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LA CONQUÊTE DE LAIR

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PASTEUR A VINGT ET UN ANS (Dessin de Ch. Lebayle). 0 Dam le front large

du i^une normalien, dans ses yeux expressifs, dans son menton carré, on peut discerner

une intelligence et une volonté qui s'affirment déjà supérieures, (cl. sauvanaud.)

nièrent d'abord la valeur de ses théories et les traitèrent d'utopies ; elles finirent cependant par prévaloir, et quand Claude Bernard mourut, en 1878, nul ne songeait plus à contester l'importance de son œuvre.

PASTEUR. Jï) 0 Cette méthode expérimentale dont Claude Bernard venait de poser les principes, Pasteur en fit un admirable usage. Savant de génie, le plus grand savant peut-être du dix-neuvième siècle, il accomplit une œuvre immense, féconde au point de vue scientifique, mfiniment bienfaisante au point de vue social.

Né en 1822 à Dôle dans le Jura, Louis Pasteur était fils d'un ancien sous-officier de l'armée impériale. 11 conquit régulièrement tous ses grades universitaires et, dès son passage à l'Ecole normale, commença ses recherches originales par des études de chimie sur la constitution des cristaux. Après avoir professé à la Faculté des Sciences de Lille, il fut nommé, en 1837, administrateur de l'École normale. C'est là qu'il travailla jusqu'en 1889 ; il y fit ses plus belles découvertes, dans un laboratoire qui au début se composait de deux pièces dans un grenier.

Sa première grande découverte — qui renfermait en germe toutes les autres — révéla la nature véritable du phénomène appelé fermentation. Jusqu'alors la fermentation était considérée comme un phénomène purement chimique. Pasteur établit au contraire que

les fermentations, celle du vin, celle du lait, etc., étaient causées par des êtres vivants, des microbes, qui se multiplient dans un milieu favorable ; que, à chaque fermentation correspondait une espèce spéciale de microbes ; enfin que ces microbes ne pouvaient pas naître spontanément, mais que leurs germes, épars dans l'atmosphère, peuplaient surtout les poussières déposées. De ces découvertes, Pasteur sut faire sortir d'importants résultats pratiques ; il indiqua, comme remède efficace contre les fermentations, le chauffage qui tue ou paralyse les ferments nuisibles (1867). C'est ce qu'on a appelé la pasteurisation, appliquée d'abord au vin, puis au lait et à la bière.

RECHERCHES SUR LES MALADIES CONTA- GIEUSES. 0 0 Ces travaux et ces découvertes, d'ailleurs poursuivis au milieu des plus violentes polémiques, avaient valu à Pasteur une juste célébrité. En 1862 il était entré à l'Académie des Sciences. En 1865 le gouvernement lui confia la mission d'étudier la maladie qui décimait alors les vers à soie.

Pasteur s'y consacra tout entier de 1865 à 1870, fournissant un labeur si prodigieux qu'il faillit succomber en 1868 à une attaque de paralysie ; il se rétablit heureusement et reprit ses recherches. Il reconnut ainsi que la maladie des vers à soie était une maladie parasitaire due comme la fermentation à l'introduction de germes venus de l'extérieur, et il réussit à enrayer le fléau.

Dès lors Pasteur se voua à l'étude des maladies infectieuses, mais il opéra sur les animaux avant d'opérer sur l'homme. Il étudia d'abord le charbon, puis- le choléra des poules. Après avoir établi que ces maladies étaient dues également à l'introduction de microbes dans l'organisme, il réussit à isoler ces microbes, à les « cultiver « artificiellement et à engendrer la maladie en inoculant cette culture. Mais la découverte capitale eut lieu en 1879 : au cours des recherches sur le choléra des poules. Pasteur inocula des poules avec une culture vieillie de microbes ; elles ne succombèrent pas ; inoculées de nouveau avec une culture récente en pleine virulence, elles ne manifestèrent qu'un léger malaise. Donc une culture atténuée était un vaccin : en l'inoculant on pouvait préserver de la maladie. En 1881, Pasteur découvrit la vaccination anticharbonneuse. 11 se mit ensuite à l'étude de la rage : après plusieurs années d'expérience sur les animaux, il se décida enfin, en 1885, non sans de terribles angoisses, à tenter l'inoculation du vaccin sur un enfant mordu par un chien enragé. L'expérience réussit pleinement.

Alors Pasteur fut reconnu dans le monde entier comme un bienfaiteur de l'humanité. Une souscription internationale permit de fonder en 1888 l'Institut

LE MOLLEMENT INTELLECTUEL

Pasteur, pour l'étude des maladies infectieuses. Le maître y continua ses recherches, entouré de disciples formés par lui et qui sont devenus des maîtres à leur tour. Un an avant sa mort, en 1894, il put assister à la découverte par un de ses élèves, le D'' Roux, d'un sérum guérissant la diphtérie.

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