LA SOCIÉTÉ A LA VEILLE DE LA RÉVOLUTION
Pimt,anU jDirilutlU. aimMc. d'âne comloiiu tafii^t, d'une imelé primexulUre. lachanl toSler h doacem Je la ne iliw^lrM (nfm i h nmlmn). <A ■• la tociile, Irançtax à la veille de la Révolution. Se doule-l-clle qu'e'le eal detlinée à finir trati^tiemetll > Da moins, iattm mu FtAtlami, tilt Mn< frJn • U iiafll »,
PORTRAIT DE TURGOT. par .1. Ducreux (1727-1781) (Colletlion de M. le marquis Turvot). ti On pe\>l retrouver dans ce trortinit tout ce qu'il u eut d'intelligence réfléchie, de ferme volonté, de droiture dans Turgol. Le Jr^nl est haut, bien découvert; le menton est ferme; il y a dans la bouche une certaine expression d'amertume qu'expliquent bien des désillusions,
emprunts. Après trois ans de guerre, en 1781, le total des emprunts montait à quatre cent cinquante millions de livres.
Comme les adversaires de Necker essayaient de détruire son crédit, le ministre, pour donner confiance au public, imagina de publier un compte rendu des finances, c'est-à-dire un tableau des recettes et des dépenses. Il y montrait, inexactement du reste, que les recettes — 264 millions — ■ étaient supérieures aux dépenses de dix millions. Mais c'était en elle-même une mesure audacieuse que cette publication et la Cour se scandalisa que l'on dévoilât aux sujets le mystère des finances. L'indignation était d'autant plus vive que Necker avait fait figurer dans son compterendu la liste des pensions — vingt-huit millions de livres — payées aux courtisans, à ceux que d'Argenson appelait les « frelons », sans qu'aucun service rendu par eux justifiât de pareilles largesses. Marie-Antoinette et les frelons obtinrent le renvoi de Necker (1781).
LA CRISE FINANCIÈRE, jâ a Alors commença le pillage des finances. La reine fit nommer contrôleur général Calonne (1783), ancien intendant comme Turgot. Jamais les courtisans ne connurent plus délicieux ministre ; leurs désirs étaient satisfaits aussitôt qu'exprimés. « Un homme qui veut em-
prunter a besoin de paraître riche, disait Calonne, et, pour paraître riche, il faut éblouir par ses dépenses. » L'argent coulait à flot. En trois ans, en pleine paix, il emprunta quatre cent quatre-vingtsept millions, plus que n'avait fait Necker lui-même pendant toute la guerre d'Amérique.
Mais au mois d'août 1786, le Trésor était vide et tout emprunt nouveau se trouvait impossible. Calonne prit un parti héroïque : il présenta au roi un mémoire tendant à l'établissement d'une subvention territoriale qui frapperait tous les sujets sans distinction. Faisant siennes toutesles idées de Turgot et de Necker, il proposait en outre l'abolition de la corvée, la suppression des douanes intérieures, la libre circulation des grains, enfin l'extension à tout le royaume du système des Assemblées provinciales ébauché par Necker en 1 778 : « Mais c'est du Necker tout pur, s'écria Louis XVI, stupéfait. — Sire, répondit Calonne, en l'état des choses, c'est ce qu'on peut offrir de mieux à Votre Majesté. »
LES NOTABLES. 0 0 Certain que son projet rencontrerait au Parlement la même opposition qu'avait rencontrée dix ans plus tôt le projet de Turgot, Calonne imagina de le faire approuver par une assemblée de Notables. Ceux-ci, soigneusement choisis par lui, ne devaient pas manquer, pensait-il, de se montrer complaisants.
Les Notables se réunirent à Versailles, le 22 février 1787. A l'extrême surprise du ministre et du public, ils refusèrent d'examiner les projets d'impôts tant qu'ils ne connaîtraient pas l'origine et l'importante du déficit. Plusieurs, entre autres le marquis de la Fayette, demandèrent même la convocation des Etats Généraux. Calonne dut donner sa démission.
UNE CARICATURE SUR L'ASSEMBLÉE DES NOTABLES (Bibl. Nai.). g
Un singe habillé en cuisinier tient ce discours à la volaille : • Mes chers administrés, ie vousai réunis pour savoir à quelle sauce vous voulez être mangés. " Saturés de caricature politique, nous pouvons trouver celle-ci un peu fade ; elle prend plus de saveur M / on considère l'époque où elle parut. (cL. HACUFITE.)
