus difficile qu'on ne s y attendait en France. On avait compté sur l'appui des catholiques mexicains ; ils n'étaient qu'une minorité. La masse de la nation mexicaine se groupa autour

CHASSEUR DAFI^IQUE (Pu E. D<i>ilk. Mu>^ <le l'anaM. » Km rifiA

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ATTAQUE DE LA PUfBLA (5 mai 180J) (i'ar Beaucé, Musée de Versailles). Û Les troupei du général de Lorencez attaquent k/ort Saini~Xavier qui^ fiioteiteait ia Puebta. Dans la forteresK à demi détruite, les Mexicains retranchés se défendent à coups de canon et de faàl. Au premier plan, les troupes françaises quittent la protection d'un mur bas

couvert de sacs de terre pour sélanter à l'assaut.

de Juarez pour la défense de l'indépendance nationale. D'autre part la nature du pays, tout entier montagneux, facilitait la résistance et se prêtait à une guerre d'embuscades.

Une première expédition, trop faible — elle ne comprenait que 7 000 hommes — échoua devant Puebla (mai 1862). 11 fallut envoyer 20000 hommes, sous le commandement des généraux Forey et Bazaine. Après deux mois de siège et de combats, Puebla fut emportéJmai,1863). Le 3 juin l'armée française entrait

SOLDATS MEXICAINS ENTOURÉS DE SOLDATS FRANÇAIS, a Au'pre-

mier plan,un cavalier tenant son cheval par la bride, la carabine attachée à la selle ;

deux fantassins. Tous les trois portent la veste courte et le pantalon, le large sombrero.

Le fantassin de droite a la poitrine entourée du poncho.

dans Mexico, où un simulacre d'Assemblée nationale proclama empereur l'archiduc Maximilien. Non sans hésitation, Maximilien accepta la couronne qui lui était offerte et se rendit au Mexique (1864).

Mais la prise de la capitale n'avait pas mis fin à la guerre. Comme les Eispagnols au temps de Napoléon I""", les Mexicains, formés en guérillas, ne cessaient de harceler les troupes françaises. La situation devint tout à fait grave en 1865 quand les Etats-Unis, délivrés de la guerre civile dite guerre de Sécession, menacèrent d'intervenir. Au même moment la rivalité de la Prusse et de l'Autriche semblait sur le point de déchaîner une nouvelle crise européenne. Napoléon inquiet se décida à rappeler ses troupes du Mexique. L'évacuation, commencée en 1866, était achevée en mars 1867.

Le dénouement ne se fit pas attendre. Maximilien avait refusé d'abdiquer ; abandonné de tous, il fut pris par les Juaristes à Queretaro, condamné à mort et fusillé (19 juin 1867). Ainsi se termina cette aventure qui, moralement surtout, eut pour l'Empire de très graves conséquences. Son prestige, son honneur même se trouvaient atteints par l'exécution de Maximilien. Les conséquences matérielles furent, semble-t-il, moins graves qu'on ne l'a dit longtemps. Les pertes totales pour les cinq années de guerre ne dépassèrent pas 5 000 hommes, et les dépenses 350 millions.

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BISM\RCK(I315.I8*3) (Photographie prise à Frie-

> drirhsrul-). JS Bismarck en 1662, à quarante-sept ans. Sous le front puissamment développé, les ueux très bleu» ont un regard perçant, aucacieux et dur.

GUILLAUME I-' {miA^m^ a L'empereur^ Aile-

magne vers 1870. Un vrai Hohenzollern. laborieux, écO'

nome, par-dessus tout soldat, et donnant tous tes soins

à l'armée (CL LOESCIIER et PETSCH.)

MOLTKE (1800.1891). 0 Um IHt ^eàmmmit% avec le neî en htc J'ei^, fp* fiput minet* et agnén, k tnenton et le tou décharnés. L'air dm et mté% (cl. LOtSCHM H pmCH.*

LA POLITIQUE DE BISMARCK, a a \yx moment où prenait fin l'aventure mexicaine, l'extension soudame de la puissance prussienne créait pour la France un péril des plus redoutables.

