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LA PEINTURE SOUS LOUIS XV

efqtsei aéam.es au Lotwre dont la salte où voia'nent Watteaa, Beacher , Chardin et Greuze donnent un sentiment aussi net de Ve^rit du ternes «or la lectmrt et r«Jhfre •• 4t Rouitati : mélange da raffinement et da simplidtd, de naturel et de prétention, de réalisme et de femimma, mais où m Joui JoÊuait Mfmâ U giAcM et rtl($m\i,

EXPÉRIENCE DES MONTGOLFIER A VERSAILLES (19 septembre 1783) (Bibi. Nat.).tf La frères Monigolfier tentèrent à Annonmt.en 1783, la première ascenâon en ballon ; leur machine s'éleva à une hauteur de 500 mètres. Le hruit que fit cette expérience détermina la Cour à demander aux inventeurs de la renouveler à Versailles. Aux acclamations d'une foule enthousiaste, la « Montgolfière » s'envola de la cour du château en emportant un mouton dans sa nacelle

L'art français, brillant, fécond, novateur, exerce alors en Europe une prépondérance indiscutée. Comme l'écrivait un architecte de ce temps, tnivaillant luimême en Allemagne, « Paris fut à l'Europe ce qu'était la Grèce lorsque les arts y triomphaient : il fournit des artistes à tout le reste du monde ».

Parmi les peintres, Watteau — sous la Régence — , Lancret, Boucher et Fragonard furent les maîtres des « Fêtes galantes » et des « Pastorales ». Le chef-d'œuvre du genre, Y Embarquement pour Cythère de Watteau fut exposé en 1717 : par la fraîcheur de son coloris, l'exquise lumière du paysage, l'harmonie avec laquelle se groupent les personnages aux silhouettes élégantes et fines, il offre le plus séduisant mélange de rêve et de réalité. D'autres artistes, comme le bon peintre Chardin, surent représenter avec une simplicité vigoureuse et sincère les scènes familières de la vie bourgeoise. Greuze, avec ses tableaux moraux tels que le Retour de l'enfant prodigue, émut les âmes sensibles qui lisaient Diderot et Jean- Jacques. Quentin La Tour, psychologue autant que peintre, fut le maître incomparable du pastel et du portrait.

La sculpture est représentée par un grand nombre d'artistes d'un talent non moins souple et varié. Du ciseau de Pigalle et de Falconet sortirent aussi bien de gracieuses sculptures de genre, « Bacchantes » et « Baigneuses », que des œuvres de grand style, telles que le tombeau du maréchal de Saxe a Strasbourg et la statue équestre de Pierre le Grand à Saint-Pétersbourg. Le plus grand maître fut Houdon, élève de Pigalle. En dehors de ses bustes, où il sut mettre autant de vérité morale que La Tour en mettait dans ses pastels, deux œuvres entre toutes l'ont placé hors de pair, la Diane chasseresse qu'il tailla dans le marbre pour Catherine II et dont le Louvre possède une répli-

que en bronze, et surtout le Voltaire décharné et railleur de la Comédie- Française, peut-être le plus saisissant portrait qu'on ait jamais tiré du marbre.

Jusque dans les arts décoratifs, mobilier, décor des appartements, lignes des jardins, on peut apercevoir clairement la transformation des mœurs. Le dix-huitième siècle sacrifie moins à l'apparat, plus au confort et à l'intimité ; les meubles sont plus légers, de formes plus souples et plus gracieuses, les appartements, peints en couleurs plus claires, sont plus gais et plus resserrés. Quel contraste plus saisissant que de passer à Versailles des grandes pièces majestueuses de Louis XIV aux petites pièces aimables et coquettes de Louis XV ?

LES SCIENCES. .*> ^ Un des caractères distinctifs du dix-huitième siècle est le goût des sciences. Par là le dix-huitième siècle prépare et annonce le dix-neuvième.

