‹ Nouvelle histoire de FranceChapitre 21 sur 227 · LA SOCIÉTÉ FÉODALE · texte numérisé non relu

LA SOCIÉTÉ FÉODALE

^KTfjr^S'vj

PRÊTRE ET GUERRIERS (Sculptures du xin« siècle, cathédrale de Reims), a Cts purs chefs-d'œuvre de l'art français ornerjt encore un des panneaux intérieurs de ta cathédrale de Reims. Les obus incendiaires des Allemands n'ont pu les détruire.

d'une partie de ses troupes, il fit crever les yeux à quinze chevaliers français et les renvoya à Philippe, conduits par un seizième auquel il avait laissé un œil. Philippe se hâta d'infliger le même supplice à quinze chevaliers anglais, « afin, dit un témoin, que nul ne pût le croire inférieur à Richard en force et en courage. »

Le Clergé.

SÉCULIERS ET RÉGULIERS. 00 Le clergé se divisait comme de nos jours en clergé séculier et clergé régulier.

Le clergé séculier comprenait tous les ecclésiastiques qui vivaient mêlés aux fidèles, dans le monde, le « siècle » en style d'Église. C'était la hiérarchie des archevêques, chefs des provinces ecclésiastiques composées chacune de plusieurs diocèses; des évêques, chefs des diocèses ; des archidiacres, des archiprêtres, des chanoines, des curés, chefs des paroisses et des vicaires.

Le clergé régulier ou clergé monastique comprenait les clercs vivant en commun, sous une même règle qui déterminait les conditions de leur existence, l'emploi de leur temps et le détail de leur vie quotidienne. Les maisons qu'habitaient les réguliers portaient le nom de monastères, couvents, abbayes ou prieurés. Les couvents « de même observance », c'est-à-dire où la même règle était en vigueur, formaient un ordre. 11 y avait ainsi l'ordre des Bénédictins, celui de Cluny, celui de Citeaux, celui des Chartreux.

LA RÈGLE MONASTIQUE, aa L'ordre des Bénédictins fut l'ordre type. Il avait été fondé au temps des fils de Clovis en 529, au Mont-Cassin en Italie,

par un noble de l'Ombrie, Benoît, en latin Benedictus : d'où le nom de l'ordre. La règle rédigée par saint Benoît donnait aux moines dans chaque monastère le droit d'élire leur chef, l'abbé. Par contre elle imposait à quiconque entrait dans une des maisons de l'ordre un triple devoir : l'obéissance entière à l'abbé, la pauvreté, le travail. Le moine ne devait personnellement rien posséder. Les fruits de son travail allaient au couvent, et chaque jour le moine était astreint à neuf heures de travail, sept heures de travail manuel, deux heures de travail intellectuel. Saint Benoît attachait une importance toute particulière à ce travail intellectuel. « Chaque lettre qu'on écrit, disait-il. est un coup qui traverse le diable. » Telle quelle, la règle de saint Benoît servit de modèle à tous les fondateurs de congrégations, et ce furent seulement des modifications de détail qu'y apportèrent tour à tour les fondateurs de Cluny en 910, puis saint Bruno, chanoine de Reims, pour l'ordre des Chartreux, créé en Dauphiné en 1084, Robert de Champagne pour l'ordre de Citeaux en 1098, enfin le bourguignon saint Bernard pour l'ordre de Clairvaux en 1115.

ROLE DES RÉGULIERS DANS L'ÉGLISE, a a Ainsi disciplinés et comme enrégimentés, les régulier» jouèrent au Moyen Age un rôle d'une exceptionnelle importance. Moralement ils étaient en général supérieurs aux séculiers. Parmi ceux-ci, en effet, plus d'un, surtout parmi les évêques, voyait dans le sacerdoce d'abord des avantages temporels, les revenus considérables qu'assurait la pitié des fidèles, un moyen de fortune pour soi ou pour les siens. Au contraire, on n entrait guère au couvent si ce n'est poussé par

CROIX ET CROSSES DU XII' SIECLE (Musée de Quny). O Au ctnirt. U

croix est en cuivre grai>é rehaussé d'émaux et de pierreries. Les deux cnœs tant <n

culture doré: à gauche, crosse deVéviqut de Bayotme; à droite, crosse des ahlét Je

Clmroaai. (cL. iMCHimJ

. -trilCHtfET EV•Ul;EMV^J■Te^ERt5■fOMa^' '> .

;;>;ku.î fHUJiiosNi-.-' vvî.n 3>i-,niuvj:^>i3Ni.nv

ULGER

ivique (CAniCTs (bas-relief pris stir une pterre tombale).

(Recueil de Gaiirnières. Bibliothèque Nationale.)

(cl. BERTHAUD.)

Page 1