CHAPITRE PREMIER LA GAULE ANCIENNE
LPAYS GAULOIS, /â 0 Les Romains appelaient GaWia — la Gaule — le pays limité au sud par les Pyrénées, à l'est par les Alpes et le Rhin. Ces limites furent considérées plus tard comme les <( frontières naturelles de la France ». « Mettre la France partout où fut l'ancienne Gaule », selon le mot du cardinal de Richelieu, telle devait être, dans les Temps Modernes, l'idée directrice de notre politique nationale.
LES TEMPS PREHISTORIQUES, a Nous savons aujourd'hui qu'à des époques lointaines, antérieures même à l'époque géologique actuelle, le pays qui devait être plus tard le pays gaulois était déjà habité par des hommes. Dans la première phase et la plus longue de ces temps « préhistoriques », le climat chaud et humide, l'étendue des forêts et des marécages, la présence des éléphants et des rhinocéros, d'un tigre gigantesque, d'hippopotames dans les rivières et de singes dans les forêts, devaient faire ressembler notre France à certaines régions du Soudan actuel. Mais, de
l'homme primitif qui vivait à cette époque, nous ne possédons d'autre vestige que les cailloux de silex taillé, à la fois armes et outils, qu'il a abandonnés sur le sol et qu'on a retrouvés en grand nombre, principalement sur les terrasses qui dominent la Somme près d'Amiens, à Saint-Acheul.
Puis vint une deuxième phase, où le climat se refroidit sans doute. Les glaciers s'étendirent jusque dans les plaines. Certains animaux émigrèrent ; d'autres apparurent, venant des régions septentrionales, comme le renne, l'élan, l'ours gris, l'aurochs, sorte de taureau sauvage analogue au bison et doué d'une force prodigieuse, enfin le mammouth, éléphant à la toison épaisse et aux longues défenses recourbées. C'est l'âge des cavernes. Pour se mettre à l'abri du froid, les hommes durent se réfugier dans les cavernes qui s'ouvrent sur le flanc des montagnes ou sur les pentes des vallées. L'homme des cavernes a laissé des traces nombreuses, notamment dans les vallées ensoleillées du Périgord : ce sont des fragments de squelettes, des silex taillés d'une infinie variété de formes et d'usages, des oXitils
en os, des colliers faits de dents enfilées pareils à ceux des sauvages d'Afrique ou d'Océanie, enfin une merveilleuse floraison d'œuvres d'art, sculptures et gravures sur pierre et sur os, peintures en noir ou en ocre qui représentent, parfois avec une étonnante habileté, la faune de l'époque, bisons, rennes, chevaux ou mammouths.
Peu à peu le climat se transforma de nouveau, s'adoucit et devint le climat tempéré dont nous jouissons aujourd'hui. Le mammouth et le renne émigrèrent à leur tour ; les animaux sauvages, traqués par l'homme, se réfugièrent dans l'épaisseur des forêts ou furent remplacés par les animaux domestiques. A cette époque encore lointaine, plus de 5 000 ans, peut-être 10 000 ans avant notre ère, les hommes apprirent à cultiver la terre et à lui faire produire le blé, à polir les pierres de leurs armes, puis à utiliser les métaux, cuivre, bronze et fer. Ce sont les mêmes hommes qui bâtirent des villages sur pilotis ou cités lacustres ; ce sont eux aussi qui édifièrent les monuments connus sous le nom de menhirs et de dolmens et que longtemps on a pris à tort pour des monuments gaulois.
Les dolmens ou <' tables de pierre » étaient des tombeaux. On ne sait quelle était la signification des menhirs ou «pierres levées», aiguilles de rochers souvent énormes — certains mesuraient jusqu'à 20 mètres. Ils sont en certains endroits disposés en longs alignements. Les plus célèbres sont en Bretagne, à Carnac : sur plus de trois kilomètres on compte près de deux mille menhirs disposés en sept rangées.
LES POPULATIONS HISTORIQUES. IBÈRES ET LIGURES. ^^ Les premiers habitants de la Gaule dont le nom nous soit connu furent les Ibères et les Ligures.
Les Ibères, qui peuplèrent l'Espagne, occupèrent le pays compris entre la Méditerranée et le golfe de Gascogne. Les Romains les appelèrent les Aquitains. Les Basques passent pour être leurs descendants.
Les Ligures paraissent avoir occupé dans la suite la Gaule, ainsi qu'une grande partie de l'Espagne et de l'Italie. Plus tard, ils furent refoulés dans la vallée du Rhône, puis dans les montagnes voisines de la Méditerranée. On les trouvait encore au premier siècle avant notre ère dans les massifs de la Provence et autour du golfe de Gênes.
Ibères et Ligures étaient de petite taille, bruns et vigoureux. Les uns et les autres reculèrent devant les Celtes.
LES CELTES. £//!) Les Celtes — c'est le nom qu'ils. se donnaient eux-mêmes — étaient également appelés Galates par les Grecs. Les Romains les appelaient Galli, d'où nous avons fait Gaulois.
Les Celtes avaient habité d'abord les montagnes de l'Eurcpe centrale. Puis, du IX*' au m* siècle avant notre ère, ils occupèrent successivement les îles Britanniques, la Gaule, l'Espagne moins les côtes de la Méditerranée, le nord de l'Italie, une partie de l'Allemagne, de l'Autriche et de la Hongrie. L'Empire celtique s'étendit du détroit de Gibraltar à la mer Noire, dans le temps qu'Alexandre entreprenait la conquête de l'Asie (334 ev. J.-C). Quelques-unes de leurs expéditions furent particulièrement célèbres : en 390, ils avaient pris Rome ; en 278, ils pillèrent Delphes ; peu après, ils franchirent le Bosphore et créèrent en Asie Mineure l'Etat indépendant de Galatie.
Ce fut probablement au vi^ siècle avant Jésus-Christ
EX)LMEN DE LOCMARIAKER (Morbihan). £l Les dolmtns et Us menhirs sonl les premiers stKcimens de l'arcKiieclare en f ranee ; ces mcnurr.tnis grossiers serti faits de pierres
brutes, auvent de dimensicns énormes. Les dolmens, formés d'une " talte » de pierre pesée à plat sur des pierres detout, servaient de tombeaux , ils étaient primitivement reccuceris de
terre. On en trouve un grand nomtre en Bretagne, surtout dans la région de Carnac. Celui de Lccmariaker est le plus grand dclimn de France. (cL. NEIJRDEIN.)