PROGRÈS DE LA COMPAGNIE FRANÇAISE
0 0 Cette situation inspira à quelques agents de la Compagnie française l'idée de transformer son rôle. D'abord on dégagerait la Compagnie de ses liens de vassalité et on la rendrait indépendante dans ses comptoirs. Ensuite elle se mêlerait aux querelles des princes indigènes ; elle leur vendrait son appui, le concours de ses soldats, moyennant de grosses sommes d argent ou des cessions de territoire. La Compagnie se trans-
formerait ainsi peu à peu en un véritable souverain hindou, dont la fortune ne serait plus assurée seulement par les revenus aléatoires du commerce, mais par la perception régulière des impôts sur les indigènes.
Cette politique nouvelle commença à être pratiquée de 1735 à 1741 par le gouverneur Dumas. Celui-ci créa à la Compagnie une petite armée composée d'indigènes ou cipayes exercés à l'européenne ; il la prêta et se fit céder en échange Karikal. Il reçut en outre le titre de Nabab qui faisait de lui et par conséquent de la Compagnie française un grand personnage hindou.
D'autre part, la Compagnie s'emparait peu à peu du commerce d'Inde en Inde, c'est-à-dire dans l'océan Indien.
Au même moment la Compagnie anglaise était réduite à deux comptoirs sur le golfe du Bengale : Madras, à moins de cent cinquante kilomètres de Pondichéry ; Calcutta, à vingt-cinq kilomètres du comptoir français de Chandernagor. La proximité de leurs établissements avivait les jalousies entre les Compagnies et aurait suffi à elle seule à provoquer un conflit.
LES COLONIES D'AMÉRIQUE. ^ 4^ La rivalité était encore beaucoup plus vive entre les colons anglais et les colons français d'Amérique.
En Amérique c'étaient les colonies anglaises qui étaient sans comparaison les plus importantes et les plus peuplées. Elles étaient au nombre de treize et vers 1740 leur population s'élevait à environ un million
QToMeiMona, FRANÇAIS ET
jngUUj(M. ANGLAIS DANS
^—^Pojàej/iiqfui. IL'AMIIÉIRIQPE
\ Afrani^atiWBrà.
ToâJeàâiorut' ceûéc^ à.
■PiiaKti»'
LES GUERRES CONTINENTALES ET COLONIALES