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ARCHEVÊQUE. DIACRE ET PAPE

Statues de pierre, ornant le portail tud de la cathédrale dt Chartres. (cl. hachetit.)

une foi sincère, puisque le moine devait tout d'abord se vouer à une perpétuelle pauvreté, et se renoncer ensuite jusqu'à l'abdication totale de sa volonté. Aussi dans l'Eglise les réguliers furent les adversaires constants des vices qui s'y étaient introduits, surtout à partir du neuvième siècle, et ce fut sous leur influence et avec leur concours que les papes au onzième siècle procédèrent aux réformes nécessaires.

LA CORRUPTION ECCLÉSIASTIQUE, aa Tous les vices dont l'Eglise était affligée avaient une même cause : sa richesse. Les donations pieuses n'avaient cessé d'affluer depuis le quatrième siècle. Chaque évêché avait son trésor et son domaine, souvent très étendu. Ces domaines s'étaient d'ailleurs transformés comme tous les autres en fiefs ou seigneuries ecclésiastiques, de telle sorte que les dignitaires de l'Eglise rentraient dans la hiérarchie féodale : certains évêques comptaient parmi les plus puissants barons du royaume et menaient la même vie que les autres seigneurs.

Il se faisait un trafic honteux des dignités d'Église, qu'on appelait « simonie », du nom de Simon le magicien qui avait voulu acheter des apôtres le pouvoir de faire des miracles. Rois et comtes, à court d'argent,

vendaient les évêchés, ou bien encore les donnaient pour payer des services ou acheter des concours : le roi Robert 1*'', en 928, donna ainsi l'archevêché de Reims au fils du comte de Vermandois, un enfant de douze ans. Pour rentrer dans leurs déboursés, les évêques vendaient à leur tour les dignités inférieures, les cures et même les sacrements.

LA RÉFORME DU XI« SIÈCLE. jU/st Cette misère morale et ces désordres affligeaient tous les chrétiens sincères : tous désiraient une réforme générale. Elle fut opérée au onzième siècle et ses promoteurs les plus énergiques furent les moines de Cluny.

L'ordre était célèbre par la sévérité de sa règle et la vie irréprochable de ses moines. Sous l'influence de l'un d'eux, l'Italien Hildebrand, le pape Etienne IX lança l'anathème contre les ecclésiastiques simoniaques (i058). L'anathème fut renouvelé par Hildebrand lui-même, devenu pape sous le nom de Grégoire VII (1073). Il déclara exclus de l'Église ceux qui avaient acheté leur charge, évêques ou curés. La résistance fut vive parmi ceux qu'il frappait. Néanmoins l'exécution des sentences pontificales fut assurée grâce aux moines. Soldats du pape, sur son ordre ils

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