La science avait déjà fait dans la période précédente de très grands progrès. On peut même dire que c'est au dix-septième siècle que s'est définitivement constituée la science moderne, avec ses méthodes, ses idées directrices et ses principaux instruments de travail. A aucune autre époque on ne compte un aussi grand nombre de savants de génie, tels que Descartes et Pascal en France, Huygens en Hollande, Leibnitz en Allemagne et Newton en Angleterre. Mais leurs travaux et leurs découvertes n'avaient été connus que d'un petit nombre d'initiés. C'est seulement à la fin du dix-septième siècle que commencèrent à paraître des ouvrages de vulgarisation scientifique révélant au grand public les immenses progrès accomplis. Dès lors il s'y intéressa passionnément. On se mit à discuter dans les salons sur le système de Newton, comme on discutait auparavant sur une tragédie de Corneille. Tous les écrivains célèbres du dix-huitième siècle s'occupèrent de sciences : Montesquieu communiquait à l'Académie de Bordeaux un mémoire sur les causes de l'écho ; Voltaire eut un laboratoire chez Mme du Châtelet, une grande dame qui préférait la physique à la poésie ; le comte de Buffon fut aussi savant naturaliste que grand écrivain.

Au cours du siècle, de nouvelles découvertes eurent lieu qui firent sur les esprits une impression profonde : la plus remarquable fut en 1752 celle de l'Américain Franklin qui, par la célèbre expérience du cerf volant, démontra l'identité de l'étincelle électrique avec la foudre. Par la suite l'année 1783 devait voir en France la première ascension d'un aérostat, invention des frères Montgolfier, et l'expérience décisive par laquelle le grand chimiste Lavoisier parvint à reconstituer l'eau par synthèse de l'hydrogène et de l'oxygène.

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PORTRAIT DE MONTESQUIEU (Bibliothèque VOLTAIRE, par Lar^ililire (Musée Carnavalet), a

Nationale). ^ Le graveur, s'inspiranl de l'antique, a Volttdre en t718,à vingt-quatre ans. Le visage maigre

représenté non modèle en costume romain, avec la toge rayonne d'intelligence ; des lèvres tendues, la rtallerie et sans perruque, iemhle prêle à partir. (CL. HACHETTE.)

J.J. ROUSSEAU, par U Tour (Musée de Saïnt-

Quentin). M On ne reiroace pat dans cette phymonomie

tottrianle et dans ces t/eax hiUantt tâtit inqmite et

tourmentée de Jean'Jacqtta. (CL. lUCiirrTt.)

LES IDÉES NOUVELLES, a 0 Les progrès des sciences donnèrent aux gens instruits l'impression que le pouvoir de la raison humaine était sans limites. La science prétendait expliquer tous les phénomènes de la nature sans avoir recours à des considérations religieuses. De même, à l'ancien régime politique que Bossuet fondait sur l'Ecriture sainte, les écrivains du dix-huitième siècle connus sous le non de « philosophes " prétendirent opposer un système nouveau fondé sur la seule raison et conforme aux « lois naturelles ». lis démontrèrent théoriquement les vices de la monarchie absolue et de l'organisation sociale en même temps que les faits les démontraient pratiquement. Leurs écrits préparèrent, autant que la mauvaise administration royale, la Révolution de 1789.

C'est d'Angleterre que vint la doctrine : là, dès le dix-septième siècle, l'ancien régime politique et religieux, le régime de la monarchie absolue et de l'intolérance, avait été détruit par deux révolutions successives. Pour justifier leurs actes et mettre d'accord la théorie et la pratique, les Anglais furent amenés à formuler des principes nouveaux. Un médecin philosophe, Locke, rechercha dans l'essai iur le gouverment civil (1690) les origines des gouvernements ; il établit que l'homme avait des droits naturels, que ces droits primordiaux étaient la liberté et la propriété ; que tout gouvernement était issu d'un contrat social, c'est-à-dire d'une convention que les citoyens d'un État ont conclue entre eux dans leur intérêt commun et surtout pour protéger leurs droits ; que par conséquent les gouvernements n'étaient que les délégrués du peuple, et que le principe fondamental était le

principe de la souveraineté du peuple. Dans ses Lettres sut la tolérance (1690), Locke étudia le rôle social de la religion et de l'Église ; il montra que la religion devait être considérée comme matière privée ; que l'État, ayant pour fonction de garantir à tous ses membres l'égalité des droits, ne devait pas intervenir pour imposer une religion, mais devait les tolérer toutes. En bon citoyen anglais, Locke exceptait d'ailleurs le catholicisme.