LOUIS XVI. - LES PRELIMINAIRES DE LA REVOLUTION
SÉANCK ROYALK DU 19 NOVEMBRE 1787 (Bibî. Nat.. colleclion de WincV). a Dam h grande chambrf du Parlemfnl,LoM% XVI titoMtamfontL à l'angle ff«icAr;
il vient d'ordonner l'enregistrement de l'cdït d'emprunt. Le duc d'Orléans, à ta droite du roi. te lève pour protester. • C'est illégal. — Cela m'est égal, reprit le roi. Si ! c'a/ ie^W
parce que je le veux. » La séance dura neuf heures. Après le départ du roi, le Parlement déclara que l'enreffislremmt était mil. (CU HACHETTt.)
L'OPPOSITION DU PARLEMENT, a 0 L'archevc(iuc de I oiilousc, Lomcnie de Briennc, le remplaça sur la désignation de Marie-Antoinette. Il ne fut pas plus heureux auprès des Notables et les renvoya. 11 se décida alors à présenter le projet d'impôt à l'enregistrement du Parlement. Le Parlement déclara que le roi n'avait pas droit de créer seul des impôts nouveaux et conclut également à la convocation des Etats Généraux (30 juillet 1787). Briennc l'exila à Troyes. Le Parlement y fut reçu en triomphe. A Paris des émeutes éclataient ; le peuple insultait la reine qu'on n'appelait plus que Madame Déficit ou l'Autrichienne, et traînait dans le ruisseau des mannequins qui représentaient ses amies. « On mettrait les gens en prison par milliers, écrivait l'ambassadeur d'Autriche, on n'aurait point raison du mal. Le prestige du roi est profondément ébranlé et ne pourra être relevé sans beaucoup de peine et de temps. " Les projets d'impôts furent abandonnés et l'on rappela le Parlement.
Bricnne en vint alors à l'idée d'un grand emprunt réparti sur cinq années, à la fin desquelles les Etats Généraux seraient convoqués. Le 19 novembre 1787, le roi et Brienne se rendirent au Parlement pour y porter les édits nécessaires. La séance dura neuf heures.
Le roi ayant répondu aux Parlementaires qui le suppliaient de convoquer les Etats, par l'ordre sec d'enregistrer l'édit, son cousin le duc d'Orléans dit : « C'est illégal. — ■ Cela m'est égal, reprit le roi. Si ! c'est légal, parce que je le veux. " Après le départ du roi, le Parlement déclara que l'enregistrement était nul. Briennc fit aussitôt arrêter deux des conseillers, et le duc d'Orléans fut exilé. Brienne espérait ainsi intimider les opposants.
L'ARRÊT DU 3 MAI 1788. a 0 L'opposition n'en devint que plus énergique : Brienne se prépara à supprimer le Parlement comme avait fait Maupeou dix-sept ans plus tôt. Averti, le Parlement, le 3 mai 1 788. rendit un arrêt qui était une véritable déclaration de guerre à la monarchie absolue et une sorte de déclaration des droits de la nation :
« La France, disait l'arrêt, est une monarchie gouvernée par le roi suivant les lois. De ces lois, plusieurs, qui sont fondamentales, embrassent et consacrent : le droit de la nation d'accorder librement les subsides par l'organe des Etats Généraux régulièrement convoqués ;... le droit, sans lequel tous les autres sont inutiles, de n'être arrêté, par quelque ordre que ce soit.
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UNE LETTRE DE CACHET (Musée Camavalel). a Fac-similé Je la lellrt qui ordonncdl l'emprisonnement du cardinal de Roban à la Bastille, le 16 août J 785. La signa~ tare du rot est contresiitnée par un secrétaire d'État. Réduites à un très petit nombre pour affaires politiaues, les lettres de cachet, sous Louis XVI, étaient dormées le plus souvent à la requête des familles ou de particuliers infiuenti mais le déni de justice nen subsistait IMS moins. (cL. hachette.)
que pour être remis sans délai entre les mains des juges compétents... »
Cet arrêt fut accueilli avec enthousiasme à Paris, où le Parlement apparut comme le défenseur de la liberté. En même temps l'opposition s'organisait en province, et tous les Parlements y suivaient l'exemple du Parlement de Paris. Dans le Dauphiné, on alla plus loin. Le 2 1 juillet 1 788,six cents députés, de la Noblesse, du Clergé, du Tiers Etat, se réunirent au château de Vizille et y rédigèrent un appel à toutes les provinces, les invitant à s'unir pour résister au despotisme et refuser le payement des impôts tant que les Etats Généraux n'auraient pas été convoqués.