GRANDEUR DE L'ŒUVRE DE PASTEUR
0 0 Au dire d'un savant anglais, le génie de Pasteur a rendu à la France la rançon de guerre de cinq milliards qu'elle avait dû payer après 1870. L'éloge n'a rien d'exagéré : l'œuvre de Pasteur a eu des conséquences incalculables.
On a parlé plus haut des procédés de pasteurisation du vin, de la bière et du lait, appliqués aujourd'hui universellement. La maladie du charbon, qui décimait jadis le bétail, a presque complètement disparu. Dans les grandes villes de tous les pays, des Instituts Pasteur ont été fondés, où l'on combat efficacement l'affreuse maladie de la rage. Grâce au sérum du docteur Roux, la mortalité par la diphtérie est tombée de 70 pour 100 à 7 pour 100. La vaccination contre la fièvre typhoïde donne les meilleurs résultats.
La doctrine pastorienne a rendu à la chirurgie des services non moins considérables. Elle a permis d'établir que les complications fatales, auxquelles donnaient lieu presque toutes les opérations graves, étaient dues aux microbes apportés soit par les poussières atmosphériques, soit par l'opérateur lui-même ou par ses instruments. Dès lors, par l'emploi de désinfectants qui détruisent les microbes — • c'est ce qu'on appelle l'antisepsie — ', par des soins minutieux de propreté — l'asepsie — , on est arrivé à éviter les complications dans la plupart des cas. La chirurgie a pu s'enhardir et risquer une multitude d'opérations nouvelles.
Enfin les découvertes de Pasteur ont fondé ce qu'on peut appeler l'hygiène sociale. Grâce à elles, la société a pu entreprendre une lutte rationnelle contre la maladie, empêcher par des mesures sanitaires rigoureuses la propagation des maladies infectieuses, arrêter aux frontières des invasions de peste et de choléra, supprimer presque complètement les grandes épidémies.
LA CONQUÊTE DE L'AIR. 0 0 Depuis l'invention des ballons par les frères Montgolfier en 1783, savants et ingénieurs s'efforçaient de résoudre le problème de la navigation aérienne en cherchant à obtenir la dirigeabilité des ballons. Le problème fut résolu, après un siècle de recherches, par un officier français, le colonel Charles Renard. Il construisit en 1884 le premier dirigeable pratique, La France, qui a servi de modèle à presque tous les dirigeables construits depuis cette époque. La France vint planer au-dessus de
PASTEUR INOCULE LE VACCIN RABIQUE A DIX-NEUF RUSSES(DMb
d'Emile B«y>rd). 0 PatlniT trtlla m ISti /'teoafaMM éi Mcsi» rMtm mm m enfant. L'expérience réuuit pleinement. La metèM allétitan, emmm Jm mmÊtét mUtr. amenèrent à ia clinique un groupe de dix-neuf Raait* dt Smttauk. (CL. lAOVAKM» j
Paris le 23 septembre 1885, et réussit à regagner son hangar de Châlais-Meudon, accomplissant ainsi le premier voyage aérien en circuit fermé.
Quelques années plus tard, un nouveau mode de navigation aérienne était découvert : l'aviation. Comme beaucoup d'autres inventions, celle-ci fut le résultat de recherches et d'expériences multiples poursuivies à la fois en France, en Allemagne, en Angleterre et aux Etats-Unis. Mais c'est en France que furent effectués les premiers vols et c'est en France que l'aviation s'est le plus rapidement déveIopf>ée. Le premier aéroplane qui ait effectivement vole, V Avion — il effectua en 18% un vol de 300 mètres — était l'œuvre d'un constructeur français, Ader. A ia même époque, un simple ouvrier, mécanicien de génie. Fernand Forest, inventait le moteur à explosion polycylindrique, à la fois puissant et léger, invention capitale qui, utilisée au début du vingtième siècle, permit k l'aviation comme à l'automobilisme de faire des progrès surprenants. Après les expériences décisives de l'Américain Wilbur Wright, l'aviation prit en France un merveilleux essor : le 31 octobre 1908. l'ingénieur Blériot accomplit sur un aéroplane monoplan de son invention le premier voyage aérien, — Toury-Artenay et retour — , volant au-dessus de la Bcauce à la vitesse de 83 kilomètres à l'heure; le 25 juillet 1909. le même aviateur effectuait la première traversée aérienne de la Manche, de Calais à Douvres. Depuis lors, la Méditerranée, l'océan Atlantique lui-même, les continents. les Alpes ont été franchis par les aviateurs; les avions ont atteint la vitesse de 300 kilomètres à l'heure; les transports aériens commencent de nos jours à s organiser. Mais avant de servir aux progrès de la civilisation pacifique, l'aviation a été utilisée comme la plus redoutable arme de guerre.
DANS LES CHAMPS DE LA MARNE, a Apra unt balailU formidable qui dura du 6 au 9 septembre, les Allemands ont reiulé, laissant sur le terrain un grand numbrc de morts. Leurs armées ont gagné des retranchements préparés d'avance où elles s'ahritèrenl de /onçs mcis.La victoire de la Mcme n'ttcit pcs une vitloire décisive, mais ses conséquences morales furent immenses, (cl. TIBanty.^