MONTESQUIEU, a a \jt% relations franco-anglaises s'étant beaucoup développées après 1715, la doctrine de Locke parvint à la connaissance de la société française. L'œuvre de critique se poursuivit en France avec d'autant plus de vigueur et de hardiesse que la royauté se discréditait davantage. Trois grands écrivains surtout, Montesquieu, Voltaire, Rousseau, exercèrent l'action la plus profonde.

Le premier en date fut Montesquieu (1689-1755). Né aux environs de Bordeaux, Montesquieu, baron de la Brède, était de noblesse de robe et fut président au Parlement de Bordeaux. Il se fit d'abord connaître par les Lettres Persanes (1721). Sous la forme d'une correspondance échangée entre deux Persans qui visitaient Paris et leurs amis, il présentait une vive satire de la société française, des mœurs, des institutions. Après un voyage en Europe, un séjour de deux ans en Angleterre et vingt ans de travail continu, il publia son grand ouvrage l'Esprit des lois (1748). C'était un ouvrage de philosophie politique, une analyse systématique et détaillée de toutes \les formes de gouvernement, des conditions dans lesquelles ils se créent, des principes sur lesquels ils reposent. Montes-

quieu présentait comme l'organisation idéale l'organisation de la monarchie anglaise qui garantissait à tous les citoyens la « liberté politique ». 11 établissait qu'il doit y avoir dans un Etat bien réglé trois pouvoirs distincts et indépendants les uns des autres, le législatif, l'exécutif, le judiciaire, et que cette distinction est la garantie indispensable de la liberté. 11 faisait ainsi la critique de la monarchie française, où tous les pouvoirs étaient confondus ; il mettait en circula-

FRONTISPICE DE L- ÉMiLE ■ DE J.-J. ROUSSEAU (Bibl. Nat.). a Ce /rontis^ct est tout un programme. L'éducation de l'Homme commence à sa naissance, (i'/ la légende. Aussi voil'On au premier plan une jeune et tendre mère. Qui d'une main tient un poupon quelle allaite et de Vautre enveloppe un second poupon dans ses langes.

tion l'idée que la royauté devait être limitée et contrôlée par les représentants de la nation.

L'£spri7 des lois eut un énorme succès : il en fut fait vingt-deux éditions en dix-huit mois. Les idées qu'il renfermait inspirèrent, quarante ans plus tard, les premières assemblées de la Révolution, et la célèbre théorie de la séparation des trois pouvoirs a dominé la rédaction de toutes nos constitutions depuis 1789.

VOLTAIRE, a 0 Voltaire (1694-1778) — son vrai nom était Arouet — était fils d'un notaire de