En Allemagne comme en Italie la question de l'unité était posée depuis 1815. L'Allemagne était restée morcelée en 38 Etats. Ces Etats formaient, il est vrai, une Confédération germanique, mais la Confédération n'établissait aucun lien réel entre les États. En Allemagne comme en Italie, les patriotes libéraux avaient essayé de profiter de la crise révolutionnaire de 1848 pour fonder l'unité allemande. Comme les Italiens en 1848, ils avaient complètement échoué.

Mais, parmi les 38 Etats allemands, il y en avait deux qui étaient de grandes puissances, l'Autriche et la Prusse. L'une et l'autre voulaient faire l'unité allemande sous leur direction et à leur profit. L'Allemagne était ainsi vouée soit à l'hégémonie autrichienne, soit à l'hégémonie prussienne.

Depuis 1861,1a Prusse avait pour roi Guillaume I*"". Depuis 1862, le premier ministre de Prusse était le baron de Bismarck. Le roi et le ministre se proposèrent comme but de mettre la Prusse « à la tête de l'Allemagne ». Tous deux étaient d'ailleurs pénétrés de cette idée que l'unité allemande ne se ferait « ni par des discours, ni par des votes, mais par le fer et le sang", et que l'instrument en serait l'armée prussienne. Celle-ci réorganisée sous la direction de Moltke, chef de l'Etat-Major général, fut portée à l'effectif de 450 000 hommes sur le pitd de guerre.

Une fois prêt l'outil de guerre, Bismarck se chargea de l'employer. Ce fut par deux grandes guerres, voulues par lui, préparées par lui, éclatant à son heure, qu'il

réalisa l'unité allemande : la guerre de 1866 contre l'Autriche ; la guerre de 1870 contre la France.

Une guerre contre l'Autriche paraissait en effet la première et l'indispensable condition de l'unification de l'Allemagne au profit de la Prusse. En fait, comme Bismarck l'écrivait dès 1853, il n'y avait pas place pour deux en Allemagne : « II fallait que l'un des deux pliât ou fût plié ". Mais, avant de courir la redoutable aventure, Bismarck voulut s'assurer la neutralité de la France et l'alliance de l'Italie. L'entrevue qu'il eut à Biarritz (octobre 1865) avec Napoléon III n'aboutit pas à une entente formelle ; cependant l'empereur se montra favorable aux projets de Bismarck et c'est sur son conseil que fut conclue en avril 1866 l'alliance entre la Prusse et l'Italie, alliance offensive dont le prix devait être pour Victor-Emmanuel l'acquisition de la Vénétie.

Aussitôt Bismarck chercha un prétexte de rupture. Comme Cavour en 1859, il sut habilement provoquer l'Autriche. Le 16 juin 1866 la guerre éclatait. L'Autriche avait de son côté la plupart des États de la Confédération germanique.

SADOW.A. 0 0 Les opérations furent menées par Moltke avec une rapidité foudroyante et dont on n'avcit pas vu d'exemple depuis la camptagne d'Iéna : en un mois et demi tout était terminé. La bataille décisive eut lieu en Bohême, À S-dowa (3 juillet) ; l'armée aut ichienne fut mise en pleine déroute. Le 22 juillet, les préliminaires de la paix étaient signés à Nikolsbourg ; ils furent transformés en psix définitive à Prague (23 août 1866).

La victoire prussienne eut pour l'AUeniagnc et

pour l'Europe les plus graves conséquences. L'Autriche dut accepter la dissolution de la Confédération germanique et renoncer définitivement à faire partie de l'Allemagne. La Prusse s'agrandit considérablement : sans consulter les populations, elle s'annexa le Schleswig et le Holstein, le royaume de Hanovre, la Hesse électorale, Francfort-sur-le-Mein, en tout quatre millions et demi d'habitants. L'Allemagne du Nord s'unit sous l'hégémonie prussienne : tous les Etats au nord du Main formèrent la Confédération de l'Allemagne du Nord (avril 1867), dont le président héréditaire fut le roi de Prusse.

L'Italie, bien qu'elle eût été vaincue par l'Autriche à Custozza (24 juin 1866), reçut par l'entremise de Napoléon III la Vénétie.

LA POLITIQUE DE POURBOIRES, a a Ui bataille de Sadowa eut encore une autre conséquence capitale : elle marqua la ruine de la prépondérance française en Europe et elle fut le point de départ d'un antagonisme entre la France et la Prusse qui devait aboutir à la guerre de 1870.

