L'ART PRÉHISTORIQUE EN GAULE
On ne considérera pas sans admiration ces surprenantes œuvres d'art qui témoignent des dons les plus rares d'observation, d'une techtiqje déjà fort savante, et ffcn ont été exécutées par nos lointcàns ancêtres, dans les cavernes du Périgord, il y a peut-être quinze à vingt mille ans. Sauf la rangée enjbasde page, ces fresques préhistoriqMKS, copiées par M. l'abbé Breuil sur les œuvres originales, ont été reproduites d'après "La Caverne de Font de Gaume " par MM, Capitan, Briu IL et Pevrony.( Institut de Paléontologie humaine J
que les Celtes s'établirent entre l'Atlantique, le Rhin et les Pyrénées. C'est là qu'ils créèrent leurs établissements les plus solides et les plus durables. Aussi leur nom passa-t-il aux territoires occupés. Notre France était par excellence leur pays, la Celtique ou Gaule.
LES BELGES. 00 Les Celtes ne réussirent pas à refouler complètement les Ibères qui se mamtinrent au sud de la Garonne. Eux-mêmes, dans le cours du 11^ siècle, furent repoussés au sud de la Marne et de la Seine par un peuple qui leur était apparenté, les Belges.
PHÉNICIENS ET GRECS. 00 Bien avant l'arrivée des Celtes, les Phéniciens et les Grecs avaient pris pied sur les côtes méditerranéennes de la Gaule. Les marins de Tyr et de Sidon avaient créé des comptoirs dans les anses bien abritées des Pyrénées orientales et des Alpes de Provence, à Port-Vendres (port de Vénus), dans la rade de Villefranche, à Monaco. Ils faisaient là surtout le commerce des métaux.
Quand vint la décadence des Phéniciens, les Grecs prirent leur place. Vers l'an 600 avant Jésus-Christ, une bande de Phocéens, venue d'Asie Mineure, fonda, non loin du delta du Rhône, Massilia, Marseille. Marseille devint dans la suite une grande république marchande et jalonna de ses comptoirs la côte de la Méditerranée, depuis Nice {Niké, port de la Victoire) jusqu'à Malaga en Espagne.
L'influence exercée par les Phéniciens et les Grecs fut pei; profonde, et il ne semble pas que les habitants de la Gaule leur aient emprunté autre chose que l'alphabet grec, l'écriture, et l'usage de la monnaie. C est de Rome, non point de la Grèce, que la Gaule devait tenir sa civilisation.
DIVISIONS POLITIQUES. 00 Les différents peuples de la Gaule, Aquitains, Celtes et Belges, étaient divisés eux-mêmes en un grand nombre de peuplades qui formaient autant d'Etats indépendants. On en comptait neuf en Aquitaine, trente-six chez les Celtes, quinze chez les Belges, soit au total soixante. Certains peuples étaient particulièrement puissants ; on citait, dans la Celtique, les Arvernes, qui occupaient l'Auvergne actuelle, et les Éduens, établis dans la région du Morvan. Dans la Belgique le peuple le plus important était le peuple des Trévires (Trêves), cantonné sur les bords de la Moselle.
On trouvait en Gaule des formes de gouvernement très variées : royauté, république aristocratique, fédération. La royauté toutefois avait presque disparu.
COSTUMEGAULOIS: STATUETTE EN BRONZE (Miuée d.S«iit-G.rin«n).
a Celte itatuetie Tcpiùente un dieu haMté à ta gauloiie; il porte, agrafée rmt'épaute
droite, une torle de pèlerine la saie.
Dans la plupart des cités le gouvernement était aux mains d'un sénat, souvent très nombreux.
ORGANISATION DE LA SOCIÉTÉ. 00 Si la forme du gouvernement différait d'un peuple à l'autre, par contre l'organisation de la société, les croyances religieuses, les mœurs étaient à peu près semblables dans toute la Gaule.
La société gauloise comprenait deux classes privilégiées, les prêtres et les nobles. Les prêtres portaient le nom de Druides. Ils avaient un chef élu qui exerçait sur eux une autorité absolue. Ils se réunissaient chaque année en un véritable concile, dans le pays des Carnutes, aujourd'hui le pays de Chartres. Ils étaient exempts du service militaire et des impôts. « Ils président aux choses divines, dit César, font les sacrifices publics et particuliers et interprètent les doctrines religieuses. >■ Leur autorité morale en avait fait également des juges : ils jugeaient les affaires criminelles et civiles, les meurtres et les questions d'héritage. Enfin ils instruisaient les jeunes gens, leur apprenaient ce qu'ils savaient d'astronomie, de médecine et de philosophie. En sorte que les Druides étaient à la fois prêtres, jugeS; savants et professeurs.
César appelle les nobles gaulois < chevaliers ". Les
nobles étaient donc les hommes riches, ceux qui possédaient des chevaux : en temps de guerre ils formaient les corps de cavalerie. Le gouvernement de la cité leur appartenait presque partout, parce qu'ils étaient les plus riches et disposaient d'un grand nombre d'hommes, compagnons d'armes, clients et esclaves. Au-dessous des nobles la masse des hommes libres constituait le peuple. La plupart vivaient aux champs. On peut se les représenter comme aujourd'hui les paysans des tribus montagnardes au Maroc ou des tribus albanaises en Turquie, un peu agriculteurs, un peu pasteurs, grands chasseurs, tous armés.
LA CIVILISATION GAULOISE, laei Les Gaulois habitaient des huttes circulaires, en terre sèche ou en claies de bois. Elles étaient couvertes d'un toit conique, fait de paille ou de branchages, et n'avaient d'autre ouverture que la porte. Le foyer était établi au milieu de la hutte : un trou dans la toiture servait à la sortie de la fumée.
Les villes ou oppida n'étaient qu'un assemblage de huttes. Elles étaient établies dans les lieux naturellement forts, dans une île ou sur une hauteur : ainsi