‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 2)Chapitre 44 sur 86 · ATTAQUE DU CHATEAU DE VERSAILLES · texte numérisé non relu

ATTAQUE DU CHATEAU DE VERSAILLES

exaltés que les autres', el évetltés plus tôt çti'^vx, pénétrô' rentdans le château, iwurtiierla reine; ce qui est certain et reconnu par tout le monde, c'est leur but; mais la manière dont chaque historien plus ou moins Tavorable à la Révolution, au lieu de considérer le fait en lui-même, cherche à l'amoindrir et surtout à en atténuer les ârconstances, offre une étude curieuse qui tient certes à i'histoire de la Révolution elle-même et h la juste appréciation qu'il importe d'en présenter ici.

Plût à Dieu que les questions fussent aussi simples que la plupart des historiens ont voulu le penser, qu'ils ont pu le faire croire à leurs lecteurs, et que des circonstances comme celles qui ont mis leur empreinte sur les 5 et 6 octobre n'eussent été que des accidents malheureui mais isolés, sans aueun rapport direct avec la Révolution elle-même 1 Plût à Dieu que ta question de cette révolution eût été assez nette et assez simple pour qu'on çùl la vég\ev aussi vite que l'Assemblée constituante vqta elle-même la Constitution!

Rabaut Saint-Ëlienne est plus explicite que M. Mignet,' qui, en raison de son âge, n'a rien vu naturellement, tandis que RabauE Saint- Etienne, membre de l'Assemblée, était à Versailles, et dit « que les brigands, les mêmes qui proféraient mille imprécations contre la reine', et qui, dans la nuit, s'étaient tenus rassemblés en divere pelotons, ou dans la salle môme de l'Assemblée (il parait qu'ils n'avaient pas eu à s'éveiller, comme le croitM.Mignet,) laquelle avait été forcée de céder la place à la ffiu/titUfJe, s'avancèrent vers le château^. »

I Hiiloirede la Révolution, par M. Hignel, 1. 1, p. 171,

* Voir plus haul.

' Précis historiée, p. 243,

Ainsi c'est une multilude, celle qui a bivaqué la nuit dans l'Assemblée, qui lui a fait céder la place, c'est la même qui attaque le château ; et, en effet, est-il supposable que quelques bommes eussent osé le faire?

Qu'on tes appelle « brigands, » comme Rabaut Saint- Etienne, ou a hommes du peuple, » comme M. Migaet, peu importe, ce sont les mêmes hommes qui ont fait irruption dans l'Assemblée avec « des femmes de ta rue, » pour parler comme M. de Barante, qui, d'après Rabaut Saint-Étienne,. adversaire déclaré de l'ancien régime, R ayant trouvé des passages mal fermés, inondèrent les cours. »

Le caractère de l'agression et son but ne sont ainsi que trop bien établis.

Rabaut Saint-Étienne ne dit aucunement qu'on eût refusé à la garde nationale de Paris, comme le prétend M. Mignet, les postes intérieurs; nous n'avons trouvé aucune trace de ce refus. II serait plus logique, ce nous semble, de reconnaître avec M. de Barante qu'on ne pouvait les lui offrir'. Cette garde nationale ne venaitelle pas à Versailles avec la pensée d'exercer sur le roi une pression, et de l'amener de force à Paris 1 Son commandant générât n'en avait-il pas prévenu, depuis longtemps déjà, le ministre de l'intérieur, n'était-ce point pour cela et à cause de l'agitation parisienne que la municipalité de Versailles avait elle-même consenti à ce qu'on appelât le régiment de Flandres? La garde nationale de Paris n'avait-eile pas fait partie évidemment de cette levée en masse de l'émeute qui poussait hommes et femmes sur Versailles? La commune de

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