D'abord le prestige militaire de la France, établi sur les victoires de Crimée et d'Italie, se trouva éclipsé par le prestige nouveau des armes prussiennes. La France comme la Prusse avait vaincu les Autrichiens : mais la victoire prussienne de Sadowa était beaucoup plus complète et plus décisive que n'avaient été les victoires françaises de Magenta et de Solférino.

En outre les démarches maladroites de Napoléon III

— ce que Bismarck appela la politique de pourboires

— aggravèrent la situation de la France. Par de simples négociations diplomatiques, sans recourir à la force ou tout au moins à une médiation armée, l'Empereur crut possible après Sadowa d'obtenir de la Prusse la récompense de sa neutralité. Successivement il demanda à Bismarck les territoires bavarois de la rive gauche du Rhin avec Mayence (5 aoiît 1866) ; puis, à la suite d'un refus, le Luxembourg et la faculté, quand il le jugerait opportun, d'annexer la Belgique. Cette seconde démarche n'eut pas plus de succès que la première.

Bismarck profita habilement de ces fausses manœuvres. C'était sur l'intervention de Napoléon que la limite du Main avait été imposée à la nouvelle Confédération allemande. Or en échange des territoires qu'il réclamait. Napoléon offrait à la Prusse le droit d'agir à sa guise dans l'Allemagne du Sud. Après s'être donné l'air de protéger l'indépendance des États du Sud, il offrait en secret de les sacrifier. Bismarck se hâta de communiquer les propositions françaises aux rois de Bavière et de Wurtemberg qui, furieux de la trahison de l'Empereur, signèrent aussitôt des

conventions militaires avec Guillaume I*"^. Aux rancunes de la Prusse, mécontente d'avoir été arrêtée dans ses conquêtes s'ajoutèrent dès lors contre la France, proclamée de nouveau l'ennemie héréditaire, les rancunes des Allemands du Sud. L'attaché militaire français résumait ainsi, en 1869, l'état de l'opinion allemande : « La France est un objet de haine pour les uns, d'envie pour les autres, de méfiance et d'inquiétude pour tous. La guerre est à la merci d'un incident. »

La guerre de 1870.

LES FAUTES FRANÇAISES, a a U \1 juillet 1870, Napoléon III déclarait la guerre à la Prusse. Mais il est établi aujourd'hui de la façon la plus incontestable que la guerre a été voulue et provoquée par Bismarck. L'œuvre qu'il avait entreprise — l'unification de l'Allemagne sous l'hégémonie de la Prusse — rencontrait en effet de vives résistances, soit de la part de Napoléon III qui, déçu dans ses espoirs de compensation territoriale, était décidé à s'opposer à toute extension nouvelle de la puissance prussienne, soit de la part des Allemands du Sud eux-mêmes qui éprouvaient pour la Prusse une vive antipathie. Une guerre victorieuse contre la France parut à Bismarck le seul moyen de briser cette double opposition : « J'étais convaincu, a-t-il écrit plus tard, que l'abîme creusé au cours de l'histoire entre le nord et le sud de la patrie ne pouvait pas être plus heureusement comblé que par une guerre nationale contre le peuple voisin. »

Les plans de Bismarck furent d'ailleurs admirablement servis par les maladresses du gouvernement impérial et les errements de l'opinion française. Napoléon III était bien informé des dispositions belliqueuses de la Prusse, mais il croyait, malgré tous les avertissements, que la guerre ne dépendrait jamais que de lui, et il désirait maintenir la paix. Il continua donc après 1866 la politique des demi-mesures. Il ébaucha une triple alliance avec l'Autriche et l'Italie : rien ne fut signé parce que Napoléon ne put se résoudre à évacuer Rome, condition mise par l'Italie à la conclusion de l'alliance. De même il ébaucha en 1868 un projet de réorganisation de l'armée ; l'armée devait être portée à 700 000 hommes sur le pied de guerre ; une armée auxiliaire, la garde mobile, devait être constituée avec les exemptés. Mais ce projet souleva au Corps Législatif une opposition très vive; la réorganisation militaire fut faite incomplètement, la garde mobile ne fut pas organisée.

t- Malade et hésitant. Napoléon 111 subissait de plus en plus la pression de l'opinion publique ; or celle-ci.

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