Paris. Une satire contre le Régent le fit enfermer à vingt-trois ans, pendant onze mois, à la Bastille (1717- 1718). Huit ans plus tard (1726), il fut une seconde fois emprisonné pendant six mois, parce qu'ayant été bâtonné par un gentilhomme, il avait osé réclamer justice ou réparation par les armes. Au sortir de la Bastille, il dut s'exiler en Angleterre : il y passa quatre années. Comme Montesquieu, il admira la liberté dont jouissaient les Anglais. Rentré en France , il publia ses Lettres philosophiques ou Lettres sur les Anglais, dans lesquelles il vantait l'organisation d'un pays, où, disait-il, « le prince tout-puissant pour faire du bien a les mains liées pour faire le mal ». 11 exposait en même temps les théories de Locke ; il attaquait l'arbitraire, l'intolérance religieuse, l'autorité du clergé. Le livre parut subversif ; il fut, par jugement du Parlement, brûlé de la main du bourreau, et Voltaire n'échappa à un troisième emprisonnement que par la fuite (1 735). Après vingt années, au cours desquelles il s'occupa surtout de sciences, de théâtre, d'histoire, et fut tour à tour attaché comme historiographe à Louis XV, comme chambellan à Frédéric II, Voltaire, possesseur d'une très grosse fortune, s'établit à Ferney dans une grande propriété à cheval sur la frontière de France et de Suisse ( 1 755). De la sorte il lui était facile d'échapper à toute tentative d'arrestation. 11 avait soixante ans passés ; jamais cependant son activité ne fut plus prodigieuse ; et il exerça alors en Europe une sorte de souveraineté intellectuelle qui le fit appeler « le roi Voltaire ». Pendant vingt-trois ans, il mena une perpétuelle campagne contre l'arbitraire, les abus et les iniquités judiciaires, la torture, et contre la religion chrétienrte. Dans cette période de sa vie il publia peu d'œuvres de longue haleine, mais il écrivit d'innombrables brochures inspirées par les événements du moment : son rôle fut celui d'un journaliste, le plus brillant et le plus mordant qui ait jamais été. Il ne construisit pas de système politique. Son esprit fut tout entier employé à combattre : son œuvre, ironique et destructive, a contribué plus que toute autre à répandre l'incrédulité.

ROUSSEAU, a a Le rôle de Rousseau (1712- 1778) fut tout différent : il fut un créateur de système politique, le théoricien d'une organisation nouvelle de la société. Tandis que Montesquieu et Voltaire, tous les deux membres des classes privilégiées, se bornaient à désirer des modifications politiques et la limitation de l'arbitraire, Rousseau, fils d'un horloger de Genève, plébéien dont la jeunesse fut dure, conclut de ses souffrances à la nécessité d'une refonte totale de l'Etat et de la société. Il exposa successivement ses idées dans un discours sur V Origine de F inégalité

LA FRANCE SOUS LOUIS XV

PORTKAIT DE DIDEROT par I^aionaid. a • La tilc Jun Ung,oh tient lur

*^j éttauUs comme tm coq d'église au haut d'un clocher^, disait'Henparlant de lut-méme.

Et cette tête est d'un penseur intrépide, avide de tout connattre et de tout dire. Un

peu brutal, parfois vulgaire et même grossier. (cL. CIRAUDON.)

parmi les hommes (1755), dans un traité sur l'éducation intitulé Emile, et dans son œuvre capitale, le Contrat social (1762). 11 établissait, comme Locke, mais d'une manière plus rigoureuse et plus absolue, que tous les hommes sont égaux et libres ; que toute organisation sociale et politique ne peut avoir pour objet que de sauvegarder les droits de chacun ; que cependant chacun doit se soumettre à l'intérêt et à la volonté du plus grand nombre ; que le peuple est seul souverain. Ces idées de Rousseau conduisaient à l'établissement de la République ; elles devaient trouver leur application pendant la Révolution ; elles sont aujourd'hui même au fond de toutes les doctrines socialistes.

LES ÉCONOMISTES, a 0 Tandis que les philosophes attaquaient l'ancien régime politique et religieux, les « économistes » s'en prenaient à l'ancien régime du travail et à toute l'organisation économique. Depuis Colbert on professait qu'en matière d'industrie il était nécessaire de surveiller le travail et de guider les ouvriers et les fabricants par des règlements minutieux ; qu'en matière de commerce on appauvrissait le pays lorsqu'on achetait des marchandises au dehors, et qu'il fallait, par des droits de douane, gêner ou

rendre impossible l'entrée des produits étrangers. Réglementation et prohibition, tels étaient les deux aspects du « Colbertisme ".

