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IMPORTANCE DE LA VICTOIRE DE LA

MARNE. 0 0 Ainsi cette lutte gigantesque se terminait par « la victoire incontestable >> de l'armée française. Sans doute, la victoire de la Marne n'était pas une victoire décisive puisque le vainqueur, luimême épuisé, ne réussit pas à repousser le vaincu plus loin que l'Aisne ; mais ses conséquences morales furent immenses.

Sur la Marne, en effet l'Allemagne avait espéré briser à tout jamais la force principale qui faisait obstacle à son ambition, l'armée française ; eût-elle réussi, elle était maîtresse de l'Europe et il ne lui restait plus, pour devenir maîtresse du monde, qu'à briser un dernier obstacle, la flotte britannique. Contre toute attente, elle avait échoué : dès lors le plan dont elle escornptait le succès foudroyant se trouvait irrémédiablement com-

promis. Maintenant la guerre allait se prolonger, les Empires russe et britannique auraient le temps d'intervenir de tout le poids de leur masse énorme : l'Allemagne devrait lutter non plus pour écraser, mais pour ne pas être écrasée ; c'était la fin du rêve pangermanique de domination universelle. Si l'on songe à ce qu'eût été cette domination allemande — ■ la plus pesante tyrannie — , ce n'est pas trop de dire que, sur le champ de bataille de la Marne, la France a sauvé, avec sa propre liberté, la liberté de l'Europe et peutêtre la liberté du monde.

NANCY, MAUBEUGE, ANVERS, d 0 Les armées françaises de l'Est, par leur résistance victorieuse, avaient servi, en quelque sorte, de boucher aux armées qui livraient bataille sur la Marne. Sous les yeux de l'empereur, les Allemands assaillirent en vain les positions défensives du Grand-Couronné devant Nancy (5-12 septembre) : ils furent repoussés.

Par contre, les places fortes du Nord et de Belgique tombèrent l'une après l'autre entre leurs mains : après Liège, Maubeuge (26 août-7 septembre), puis Anvers, dernier réduit de la défense belge (28 septembre — 9 octobre). Pour achever la conquête de la Belgique, il ne leur restait plus qu'à s'emparer de la côte de Flandre. Ce fut l'enjeu de la troisième grande bataille de la guerre, la bataille de l'Yser.

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YPRES : INCENDIE l;E LA HALLE AUX DRAPS (5 décembre 1914). a La Halle aux draps était un des chefs-d'œuvre de l'aichitectuTe dvile du Xlll^ siècle. Ccmmc devant Reims, les Allemands se sont vengés de leur échec en criblant d'obus incendiaires le monument splendîdc dont la ville s' enorgueillissait. {CL.AmoNY, A YPRES.)

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LA COURSE A LA MER. BATAILLE DE L'YSER. 0 0 Aucun des adversaires ne renonçait à emporter la décision de vive force. Mais ni les Français sur l'Aisne, ni les Allemands sur la Meuse, ne réussirent à rompre des positions défensives dont l'importance croissait de jour en jour. Par un glissement rapide et continu de leurs forces de l'Est à l'Ouest, ils cherchèrent alors à se gagner de vitesse pour se déborder mutuellement, et de bataille en bataille, étendirent leurs ^jgnes jusqu'à la mer du Nord : d'où le nom de « Course à la mer » donné à la série d'opérations qui va de fin septembre à ■ fin octobre et qui se termine par la grande bataille de l'Yser.

Les débris de l'armée belge, avec le roi Albert, avaient réussi à s'échapper d'Anvers : ils s'arrêtèrent dans leur retraite sur les bords de la petite rivière de l'Yser qui coule perpendiculairement à la côte de Dixmude à Nieuport. Les Belges y furent bientôt fortement épaulés par des troupes françaises, tandis que les Anglais s'établissaient aux abords d'Ypres. Cependant les Allemands, résolus à prendre leur revanche de la Marne, avaient reconstitué une armée de choc, formée en partie de troupes fraîches. Avec l'appui d'une masse énorme d'artillerie lourde, ils s'efforcèrent d'enfoncer les lignes alliées et de saisir Dunkerque et Calais : objectif à double tranchant qui visait l'Angleterre autant que la France et les menaçait toutes deux en un point vital, leurs communications maritimes. La bataille, d'un acharnement inouï, dura près d'un mois (20 octobre- 17 novembre) : ce fut une atroce mêlée dans la boue et l'eau des Flandres. L'offensive allemande s'arrêta enfin, à bout de souffle, sans avoir obtenu aucun résultat.

Tenue en échec pour la seconde fois, l'Allemagne était réduite à l'impuissance sur le front occidental. Mais SI elle n'avait pu vaincre, elle n'était pas vaincue ; elle campait en pays conquis ; et maintenant c'était derrière un réseau ininterrompu de fils de fer barbelés et de tranchées que la Belgique et la France du Nord restaient prisonnières.

