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DE L'EMPIRE CAROLINGIEN A LA FEODALITE

le service à l'armée ou service d'ost pendant un nombre de jours déterminé, trente ou quarante jours : son temps de service accompli, le comte avait le droit absolu de se retirer et de rentrer chez lui, fût-ce au milieu d'une expédition.

Dans son fief, le comte commandait l'armée, rendait la justice, percevait les redevances ; il était roi. Comme le roi il avait le droit de guerre, le droit de battre monnaie. A son tour, il avait au-dessous de lui des gens auxquels il concédait des parties du fief ou bien qui lui avaient demandé protection. Ils lui étaient liés et il leur était lié par un contrat ; ils lui devaient l'hommage ; ils étaient ses vassaux.

On aboutit de la sorte et à la longue à une nouvelle organisation de la société, dans laquelle tous les hommes étaient subordonnés les uns aux autres et formaient comme une échelle. Leurs droits et leurs devoirs réciproques étaient définis et fixés par des contrats. Cette organisation est connue dans l'histoire sous le nom de « Féodalité »,

LES GRANDS FIEFS. 00 Vers la fin du dixième siècle, les principaux fiefs étaient au nord de la Loire, dans la France proprement dite : le comté de Flandre ; le duché de Normandie ; le comté, plus tard duché de Bretagne ; le comté d'Anjou ; le comté de Blois ; le comté de Champagne ; le duché de Bourgogne.

Au sud de la Loire, dans l'ancienne Aquitaine, on trouvait : le comté de Poitiers, dit encore duché d'Aquitaine ou de Guyenne ; le duché de Gascogne ; le comté de Toulouse ; le comté de Barcelone.

Il y avait, en outre, un certain nombre de fiefs ecclésiastiques, dont les possesseurs étaient des évêques. Les plus importants étaient les évêchés-comtés de Tournai, de Beauvais, de Noyon, de Laon, de Châlons, de Langres. de Reims

DISPARITION DES CAROLINGIENS. 00 Tout ce que les Carolingiens perdirent de popularité pendant les invasions, une famille nouvelle le gagna par l'énergie qu'elle mit à combattre les envahisseurs.

Le premier personnage connu de cette famille, Robert le Fort, était un riche propriétaire des bords de la Loire. Charles le Chauve le nomma duc et le chargea en cette qualité de la défense du pays entre les cours inférieurs de la Seine et de la Loire. Robert fut pour les Normands un adversaire redoutable. Son nom était déjà célèbre quand il fut tué par une flèche normande en attaquant l'église de Brissarthe.

Son fils Eudes était comte de Paris quand les Normands vinrent assiéger la ville en 885 Son rôle fut héroïque ; il traversa les lignes des assiégeants pour aller chercher des secours ; puis, sa mission remplie, il traversa de nouveau l'armée normande pour venir reprendre sa place au danger dans Paris. Aussi, la couronne de France se trouvant vacante en 887, Eudes fut-il élu roi, bien qu'il y eût encore des princes de la famille carolingienne.

Cette élection mit fin pour un temps à la monarchie héréditaire telle qu'elle existait depuis Pépin le Bref. Les grands, à la mort de chaque roi, prétendirent désormais disposer de la couronne et en disposèrent en fait pendant un siècle. Depuis la mort d'Eudes (898) jusqu'à 987 la couronne passa et repassa d'une dynastie à l'autre. Eudes eut ainsi pour successeur un Carolingien, Charles le Simple. Les comtes trouvaient profitables ces changements de dynastie qui achevaient de ruiner l'autorité royale. L'un d'entre eux, Hugues surnommé le Grand, neveu d'Eudes, pouvant se faire donner la couronne, jugea plus avantageux d'en disposer et de la faire à deux reprises attribuer à des princes carolingiens. Ceux-ci durent chaque fois payer son concours en lui abandonnant quelques territoires. Le dernier d'entre eux, Louis V, disait qu'il ne lui restait plus même une pierre où reposer sa tête. 11 mourut sans enfant en 987.

Alors les évêques et les comtes se réunirent à Noyon pour nommer son successeur. 11 y avait encore un prince carolingien, Charles de Lorraine, oncle de Louis V. Mais comme les Carolingiens étaient ruinés et qu'on ne pouvait plus rien espérer d'eux, on écarta Charles et l'on élut un fils de Hugues le Grand, Hugues Capet. Celui-ci fut le vrai fondateur de la dynastie capétienne.

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