Au dix-huitième siècle au contraire on fut d'avis qu'en matière économique l'État ne devait pas intervenir, mais qu'il fallait laisser agir en toute liberté les « lois naturelles ». Ces nouvelles doctrines furent formulées d'abord par Quesnay et Gournay. Ayant passé sa jeunesse à la campagne, Quesnay (1694-1774), médecin de Mme de Pompadour, estimait que l'agriculture était la source de la richesse. Gournay (1712- 1 759), un commerçant, la faisait dériver de l'industrie. L'un et l'autre avaient constaté que les douanes multipliées, les tarifs protecteurs, les règlements des corporations entravaient l'activité de l'agriculteur et de l'industriel. Ils résumaient leurs observations dans deux formules analogues : « Ne pas trop gouverner, ne point réglementer », disait Quesnay. — « Laisser faire, laisser passer », disait Gournay. L'un et l'autre concluaient en matière économique à un régime de liberté.

Quesnay et Gournay eurent de nombreux disciples ;

FRONTISPICE DE L'ENCYCLOPÉDIE (Dnun de '•

Naboaalt). 0 En haul. la VtriU trt il tm tmttk. k K Knacik,taThiolùik—tit»'mxàtntUk.Am-iàmim,lr;

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deux furent des esprits supérieurs qui dépassèrent leurs maîtres, en France Turgot, en Angleterre Adam Smith. Turgot fut un théoricien original et profond, mais son principal mérite est d'avoir appliqué les idées nouvelles, d'abord pendant quinze ans dans son intendance du Limousin, puis d'une façon plus éclatante quand il fut ministre de Louis XVI. Adam Smith, professeur

tableau général des efforts de l'esprit humain dans tous les genres et dans tous les siècles », une sorte de dictionnaire universel, où l'on trouvait des renseignements sur la fabrication du fard, aussi bien que des études sur les organisations politiques, les religions, etc. La publication fut entreprise par Diderot, un philosophe (1713-1784), aidé de d'Alembert,

à Glasgow, donna dans son traité célèbre, la Richesse un mathématicien (1717-1783) ; ils eurent pour colla-

des Nations (1776), l'exposé le plus complet, le plus clair et le plus savant des nouvelles doctrines économiques. Elargissant les doctrines antérieures, il établit que la vraie source de toute richesse, c'était le travail sous toutes ses formes ; mais comme les économistes français, il concluait pratiquement que le meilleur moyen d'accroître le bien-être général était de laisser à l'agriculture, à l'industrie et au commerce la plus large liberté.

LA PROPAGANDE PHILOSOPHIQUE, a 0

Les philosophes et les économistes eurent une influence énorme, non pas sans doute sur le peuple, trop ignorant et généralement illettré, mais sur les classes instruites, en particulier sur la bourgeoisie.

Pour répandre les idées nouvelles, comme il n'y avait pas encore de grands journaux politiques, ils se servirent du théâtre, des livres et des brochures anonymes, dont le succès était d'autant plus grand que le Parlement les poursuivait ou que la police les saisissait. Voltaire surtout excella à ce jeu : en sûreté à Ferney, il lança une multitude de libelles satiriques, tantôt signés de noms connus, tantôt signés de noms imaginaires et tous dirigés contre le despotisme ou contre l'Eglise.

A la même époque, la publication de l'Encyclopédie servait puissamment la propagande des philosophes et des économistes. L'Encyclopédie fut, d'après les termes mêmes du prospectus qui l'annonçait, « un

borateurs à peu près tous les écrivains, les savants connus et les hommes les plus compétents en toutes matières. Voltaire, Montesquieu, Turgot leur donnèrent des articles. L'Encyclopédie ne parut pas sans difficultés. Elle fut interdite à deux reprises, et pendant huit ans Diderot ne put rien publier. Commencée en 1 75 1 , la publication était achevée en 1 772 : elle comprenait vingt-huit volumes. C'était une lourde, mais puissante machine de guerre, destinée à saper par la base tout l'ancien régime, et à répandre, avec l'irréligion, toutes les idées maîtresses de la philosophie nouvelle.

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