. LA GUERRE SUR LE FRONT ORIENTAL, a a Dans le même temps, la guerre avait suivi sur le front oriental une évolution analogue. Les adversaires s'étaient porté réciproquement des coups terribles ; aucun d'eux n'avait pu obtenir la décision. Par la seule masse de sa population, l'énorme Empire russe semblait posséder une supériorité écrasante, mais il était affîigé de tous les vices d'un régime politique et social en pleine décomposition ; intriguant et espionnant sans relâche, l'Allemagne réussit toujours à paralyser son action dans les moments les plus critiques.

GRANDE GUERRE. L'INVASION

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LA GUERRE SUR LE FRONT ORIENTAL. 0 On txiUom tt cntmt k tim grande avance êtes Russe* au tUhat de 1915; le re<ul dèujtheux Jes oeméet nmatm t9ii aptèi la percée de la Dunajee: leur retour affermi en 1916 en GoHtie ; te rttmt ii 1917 et la fierté de Riga , la ligne det armées quand l'aramstée» de Bntt-Ula€ek fmt i

Pour donner à la France un concours aussi prompt que possible, les Russes lancèrent dès \e 13 août deux armées en Prusse orientale, où les Allemands ne leur opposaient que des forces très inférieures. Chargé de sauver la Prusse de l'invasion, Hindenburg (aidé de Lùdendorf) réussit une audacieuse manauvre : s« portant tour à tour contre les deux armées russes, il enveloppa et détruisit l'une à Tannenbcrg (24-29 août), il mit l'autre en déroute aux lacs Mazuriques ^8-10 septembre). Toute l'Allemagne aussitôt le célébra comme un héros national.

Par contre, au Sud. sous la direction du grand-duc Nicolas, les Russes remportèrent sur les Autrichiens la grande victoire de Lemberg (3- il septembre). Le flot des armées russes déferla en Calicie jusqu'aux rebords des (Tarpathes. L'Autriche, k peine entrée dans la lutte, parut sur le point de succomber. Elle ne fut sauvée que par l'intervention de renforts allemands et par les initiatives stratégiques d'Hindenburg. Offensives et contre-offensives se poursuivirent pendant deux mois en Calicie et en Pologne sans résul-

VUE D'ENSEMBLE DE LA FLOTTE BRITANNIQUE. 0 Dés le déhul de la guerre et presque tans lutte, la flotte brilanmqae, en bloquant les ports allemands, réduisit à néant les prétentions de Guillaume II à la maîtrise des mers. La bataille des îles Falkland lui enleva ses illusions, s'il en avait encore. Son avenir était désormais « sous

l'eau >'; mais là aussi il perdit la guerre. (cL. HXUSTRATÏON.)

tats décisifs. Comme les combattants du front occiden- truits par les Anglais à la bataille des îles Falkland

tal, Russes et Austro-Allemands se fixèrent sur leurs (8 décembre) ; les autres furent successivement éli-

positions pour reprendre haleine. minés. L'Allemagne était chassée de la surface des

Les Autrichiens, entrés en guerre pour écraser la mers : il lui restait néanmoins une arme redoutable,

Serbie, n'avaient pas même réussi à mettre hors de le sous-mann.

combat la vaillante petite armée serbe. A deux reprises, La maîtrise de la mer laissait les colonies allemandes

ils subirent les plus humiliantes défaites, au Mont Tser à la merci des Alliés. En Extrême-Orient, les Japonais

(15-20 août), au Mont Roudnik (2-10 décembre), et assiégèrent et prirent la forteresse de Tsing-Tau

furent rejetés hors du territoire serbe. (7 novembre). En Afrique, les Alliés commencèrent

la conquête des colonies allemandes. L'Allemagne

LA GUERRE HORS D'EUROPE. £) £J Les essaya de se venger en fomentant des révoltes ■ — sans

Alliés possédaient un avantage capital, la maîtrise grand succès — dans les colonies anglaises et fran-

de la mer, que leur assurait la supériorité de la flotte çaises, au Maroc, en Afrique australe. Du moins,

britannique. L'Allemagne n'osa pas risquer une grande l'alliance turque lui permit, dès le mois de no-

bataille navale. Elle n'entreprit qu'une guerre de course vembre 1914, de s'embusquer dans les Détroits, de

qui lui valut d'abord quelques succès, grâce à ses croi- menacer l'Egypte et d'étendre la guerre jusqu'aux

seurs rapides. Mais trois de ces croiseurs furent dé- confins de l'Asie occidentale.

LA GARE DE L'EST LE JOUR DE LA MOBILISATION (ci., rol.)

LES hfc^EAUX UIl 1-11^ DU 1ER BARBELÉS, a Fhologrutyfuc pme pies ^r .Smnt'Hilinre-ic-iiromi €ti Llu.mtmgnf ttle rrprttrnte iti dt/mte J\ allemande el fieut donner une idée dis obstacles auxquels se heurlail l'élan de noire infanterie. Il fallut, pour i»rar à haut de ers réttaax Jelaei el inaMemfa [chars d'assaut qui broyaient tout sur leur passage. (ci,.SECTION PHOTOGluPHrQtT DES BUUX-Am.)

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